III
Les travailleurs se partagent les travaux qu'ils ont à faire pour assurer la vie corporelle de la cité.
Ce partage n'est pas fait selon ce que nous appelons dans la société bourgeoise régalité des travailleurs, égalité selon qui les travailleurs prendraient des parts égales entre elles, parce que toute égalité a pour condition nécessaire le calcul des valeurs et que nous ne pouvons pas calculer la valeur d'un travail humain; d'ailleurs il n'est pas besoin de faire égalité dans la €ité harmonieuse, et les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous appelons dans la société bourgeoise la loi de régalité.
Ce partage n'est pas fait selon ce que nous appelons dans la société qui n'est pas harmonieuse encore la justice pour les trar:ailleurs, loi selon qui les travailleurs prendraient des parts proportionnées à leurs forces et à leurs moyens, parce que toute proportion a pour condition nécessaire le calcul des valeurs et que nous ne pouvons pas calculer la valeur d'un travail humain ou la valeur des forces humaines et des moyens humains; d'ailleurs il n'est pas besoin de faire justice dans hi cité harmonieuse, et les citoyens de la
cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous appelons dans la société qui n'est pas harmonieuse encore la justice, et la cité harmonieuse n'est pas la cité juste.
Ce partage n'est pas fait selon ce que nous appelons dans la société qui deviendra la cité harmonieuse la charité, parce que toute charité suppose des manques et que la cité harmonieuse ne laisse manquer de rien les citoyens; les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous appelons dans la société qui deviendra la cité harmonieuse Uvcharité, la cité harmonieuse n'est pas la cité charitable.
Mais le partage des travaux est fait selon riiarmonie :
Les travaux qui sont à faire pour assurer la vie corporelle de la cité harmonieuse ne sont pas, en leur ensemble, en excès aux forces et aux moyens des travailleurs qui, en leur ensemble, ont à les faire.
Les parts individuelles de ces travaux ne sont pas en excès aux forces et aux moyens des travailleurs qui ont à les choisir.
Chaque citoyen choisit la part de travail pour quoi il se sent le mieux fait parmi celles qui lui sont disponibles, et il y en a une au moins qu'il peut choisir, puisque les parts de travail ne sont pas excessives aux travailleurs.
Si un citoyen, se faisant illusion sur ses aptitudes, avait mal choisi sa part, il n'aurait qu'à refaire son choix parmi les parts de travail qui lui seraient à nouveau disponibles.
Les travailleurs choisissent les parts de travail pour quoi ils se sentent le mieux faits parce qu'ils sont les citoyens de la cité harmonieuse et non pas les rivaux de la cité.
Les citoyens commencent leur apprentissage pour assurer la vie corporelle de la cité quand ils ont fini leur adolescence.
Dans chaque métier, les ouvriers les meilleurs deviennent les maitres qui enseignent le métier aux apprentis.
Les maitres sont des bons maitres, c'est-à-dire qu'ils enseignent de leur mieux le métier aux apprentis ; et ils donnent à leurs apprentis les soins les meilleurs qu'ils peuvent à cette seule fin que ces apprentis soient le mieux et le plus tôt possible assez bons ouvriers pour n'avoir plus besoin d'aucuns maitres; et ils ne sont jamais aussi heureux que lorsque leurs apprentis deviennent ainsi meilleurs ouvriers qu'eux-mêmes, parce qu'ils sont les maitres et non pas les rivaux de leurs apprentis.
Ainsi les apprentis deviennent les meilleurs ouvriers que l'on peut et qu'ils peuvent.
Les citoyens, pendant qu'ils sont apprentis, sont des bons apprentis, c'est-à-dire qu'ils font leur apprentissage de leur mieux.
Puis ils sont des bons ouvriers, c'est-à-dire qu'ils font leur métier de leur mieux.
Comme ouvriers ils ne pensent qu'à travailler de leur mieux pour le mieux du métier et ainsi pour le mieux de la cité.
