‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 384 sur 436 · Talm. de Bab., iebamoth, 63 b · texte numérisé non relu

Talm. de Bab., iebamoth, 63 b

mariages précoces, et même voulurent que les pasteurs eussent l'œil ouvert sur les vieillards, qu'il importait de soustraire au danger de l'adultère1. Tout d'abord, cependant, le christianisme versa dans le sens de Ben Azaï. Jésus, quoique ayant vécu plus de trente ans, ne s'était pas marié. L'attente d'une fin prochaine du monde rendait inutile le souci de la génération, et l'idée s'établit qu'on n'est parfait chrétien que par la virginité2. « Les patriarches eurent raison de veiller à la multiplication de leur postérité ; le monde alors était jeune ; maintenant, au contraire, toutes choses déclinent et tendent vers leur fin '. » Les sectes gnostiques et manichéennes n'étaient que conséquentes en interdisant le mariage et en blâmant l'acte générateur4. L'Église orthodoxe, toujours moyenne, évita cet excès 5 ; mais la continence, même la chasteté dans le mariage8, furent recommandées ; une honte excessive s'attacha à l'exé-

4. Epist. Clem. ad Jac, 7; Constit. apost., IV, 41 ; Épiph., Hœr.> xxx, 4 8.

2. Grég. de Tours, I, 42; IX, 33; Socrate, IV, 23; Sozom., I, 44; Actes des martyrs, Le Blant, Comptes rendus de l'Acad. des se. mor. et pol., 4879, 1ep semestre, p. 388 et suiv.

3. Tertullien, Ad nx*, I, 5; le même, De exhort. cast., 6-6; Eusèbe, Démonstr. évang., I, 9.

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