‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 375 sur 436 · Sous Valérien, sous Maximien · texte numérisé non relu

Sous Valérien, sous Maximien

5. Les catacombes chrétiennes s'ouvrent presque toujours derrière des sépultures païennes, qui en dissimulent l'ouverture. Il en est ainsi à la catacombe de saint Calliste, à celle de Flavia Domitilla, et aux deux entrées de celle de saint Prétextât.

son couloir souterrain et s'y enferma. La séparation des morts devint de droit commun. On fut classé par religion dans le tombeau; demeurer après sa mort avec ses confrères1 devint un besoin. Jusque-là, la sépulture avait été une affaire individuelle ou de famille; maintenant, elle devient une affaire religieuse, collective j elle suppose une communauté d'opinions sur les choses divines. Ce n'est pas une des moindres difficultés que le christianisme léguera à l'avenir.

Par son origine première, le christianisme était aussi contraire aux développements des arts plastiques que l'a été l'islam. Si le christianisme fût resté juif, l'architecture seule s'y fût développée, ainsi que cela est arrivé chez les musulmans; l'église eût été, comme la mosquée, une grandiose maison de prière, voilà tout. Mais les religions sont ce que les font les races qui les adoptent. Transporté chez des peuples amis de l'art, le christianisme devint une religion aussi artistique qu'il l'eût été peu s'il fût resté entre les mains des judéo-chrétiens. Aussi sont-ce des hérétiques qui fondent l'art chrétien. Nous avons vu les gnostiques entrer dans cette voie avec une

4. Ad religionem pertinentes meam. De Rossî, Bull., 4865, p. 54, 94-95 (cf. ibid,, août 4 864, schola sodalium Serrensium); Romasotterr., I, p. 4 04 et suiv.; Revue arch., avril, 4 866, p. 225 et suiv., 239-240. Comparez le Collège des planistes, près Sainte- Agnès.

audace qui scandalisa les vrais croyants. Il était trop tôt encore; tout ce qui rappelait l'idolâtrie était suspect. Les peintres qui se convertissaient étaient mal vus, comme ayant servi à détourner vers de creuses images les hommages dus au Créateur1. Les images de Dieu et du Christ, j'entends les images isolées qui eussent pu sembler des idoles, excitaient l'appréhension, et les carpocratiens, qui avaient des bustes de Jésus et leur adressaient des honneurs païens, étaient tenus pour des profanes2. On observait à la lettre, au moins dans les églises, les préceptes mosaïques contre les représentations figurées3. L'idée de la laideur de Jésus, subversive d'un art chrétien, était généralement répandue 4. Jl y avait des portraits peints de Jésus, de sain; Pierre, de saint Paul ; mais on voyait à cet usage des inconvénients5. Le fait de la statue de l'hémorroïsse paraît à Eusèbe avoir besoin d'excuse ; cette excuse, c'est que la femme qui témoigna ainsi sa reconnaissance

i. Tertullien, In Hermog., h ; De monog., 46. t. Irénée, I, xxv, 6.

3. Clém. d'Alex., CohorL, 4; Strom., I, 4 5; III, 4; V, 5, 6, 44; VI, 47; VII, 4; Macarius Magnes, dans Pitra, Spic. Soi, I, p. 324-325; c.nc. d'Elvire, canon 36.

4. Tertullien, Adv.Jad., 44; De came Chris li,<è\ Clém. d'Alex. Pœdag., III, 4 («oxpo«)î Orig., Contre Celse, VI, 75 (&>oetf»jç).

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