‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 359 sur 436 · Tertullien, De orat · texte numérisé non relu

Tertullien, De orat

5. Martyre de Polyc, ch. xvh, xviu ; lettre des fidèles de Lyon, dans Eus., V, i, 64.

plicité des mœurs chrétiennes; on adorait presque leurs os1. A l'anniversaire de leur mort, on se rendait à leur tombeau ; on lisait le récit de leur martyre; on célébrait le mystère eucharistique en souvenir d'eux*. C'était l'extension de la commémoration des défunts, pieuse coutume qui tenait une grande place dans la vie chrétienne. Peu s'en fallait qu'on ne dît déjà la messe pour les morts. Le jour de leur anniversaire, on faisait l'offrande pour eux, comme s'ils vivaient encore; on mêlait leur nom aux prières qui précédaient la consécration; on mangeait le pain en communion avec eux8. Le culte des saints, par lequel le paganisme se refit sa place dans l'Église, les prières pour les morts, source des plus grands abus du moyen âge, tenaient ainsi à ce qu'il y eut dans le christianisme primitif de plus élevé et de plus pur.

. Le chant ecclésiastique exista de très bonne heure et fut une des expressions de la conscience chrétienne4. Il s'appliquait à des hymnes, dont la com-

1. Lucien, Peregr., 12, 13, 16; Le Blant, Mëm. de l'Acad. des inscr., t. XXVIII, 2e partie, p. 75; Eusèbe, H. E., VIÏ, xi, 24; xxii, 9.

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