Ils ne pensent pas à travailler mieux que leurs concitoyens, parce qu'ils sont les collaborateurs et non pas les rivaux de leurs concitoyens, parce qu'ils travaillent avec leurs concitoyens et non pas contre leurs concitoyens, parce qu'il ne convient pas que les ouvriers soient dérangés de leur travail par la pensée qu'ils travaillent mieux que leurs concitoyens ; les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous appelons dans la société mésharmonieuse émulation, puisqu'ils ne savent pas ce que c'est que ce que nous y nommons des rivalités.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations, parce qu'elle n'est pas la cité des ouvriers jaloux, mais la cité des bons ouvriers.
Les ouvriers de la cité harmonieuse ne pensent pas à réclamer à la cité ce que nous nommons dans la société bourgeoise un prix ou un salaire pour le travail qu'ils ont fait, parce qu'ils sont des ouvriers et non pas des vendeurs, parce qu'ils sont les citoyens et non pas les rivaux de la cité, parce qu'ils sont les concitoyens et non pas les rivaux de leurs concitoyens.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour le salaire, parce qu'elle n'est pas la cité des ouvriers jaloux pour le salaire, mais la cité des bons ouvriers.
Et les ouvriers de la cité harmonieuse ne pensent pas à se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise de la renommée ou ce que nous y appelons de la gloire, parce que la renommée est vaine et parce que la gloire est vaine, parce qu'il n'importe pas que nos travaux soient au bas signés de nos noms pourvu que nous les ayons faits du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les ouvriers soient dérangés de leur travail par la pensée qu'ils en auront de la renommée ou qu'ils en auront de la gloire.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour la renommée ou des émulations pour la gloire^ parce qu'elle n'est pas la cité des ouvriers jaloux pour la renommée ou jaloux pour la gloire, mais la cité des bons ouvriers.
Et les ouvriers de la cité harmonieuse ne pensent pas à se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise du mérite, parce que le souci du mérite est vain^
parce que c'est déjà démériter que désirer ou que vouloir mériter, parce qu'il n'importe pas que nos travaux soient méritoires, comme on dit, parce qu'il n'importe pas que nous a3^ons mérité en les faisant, pourvu que nous les ayons faits du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les ouvriers soient dérangés de leur travail par la pensée qu'ils en auront du mérite. Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour le mérite, parce qu'elle n'est pas la cité des ouvriers jaloux pour le mérite, mais la cité des bons ouvriers.
Les ouvriers de la cité harmonieuse ne classent pas les métiers en métiers majeurs et métiers mineurs, parce que les ouvriers sont tous collaborateurs en la cité pour la cité comme les citoyens sont tous concitoyens en la cité.
Les ouvriers de la cité harmonieuse aiment leur métier ; ils aiment le travail qu'ils font pour assurer la vie corporelle de la cité, parce qu'ils sont les citoyens de la cité; d'ailleurs ils savent que rien de leur travail n'est soustrait au bien de la cité.
Ils aiment ce travail pour le mieux de ce travail et ainsi pour le mieux de la cité, ils aiment le métier pour le mieux du métier et ainsi de la cité, parce qu'ils ne sont pas des ouvriers jaloux pour le travail, parce qu'ils ne sont pas des ouvriers jaloux pour le métier.
Les ouvriers de la cité harmonieuse ne sont pas des ouvriers jaloux, mais des bons ouvriers.
Ils sont des ouvriers volontaires, des ouvriers de bonne volonté, des bons ouvriers.
Un métier est fait au mieux quand il assure au mieux pour sa part la vie corporelle de la cité.
Ainsi les ouvriers, puisqu'ils font leur métier de leur mieux, assurent du mieux qu'ils peuvent la vie corporelle de la cité.
Cependant le travail que les ouvriers font pour assurer la vie corporelle de la cité harmonieuse est d'ailleurs conformé le mieux possible à ce que demande leur vie intérieure et leur travail désintéressé.
