‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 410 sur 436 · Clém. d'Alex., Strom., IV · texte numérisé non relu

Clém. d'Alex., Strom., IV

4. Infructuosi in negociis dicimur. Tertullien, ApoL, 4$, Cf. iElius Aristide, Opp., II, p. 403, ëdit. Dindorf.

patrie ; ils se diviseront sur des hérésies, non sur des questions de nationalité.

Voilà ce que vit parfaitement Marc-Aurèle, et ce qui le rendit si peu favorable au christianisme. L'Église lui parut un État dans l'Etat 1. « Le camp de la piété » , ce nouveau « système de patrie fondé sur le Logos divin* », n'a rien à voir avec le camp romain, lequel ne prétend nullement former des sujets pour le ciel. L'Église, en effet, s'avoue une société complète, bien supérieure à la société civile ; le pasteur vaut mieux que le magistrat 8. L'Église est la patrie du chrétien, comme la synagogue est la patrie du juif; le chrétien et le juif vivent dans le pays où ils se trouvent comme des étrangers4. A peine même le chrétien a-t-il un père et une mère6. Il ne doit rien à l'empire et l'empire lui doit tout; car c'est la présence des fidèles, disséminés dans le monde romain, qui arrête le courroux céleste et sauve l'État de sa

4 . L'auteur de l'épître à Diognète (voir ci-dessus, p. 426) admet cette définition. Voir aussi Celse, dans Orig., VIII, vers la fin.

2. fàiov <rrpaT07re£ov eùosësta; . . . aXXo aû(mr)[/.a Trarpt^oç xnaôèv Xo'^co eeoù. Origène, VIII, 73, 75.

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