J MARCEL BERTRAND
fond du géosynclinal primitif ; im fly se h fin et schisteux , remplissage du premier géosynclinal, sur remplacement de la zone axiale ; un flysch grossier, remplissage des géosynclinaux de bordure, après l'élévation de Taxe central ; enfin des poudingxtes et des grès grossiers, plus ou moins semblables aux grès rouges, qui se déposent au pied de la chaîne déjà soulevée. Chaque chaîne (t ses gneiss; chaque chaîne a son flysch schisteux, et, par exemple, c'est le Culip pour la chaîne hercynienne et lp$ Schistes lustrés pour la chaîne alpine ; chaque chaîne a son flysch grossier, et c'est ici le terrain houiller, là le flysch éogènedes Alpes; chaque chaîne, enfin, a ses grès rouges, comme on le sait ppur les trois vieilles phaînes, ou tout au moins un terrain où abondent les poudingues, comme la mollasse alpine. Après quatorze années — et combien fécondes en transformations et en progrès pour la doctrine orogénique ! — cette esquisse reste très belle. Nous serions seulement tentés de la surcharger, parce que nous sommes de plus en plus frappés de la complexité des phénomènes ; mais on risque, en la surchargeant, de masquer la }oi qu'elle exprime et de compromettre l'impression d'ensemble. Il est très vrai, en tout cas, que « chaque chaîne a ses gneiss » 4 , personne n'avait encore su le dire, et voici, d'un seul coup, la pluralité des séries cristallophylliennes mise hors de contestation, et la liaison nécessaire du métamorphisme régional et de la condition géosynclinale définitivement promulguée. Ce sont là deux grandes conquêtes. Qu'importe, après cela, que, dans les détails de leur histoire, les chaînes diffèrent; que, par exemple, dans Tune d'elles, il y ait eu deux montées de métamorphisme, si je puis ainsi parler, et que, au contraire, dans une autre, le métamorphisme de la zone axiale se soit effectué comme en une fois et sans aucune discontinuité apparente? Ce qui importe, ce n'est pas que les chapitres soient identiques et se répètent
textuellement, c'est que, en prenant cqmme chapitres du livre de la Terre les formations successives des diverses chaînes, on réalise la division la plus naturelle de ce livre, celle qui introduira la plus grande clarté et le plqs bel ordre dans le récit. De cela Marcel Bertrand n'a jamais douté à partir de 1886, et il semble bien qu'il ait eu raison. Mais le moment n'est pas venu d'écrire le récit sans hésitpr et d'un bout à l'autre, et de le comparer à la symbolique narration d© Moïse. 11 y a trop de lacunes dans nQs connaissances, sqrtout en ce qui concerne les vieilles chaînes, pour que nous ne soyons pas obligés de nous contenter, pendant longtemps encore, des formules générales, volontairement imprécises, que Marcel Bertrand nous a laissées.
Qn sait comment il $ été conduit à ces formules et comment l'étude des séries cristallophylliennes des Alpes françaises et des Alpes du Piémont l'a convaincu de l'étroite relation entre le métamorphisme régional et les phénomènes orogéniques. A la vérité, il n'a pas été le premier à voir la pluralité de ces séries cristallines et à en fixer les âges relativement récents. D'autres, avant lui, avaient attribué au Permien, ou au îlouiller, les micaschistes et les gneiss des Alpes Cottienpes ; un autre, et qui était Charles Lory, avait rapporté au Trias l'énorme complexe des Schistes lustrés. Mais Marcel Bertrand a trouvé, pour ces démonstrations d'âge, des arguments nouveaux et décisifs; et, comme toujours, il a été, dans l'étude de ces terrains métamorphiques, un généralisateur puissant et hardi. C'est lui qui a montré l'extension jusqu'au Grand-Paradis, et même jusqu'au Mont-Rose, du Permo-Houiller cristallin de la Vanoise; lui aussi qui a fait voir que le faciès Schistes lustrés embrasse non seulement le Trias supérieur, comme avait dit Lory, mais aussi le Lias et peut-être d'autres terrains encore. La stratigraphie des Alpes franco-italiennes entre
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le massif d'Ambin et la vallée d'Aoste n'a guère eu besoin d'être perfectionnée depuis que Marcel Bertrand nous Ta décrite ; et cela est d'autant plus remarquable que notre manière de comprendre la tectonique de cette région a dû être récemment changée de fond en comble.
