‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 409 sur 436 · Constit. aposL, II · texte numérisé non relu

Constit. aposL, II

patriotique, il détruisit le monde ancien La cité et l'État ne s'accommoderont plus tard avec le christianisme qu'en faisant subir à celui-ci les plus profondes modifications.

« Ils habitent sur la terre, dit l'auteur de l'Épître à Diognète1; mais, en réalité, ils ont leur patrie au ciel. » Effectivement, quand on demande au martyr sa patrie : « Je suis chrétien » , répond-il * . La patrie et les lois civiles, voilà la mère, voilà le père, que le vrai gnostique, selon Clément d'Alexandrie3, doit mépriser pour s'asseoir à la dioite de Dieu. Le chrétien est embarrassé, incapable quand il s'agit des affaires du monde4 ; l'Évangile forme des fidèles, non des citoyens. 11 en fut de même pour l'islamisme et le bouddhisme. L'avènement de ces grandes religions universelles mit fin à la vieille idée de patrie; on ne fut plus Romain, Athénien; on fut chrétien, musulman, bouddhiste. Les hommes désormais vont être rangés d'après leur culte, non d'après leur

4. Èiii frii àtarpiSouGiv, àXX' »v oùpavô itoXiteûovtom . Cf. ïert., ApoL, 38, et Yuranopolis des stoïciens. Clém. d'Alex., Strom., IV, xxvi, fin.

2. Actes de saint Pkme, § 48 ; Le Blant, Inscr., I. p. 1 22-4 23; M an. d'épigr. chrét., p. 5-8; Jean Chrys., fiomil. in sanctum Lucianum, Montf., II, p. 528.

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