Constit. aposL, II, 57; Eusèbe, Oratio Constantini
posé de psaumes, de cantiques, de prières, de lectures, de professions de foi, ce dialogue sacré entre l'évêque et le peuple, préparaient les âmes à penser et à sentir en commun. L'homélie de l'évêque, la lecture de la correspondance des évêques étrangers et des Eglises persécutées, donnaient la vie et l'actualité à la pacifique réunion. Puis venait la préface solennelle du mystère, annonce pleine de gravité, rappel des âmes au recueillement; puis le mystère lui-même, un canon secret, des prières plus saintes encore que celles qui ont précédé ; puis l'acte de fraternité suprême, la participation au même pain, à la même coupe. Une sorte de silence solennel plane sur l'église en ce moment. Puis, quand le mystère est fini, la vie renaît, les chants recommencent, les actions de grâces se multiplient ; une longue prière embrasse tous les ordres de l'Église, toutes les situations de l'humanité, tous les pouvoirs établis1. Puis Je président, après avoir échangé avec les fidèles de pieux souhaits, congédie l'assemblée par la formule ordinaire dans les audiences judiciaires2, et les frères
4 . Const. apost., VIII, ch. x, xi. Ces prières sont du temps des persécutions, puisqu'il s'y trouve des suffrages pour les persécuteurs et pour les confesseurs qui sont en prison ou dans les mines.
2. lie, missa est. De là probablement le nom de messe. Comp. la Xaoîç àcpeai;, à la fin de la messe isiaque. Apulée, Melam., XI, 17. Voir Du Gange, au mot missa.
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se séparent pleins d'édification pour plusieurs jours. Cette réunion du dimanche était en quelque sorte le nœud de toute la vie chrétienne. Ce pain sacré était le lien universel de l'Eglise de Jésus. On l'envoyait aux absents à domicile, aux confesseurs en prison, et d'une Eglise à l'autre, surtout vers le temps de Pâques1; on le donnait aux enfants2; c'était le grand signe de la communion et de la fraternité. L'agape, ou repas du soir en commun, non distingué d'abord de la cène, s'en séparait de plus en plus et dégénérait en abus3. La cène, au contraire, devenait essentiellement un office du matin4. La distribution du pain et du vin se faisait par les anciens et par les diacres. Les fidèles les recevaient debout. Dans certains pays, surtout en Afrique, on croyait, à cause de la prière : « Donne-nous aujourd'hui notre pain
4. Justin, Apol. I, 65; Actes de sainte Perpétue, 4re vis.; lettre d'irénée à Victor, ci-dessus, p. 203; Tertullien, Ad ux., II, 4, 5; fait de Tarsicius, carmen ivm de saint Damase. Cet usage fut interdit par le concile de Laodicée, canon 14.