Une des dernières conceptions du Maître, restée inédite, mais que ses disciples n'ont pas oubliée, est celle de l'existence d'une loi de répartition des matières volatiles dans les couches de combustible d'un même bassin houiller. Il en parlait souvent comme d'une chose très importante ; et il eût voulu que, dans tous les bassins, on s'occupât de chercher des arguments pour ou contre. La teneur du charbon en matières volatiles ne dépendrait que des conditions de la sédimentation : ce serait un caractère primaire, et non pas secondaire, de la couche de combustible. Si, dans chaque couche, on traçait les courbes d'égale teneur en matières volatiles, on aurait une série de lignes grossièrement concentriques, semblables aux lignes de niveau des bords d'une cuvette, et qui iraient s'ordonnant autour d'une région centrale. On pourrait donc déterminer, par la construction de ces lignes, la position approximative de la région centrale de l'ancien fond du bassin, quelle qu'eût été la dislocation ultérieure, et alors même qu'il y aurait eu, dans le terrain houiller plissé, des plis couchés et des charriages. L'idée est assurément fort intéressante. Malheureusement, la vérification de sa justesse est très difficile. Dans beaucoup de couches de houille, la teneur en matières volatiles ne change presque pas, et ses petites variations, ou bien sont de l'ordre des erreurs d'analyse, ou bien semblent capricieuses. Quand le bassin est très étendu — et c'est le cas du Pas-de-Calais — la teneur change beaucoup ; mais une autre difficulté surgit alors, qui est celle de suivre une même couche d'une région à l'autre, au delà des hiatus que créent nécessairement les failles, les limites
de concessions, les investisons et l'inégal avancement des travaux de mines. En fait il y eut, à la demande de Marcel Bertrand, quelques essais de construction des courbes d'égale teneur dans les bassins du nord de la France, du Gard et de la Haute-Silésie ; mais ces essais, qui n ont pas infirmé la loi, n'ont pas non plus suffi à la fonder définitivement, et bientôt, l'initiative du Maître venant à manquer, tout sombra dans l'indifférence et le scepticisme des ingénieurs. Je nedoutepas que la question ne soit reprise un jour, et que, là encore, Marcel Bertrand n'ait été un précurseur très perspicace.
Sur toute l'œuvre écrite de ce grand géologue, il y a le charme, je dirais volontiers la magie, d'un noble style, à la fois élégant et clair, imagé et sobre, et qui me parait être le modèle accompli du langage scientifique. Ce style est rarement éclatant, beaucoup plus rarement, par exemple, que celui d'Eduard Suess; et ce n'est que dans ses conférences, dans les Eloges qu'il rédige pour perpétuer la mémoire d'Hébert et de Charles Lory, ou encore dans sa Préface pour l'édition française de YAntlitz der Erde, que Marcel Bertrand cesse parfois de parler simplement et laisse, pondant quelques instants, chanter le poète qui est en lui. Il trouve alors de très beaux accents, et, pour servir son éloquence, les images accourent en foule; mais bientôt, comme honteux de l'essor qu'il vient de prendre, il congédie d'un geste les sonorités et les images, redescend au niveau de la simple conversation, et se remet à causer, tout uniment, avec le lecteur ou l'auditeur. C'est qu'il y a dans son esprit, fortement enracinée par l'influence paternelle, une sévère discipline classique, analogue à celle qui dominait les grands hommes du xvn e siècle ; et cette discipline est aggravée par le sens critique toujours en éveil, par la tendance invincible à Tépigramme, par la perception incroyablement aiguë des dissonances et la vision immédiate,
et généralement grossie, des ridicules. Il se surveille étroitement, toujours prêt à plaisanter sa propre émotion, à refroidir son enthousiasme, à refréner son imagination; à s'interdire toute fantaisie dô parole ou de plume. Je l'ai déjà dit : on ne peut bien comprendre Marcel Bertrand si Ton ne se rappelle qu'il y a en lui deux hommes, un prophète et un critique. Le premier est, en outre, un vrai poète, un orateur plein de feu, tin merveilleux artiste; le second, très avisé et très méfiant, difficile à émouvoir, un peu sceptique même, a la raillerie facile et l'épigramme toujours prête. Dans toute l'œuvre j on voit leur double empreinte; et le style résulte clairement de leur collaboration presque égale et de leur antagonisme exactement équilibré.
