Épiphane, Eœr., xxx
2. Lettre de Clément à Jacques, 2, 46, 47, 48. Les Co?istitittions apostoliques ne font sur ce point que développer la doctrine des Homélies.
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doivent tout surveiller, tout savoir pour lui1. Une sorte d'espionnage est recommandé; ce qu'on peut appeler l'esprit clérical n'a jamais été exprimé en traits plus forts.
Les abstinences et les pratiques esséniennes étaient placées très haut2. La pureté des mœurs était la principale préoccupation de ces bons sectaires. L'adultère, à leurs yeux, est pire que l'homicide. « La femme chaste est la plus belle chose du monde, le plus parfait souvenir de la création primitive de Dieu. La femme pieuse, qui ne trouve son plaisir qu'avec les saints, est l'ornement, le parfum et l'exemple de l'Eglise ; elle aide les chastes à être chastes ; elle charme Dieu lui-même. Dieu l'aime, la désire, se la garde; elle est son enfant, la fiancée du Fils de Dieu, vêtue qu'elle est de lumière sainte*. »
Ces mystiques images ne font pas de l'auteur un partisan de la virginité. Il est trop juif pour cela. Il veut que les prêtres marient les jeunes gens de
». Lettre à Jacques, 42, 47, 48.
2. Hom., iv, 6; vi, 26 ; ix, 23 ; x, 26 ; xi, 34 ; xn, 6 ; xiv, 1 ; xv, 47; Recogn., IV, 3; V, 36 ; Epiph., Hœr., xxx, 45. Voir, comme atténuation, Recogn., I, 42 ; III, 38; VII, 24, et, ci-après, ce qui concerne le mariage.
3. HoméU, xiii, 15, 46; lettre à Jacques, 6, 7. Comp. Constit^ apost., I, 8, 10.
»2 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 163J
bonne heure, fassent marier même les vieillards1. La femme chrétienne aime son mari, le couvre de caresses, le flatte, le sert, cherche à lui plaire, lui obéit en tout ce qui n'est pas une désobéissance à Dieu. Être aimé d'un autre que son mari est pour 3lle une vive peine. Oh ! combien fou est le mari qui cherche à séparer sa femme de la crainte de Dieu ! La grande source de la chasteté, c'est l'Église. C'est là que la femme apprend ses devoirs et entend parler de ce jugement de Dieu qui punit un moment de plaisir d'un supplice éternel. Le mari devrait forcer sa femme d'aller à de tels sermons, s'il n'y réussissait par les caresses.
Mais ce qu'il y a de mieux, ajoute l'auteur s'adressant au mari, c'est que tu y viennes toi-même, la conduisant par la main, pour que, toi aussi, tu sois chaste et puisses connaître le bonheur du mariage respectable. Devenir père, aimer tes enfants, être aimé d'eux, tout cela est à ta disposition, si tu le désires. Celui qui veut avoir une femme chaste vit chastement, lui rend le devoir conjugal, mange avec elle, vit avec elle, vient avec elle au prêche sanctifiant, ne l'attriste pas, ne la querelle pas sans raison, cherche à lui plaire, lui procure tous les agréments qu'il peut, et supplée à ceux qu'il ne peut lui donner par ses caresses. Ces caresses, du reste, la femme chaste ne les attend pas pour remplir ses devoirs. Elle tient son mari pour son maître. Est-il pauvre, elle supporte sa pauvreté;