Lucien, Peregr., 42. Se rappeler Hermas
5. Minucius Félix, 9. « Voyez comme ils s'aiment I » Tertu»lien, ApoL, 39.
66 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 162]
précepteur qui se voyait enlever ses élèves par cet attiiit féminin en concevait une haine profonde, et croyais servir l'Etat en cherchant à se venger1. Les enfants, en effet, se laissaient facilement entraîner lus paroles de mysticité tendre qui leur arrivaient furtivement, et parfois cela leur attirait, de la part de leurs parents, de sévères punitions*.
Ainsi la persécution atteignait un degré de vivacité qu'elle n'avait pas encore eu jusque-là. La distinction du simple fait d'être chrétien et des crimes connexes au nom fut oubliée. Dire : « Je suis chrétien », ce fut signer un aveu dont la conséquence pouvait être un arrêt de mort s. La terreur devint l'état habituel de la vie chrétienne. Les dénonciations venaient de tous les côtés, surtout des esclaves, des juifs, des maris païens. La police, connaissant les lieux et les jours où se tenaient les réunions, faisait dans la salle des irruptions subites4. L'interrogatoire des inculpés fournissait aux fanatiques des occasions
1 Celse, ci-après, p. 362 et suiv.
%. Lampride, Caracalla, 4 . L'Alexamène du Palatin psut avoir été un page de la maison impériale. De Rossi, l. c.
3. Justin, Apol. II, 2; Athénag., 2, 3; Tertullien, Ad nationes, I, 3; Acta Pauli et Theclœ, 44, 46.
4. « Tothostes quot extranei... Quotidie obsidemur, quotidie prodimur. » Tertullien, Apol.,1; Adnaliones, I, 7; Ad'uxor., II, 2, 4, 8; saint Cyprien, De lapsis, 6.
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de briher. Les Actes de ces procédures turent recueillis par les fidèles comme des pièces triomphales1; on les étala; on les lut avidement; on en fit un genre de littérature. La comparution devant le juge devint une préoccupation, on s'y prépara avec coquetterie. La lecture de ces pièces, où toujours le beau rôle appartenait à l'accusé, exaltait les imaginations, provoquait des imitateurs, inspirait la haine de la société civile et d'un état de choses où les bons pouvaient être ainsi traités. Les horribles supplices du droit romain étaient appliqués dans toute leur rigueur. Le chrétien, comme humilior et même comme wfàmer9 était puni par la croix, les bêtes, le feu, les verges \ La mort était quelquefois remplacée par la condamnation aux mines et la déportation en Sardaigne4. Cruel adoucissement! Dans l'application de la question, les juges portaient un complet arbitraire et parfois une véritable perversion d'idées 5.
C'est là un désolant spectacle. Nul n'en souffre plus que le véritable ami de la philosophie. Mais