(Test une de nos tristesses, à nous autres qui avons connu, entendu, admiré et aimé Marcel Bertrand, que de voir combien il parait lointain aux jeunes savants de France, aux membres de la Société géologique de France qui n'ont pas encore trente-cinq ans et qui se le rappellent seulement âous les traits d'un « ancêtre plein de funérailles ». Plusieurs l'ont aperçu quelquefois, entre 1900 et 1904, aux séances de cette Société, mais taciturne déjà, et déjà presque indifférent à la vie de la Science. Ils connaissent l'œuvre et en savent l'extraordinaire portée; ils ne pourront jamais se figurer ce qu'était l'homme, à quel point il vivait, quel foyer rayonnant il portait en lui, quel fonds inépuisable de gaieté et de cordialité se manifestait dans toute sa personne, non seulement à ses amis, mais à quiconque s'adressait à lui ; ils ne sauront jamais l'accueil charmant qu'il réservait aux plus humbles dis-
ciples, aux plus inconnus des débutants* et avec quelle piété il se penchait vers les œuvres nouvelles signées de notns encore ignorés. Au faite des honneurs scientifiques, et alors que tous les géologues, dans lé monde entier 4 , avaient les yeux fixés sur lui et prêtaient l'oreille à ses moindres paroles, il n'a jamais cru à sa propre infaillibilité, il n'a jamais pris cette attitude d'augure qui décourage les jeunes gens, et qui les dégoûterait de la science elle-même si les vrais amoureux de la science pouvaieiit jamais en être dégoûtés; il s'est toujours regardé comme un homme très ignorant et très sujet à l'erreur; et, quand on venait à lui pour parler géologie, de quelque pays que Ton vînt et quel que fût l'objet de la conversation, et même si l'on apportait des objections à ses propres théories, que dis-je? surtout si l'on en apportait, on était sûr d'être patiemment écouté, d'être admis à une discussion bienveillante et attentive, d'être éclairé, affermi, encouragé. Après deux ou trois de ces conversations sur une question scientifique, il restait sans doute le Maître, mais déjà il était devenu l'Ami, et quel délicieux ami ! Oui, en vérité* je vous pkins, jeunes géologues, qui, parlant chaque joiir son langage et marchant sans cesse à la clarté de son enseignement, ne l'aVefc pas entendu lui-même promulguer sa doctrine et n'avez pas vu 6â maitt hardie écarter les rtuâges et allumer des phares au-dessus de la mer ténébreuse. Comme le voyageur qui arrive, au lendemain d'une terrible inondation, dans une plaine riante et fertile, et qui n'aperçoit plus, au lieu des champs verdoyants ou dorés, que l'alluvidn sinistre, vous êtes passés à côté de cette âme sans presque la voir, parce qu'elle était déjà prisonnière en un cachot très obscur, ou comme engluée dans la boue grise de la frnaladie et de la douleur.
