Épiph., lvi, i
[An 179J MARG-AURÈLE. 445
de l'hellénisme. A l'imitation de son père, il exprima les idées les plus élevées de la philosophie grecque en nymnes syriaques1. Il résultait de tout cela une discipline trop distinguée eu égard à la moyenne que comportait le christianisme. Il fallait, pour être membre d'une telle Église, de l'esprit, de l'instruction. Les bons Syriens en furent effrayés. Le sort de Bardesane ressembla fort à celui de Paul de Samosate. On le traita de charmeur dangereux, de femme séductrice, irrésistible dans le secret. Ses hymnes, comme la Thalie d'Arius, furent traitées d'œuvre de magie2. Plus tard, saint Éphrem ne trouva d'autre moyen pour détrôner ces rythmes et soustraire les enfants à leur charme, que de composer des hymnes orthodoxes sur le même air3. Désormais, quand il se produisit dans l'Église de Syrie quelque sujet distingué, ayant de l'indépendance d'esprit et une grande connaissance des Écritures, on se disait avec terreur : « Ce sera un Bardesane 4 . »
On n'oublia pas cependant son talent et les ser-
I. Sozomène, III, 46; Théodoret, Hist. ecc/es.,IV, 2Ç t. Saint Éphrem, Hymnes, i, p. 439 d, e.
3. Actes de saint Éphrem, dans Assémani, Blbl. orient,, I, p. 47 et suiv., 448 et suiv. ; saint Éphrem, Opp. (partie syriaque), t. II, Hymnes contre les hérésies; t. III, Hymnes polémiques, p. 428; Sozomène, III, 46; Théodoret, Hist. eccl.,\Y, 26.