Le travail que les ouvriers ont à faire pour assurer la vie corporelle de la cité harmonieuse leur est devenu facile en particulier parce que les hommes ont avancé loin dans l'usage des machines pour travailler la matière qui est proposée à leur activité.
Ainsi les machines inventées donnent à la cité un grand avantage, et les citoyens, en particulier les inventeurs savent que rien de cet avantage n'est soustrait au bien de la cité.
Toutes ces machines sont inanimées; aucun des vivants animés, aucun des hommes, aucun des animaux ne sert de machine en la cité harmonieuse, parce qu'ils sont les citoyens de la cité.
L'ordonnance et le commandement des travaux qui sont à faire pour assurer la vie corporelle de M cité harmonieuse, étant des travaux eux-mêmes, sont choisis parmi les parts de travail disponibles par ceux des citoyens qui se sentent le mieux faits pour cela.
Le travail de commander n'est pas un travail supérieur et le travail ou les travaux commandés ne sont pas des travaux inférieurs, parce que les citoyens de la cité harmonieuse ne pensent pas à classer les travaux en travaux majeurs et travaux mineurs, puisqu'ils ne savent pas ce que c'est que ce que nous appelons dans la société mésharmonieuse émulation.
Ainsi les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous appelons dans la société bourgeoise autorité patronale ou autorité gouvernementale.
Les ouvriers de la cité harmonieuse ne sont pas commandés par des patrons^ ni par des rjouvernements, mais par ceux des ouvriers qui font le métier de commander.
Ainsi le travail est bien ordonné par les ouvriers qui l'ordonnent, et il est bien commandé aux ouvriers qui obéissent par les ouvriers qui commandent, et il est ainsi facilité.
Ainsi le travail est bien fait et facile pour assurer la vie corporelle de la cité harmonieuse.
Les ouvriers de la cité harmonieuse ne travaillent pas chacun pour soi, ni chacun pour quelques-uns, ni quelques-uns ou tous pour quelques-uns, ni quelques-uns ou tous pour un, et ils ne travaillent pas contre leurs concito3'ens ; mais ils travaillent, chacun avec ses collaborateurs, pour assurer la vie corporelle de la cité dont ils sont les citoyens, et ils y réussissent aisément.
Tous les produits naturels et tous les produits du travail que les ouvriers de la cité harmonieuse font pour assurer la vie corporelle de la cité sont à la cité, parce , qu'il ne convient pas que des produits soient soustraits au bien de la cité ; en particulier il ne convient pas que des produits soient distraits et ainsi soustraits au bien de la cité par un parti de citoyens ou par un citoyen, par un peuple ou par un individu.
Ainsi les blés et les seigles moissonnés des plaines labourables, et les arbres abattus des forêts, et les raisins vendangés des coteaux, et les pierres tirées des carrières , et le charbon des mines , le sel de la mer, les fruits des vergers sont à la cité.
Aucun produit n'est soustrait à la cité harmonieuse.
Par ces produits la cité harmonieuse assure la vie corporelle de tous les citoyens, parce qu'il ne convient pas qu'il y ait dans la cité des citoyens qui soient traités comme des étrangers à la cité.
Ainsi toutes les femmes, tous les enfants, tous les malades, tous les vieillards, tous les hommes adultes, valides et jeunes, tous les animaux ont leur vie corporelle assurée par la cité.
Aucun vivant animé n'est dans la cité harmonieuse comme un banni de la cité.
Pour assurer la vie corporelle des citoyens, la cité harmonieuse leur partage les produits naturels et les produits qu'elle a du travail que les ouvriers ont fait pour elle.
Ce partage n'est pas fait selon ce que nous appelons dans la société bourgeoise U égalité des consommateurs, égalité selon qui les consommateurs prendraient des parts égales entre elles, parce que toute égalité a pour condition nécessaire le calcul des valeurs et que nous ne pouvons pas calculer la valeur d'un produit à consommer ; d'ailleurs il n'est pas besoin de faire égalité dans la cité harmonieuse, et les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous appelons dans la société bourgeoise la loi de F égalité.