Cette âme, ai-je dit, était merveilleusement belle. Elle avait l'essor de l'aigle, et, quand elle était redesceridue,
la simplicité d'une âme d'enfant. Elle allait naturellement à la lumière, à toutes les grandes idées, à tous les sentiments nobles, à tout ce qui est tendresse et dévouement, à tout l'art et à toute la poésie. Elle était ineffablement désintéressée. Elle avait, du mensonge, et même de ce demi-mensonge où vivent les meilleurs d'entre nous, une horreur instinctive. « J'ai beaucoup de défauts », disait-il souvent, « mais je ne sais pas dissimuler. » Elle était, cette âme, sans le savoir — comme il arrive maintenant à tant d'âmes généreuses — très profondément chrétienne, puisqu'elle avait, tout à la fois, le souverain détachement et même le mépris de la richesse, l'imperturbable douceur qui conquiert la terre, la faim et la soif de la justice, la miséricorde jamais lassée, l'amour de tout ce qui purifie et l'amour de tout ce qui pacifie, et puisqu'elle a, sans murmurer, subi d'affreuses tortures. Comment pourrait-on croire qu'une âme comme celle-là, aussi promise aux Béatitudes, ne fût pas immortelle? Exilée, ou captive, ou dissimulée, des années durant, sous des voiles épais et sombres : nous l'avons vue ainsi, hélas ! et c'est un confondant mystère. Mais détruite à tout jamais : allons donc ! cela n'est pas possible. Quels soleils la vaudraient, quelles nébuleuses la remplaceraient ? et comment le Créateur inimaginable des mondes pourrait-il se passer éternellement d'un tel rayon de sa Gloire ?
Marcel Bertrand, dans l'intimité, ne parlait pas souvent, ni volontiers, d'autre chose que de sa science. La géologie avait rempli sa vie : c'est elle encore qui remplit sa correspondance familiale. « Je crois que j'ai trouvé la « solution » — écrit-il de Provence, en 1888, à sa jeune femme. — « Reste à la vérifier : ce sera peut-être long, « mais, si c'est vrai, c'est plus étonnant que le Beausset, « ou, pour mieux dire, ce serait la même chose, le Trias « sur le Crétacé, mais sur une si énorme étendue que
« cela semble une fantaisie dont l'idée ne peut venir qu'en « dormant bien et rêvant... Voilà ce qui s'appelle être « plein de son sujet ; et je ne te ménage pas celles de « toutes les confidences qui te sont le plus indifférentes. « Mais je te les dois toutes, les géologiques comme les « autres... » En juin 1887, huit mois après son mariage, il avait écrit du Beausset : « Je suis bien content ce soir. « J'ai complété mes preuves au delà de mon espérance : « le Trias est aussi renversé. Voilà ce que c'est qu'un « vieux marié : il parle du Trias renversé à sa pauvre « petite femme qui ne sait même pas ce que cela veut « dire, au lieu de lui réciter la douce litanie d'amour !... »
La douce litanie d amour I II ne l'a jamais oubliée, car il était, tout au fond, un sentimental; mais, en effet, il n'a guère eu le temps de la dire. Elle lui échappait, très souvent, sans qu'il y songeât et pendant qu'il marchait, tout en « ratiocinant » — c'était un de ses mots favoris — et en ressassant dans son esprit les interprétations et les hypothèses ; elle lui échappait sous la forme d'une strophe, d'un distique ou d'un vers, réminiscence d'une lecture récente ou souvenir de ses fortes études classiques, soupir d'écolier vers les joyeuses vacances, cri de l'ouvrier fatigué vers la nuit réparatrice, appel de l'amoureux exilé à la Beauté trop lointaine. Mais, toujours prêt à railler sa propre émotion, il achevait sa tirade en plaisantant, et la litanie d'amour s'interrompait par un éclat de rire ; puis la science le reprenait, et, durant des heures, il ne pensait pas à autre chose.
La première fois que l'on voyageait avec lui, sur le terrain, en plein pays d'énigmes et de problèmes, on le trouvait amusant et étrange. Il allait, rapidement et infatigablement, les yeux lointains, comme à la poursuite d'un gibier mystérieux vers qui toutes ses facultés eussent été tendues, parlant tout le temps, à mi-voix ou à voix haute, et discutant toujours, même si l'on ne lui donnait
pas la réplique. Parfois il s'arrêtait, citait un beau vers ou déclamait tout un passage d'un poète, terminait par une plaisanterie ou un bon mot, allumait une cigarette, s'asseyait sur une pierre, racontait une anecdote drolatique. La cigarette achevée, on causait géologie, et l'on se remettait en marche. La chaleur et le froid, la pluie et le soleil, la neige même, lui étaient fort indifférents; l'heure du dîner ne le préoccupait guère, et souvent la journée s'allongeait jusqu'à la nuit noire ; jamais il ne prenait de notes pendant la course, et jamais il ne crayonnait sa carte avant le retour au gîte. Même au gîte, il écrivait et dessinait fort peu, se contentant de ranger et d'enfermer ses observations dans sa mémoire, la plus vaste et la plus fidèle que j'aie connue. Le repas du soir était d'une gaieté extraordinaire ; il riait de tout, comme un enfant, heureux, d'une belle joie de nature, de se rassasier et de se désaltérer. Ensuite, il prenait du café, écrivait à sa femme — • il lui écrivait presque chaque jour, — fumait force cigarettes, parlait de n'importe quoi, déclamait des vers et disait des choses folles, jusqu'à ce qu'il tombât de lassitude et de sommeil. Il dormait alors à poings fermés, quel que fût le lit ; et l'on avait, le lendemain matin, une véritable peine à le réveiller et à le remettre debout. Après cinq ou six jours de semblables courses, ses vêtements, souillés au contact de toute une série sédimen taire, et rarement brossés, avaient pris un aspect lamentable. Il ne s'en souciait guère ou même ne s'en doutait pas; et il continuait d'aller,imperturbablement, pareil à un chemineau grandiloquent et misérable, parlant seul, tout haut, le long des routes ou dans les rues des villages, et déclamant des tirades incohérentes au grand trouble des paysans ou des boutiquiers.
Il eut quelques compagnons de voyage qui ne s'habituèrent jamais à ce mélange singulier et charmant de science précise et de fantaisie joyeuse, et dont la solen-
nité un peu bourgeoise et le sens posfttf Raccommodaient mal avec son tempérament d'artiste parisiénC /Comme il tenait de son père infiniment d'esprit et un peû*de , *nialice, il se donnait parfois, quand il voyageait avecVês personnes graves, le plaisir assez innocent de les exaspérer.. - Tous ses amis l'ont entendu raconter, à ce sujet, de bieK : amusantes anecdotes. — « Pourquoi donc >*, lui demande * un jour, tout en marchant, le géologue, très brave homme, mais volontiers rogue et sévère, qui l'accompagnait, « pourquoi donc portez-vous toujours des guêtres ? » — « Parce que », répond Bertrand avec le plus grand sérieux, « quand je les quitte le soir, ça me délasse. » — Une autre fois, c'était avec un autre géologue. Le train les emmenait à Toulon, et Ton voyait déjà, par la portière, s'estomper les sommets familiers, le Coudon et le Faron. La conversation avait beaucoup langui, restant d'ailleurs purement géologique, mais coupée çà et là de brusques boutades de Bertrand qui avaient un peu agacé son interlocuteur. Tout à coup, d'une voix de théâtre, Bertrand s'écrie, en montrant au loin les montagnes :
C'est Faron que voile la brume, Et Coudon, gigantesque enclume, Dont le tonnerre est le marteau !
— « De qui sont ces vers ? » demande l'infortune compagnon devenu très nerveux. — « De moi », réplique Bertrand, du même air impassible qu'il eût pris pour parler du Trias. Au retour de ce voyage, le compagnon disait à qui voulait l'entendre que « Marcel Bertrand serait charmant, en courses, sans sa déplorable manie de toujours citer des vers ».
J'en connais d'autres qui, après les étonnements du premier jour, ont tout aimé de Marcel Bertrand et qui l'eussent suivi jusqu'au bout du monde; qui rangent parmi les meilleurs souvenirs de leur jeunesse la mémoire des