Ce partage n'est pas fait selon ce que nous appelons dans la société qui n'est pas harmonieuse encore la justice pour les consommateurs, loi selon qui les consommateurs prendraient des parts proportionnées à leurs besoins et à leurs moyens, parce que toute proportion a pour condition nécessaire le calcul des valeurs et que nous ne pouvons pas calculer la valeur d'un produit à consommer ou la valeur des besoins humains et des
moyens humains ; d'ailleurs il n'est pas besoin de faire justice dans la cité harmonieuse, et les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous appelons dans la société qui n'est pas harmonieuse encore la justice, et la cité harmonieuse n'est pas la cité juste.
Ce partage n'est pas fait selon ce que nous appelons dans la société qui deviendra la cité harmonieuse la charité, parce que toute charité suppose des manques et que la cité harmonieuse ne laisse manquer de rien les citoyens ; les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous appelons dans la société qui deviendra la cité harmonieuse la charité, la cité harmonieuse n'est pas la cité charitable.
Mais le partage des produits est fait selon l'harmonie :
Les produits qui sont à partager aux citoyens par la cité harmonieuse pour assurer leur vie corporelle ne sont pas, en leur ensemble, en défaut aux besoins et aux moyens des consommateurs qui, en leur ensemble, ont à les recevoir.
Les parts individuelles à faire de ces produits ne sont pas en défaut aux besoins et aux moyens des consommateurs qui ont à les choisir.
Chaque citoyen choisit les produits qu'il voit les mieux faits pour lui parmi ceux qui lui sont disponibles, et il y en a au moins une part qu'il peut choisir, parce que les produits ne sont pas insuffisants aux consommateurs.
Pour les citoyens qui ne peuvent pas choisir euxmêmes le choix est fait par ceux de leurs concitoyens qui le doivent; ainsi les parents peuvent choisir pour les enfants, les médecins peuvent choisir pour les malades, et les hommes peuvent choisir pour les animaux ; alors les parents choisissent les produits qu'ils voient les mieux faits pour les enfants, les médecins choisissent les produits qu'ils voient les mieux faits pour les malades, les hommes choisissent les produits qu'ils voient
les mieux faits pour les animaux, dont les âmes sont toujours des âmes adolescentes.
Les consommateurs ne choisissent pas des produits qui ne leur conviennent pas, parce qu'ils sont les citoyens de la cité harmonieuse et non pas les rivaux de la cité.
L'ordonnance et le partage des produits par qui la cité harmonieuse assure la vie corporelle des citoyens, étant des travaux eux-mêmes, sont choisis parmi les parts de travail disponibles par ceux des citoyens qui se sentent le mieux faits pour cela. ^
Le travail de partager les produits n'est pas un travail supérieur, puisque les citoyens de la cité harmonieuse ne pensent pas à classer les travaux en travaux majeurs et travaux mineurs.
Ainsi les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous nommons dans la société bourgeoise offre et demande, vente et achat des produits, ce que nous y nommons autorité commerciale des individus ou des gouvernements.
Les produits ne sont pas partagés aux citoyens de la cité harmonieuse par des marchands, ni par des gouvernements, mais par ceux des ouvriers qui font le métier de partager les produits.
Ainsi les produits sont bien partagés aux citoyens de la cité harmonieuse.
La cité harmonieuse ne refuse aucun produit aux citoyens parce qu'elle n'est pas la rivale, mais la cité des citoyens.
D'ailleurs elle n'a pas à refuser un produit aux citoyens, parce que les citoyens ne lui réclament rien d'excessif, puisqu'ils sont les citoyens et non pas les rivaux de la cité ; ainsi les citoyens de la cité harmonieuse ne réclament à la cité rien qui leur soit un luxe individuel, rien dont ils n'aient pas besoin pour assurer leur vie corporelle.
La cité harmonieuse donne les produits à choisir aux citoyens.
En particulier ceux des citoyens qui sont les ouvriers de la cité harmonieuse ne lui réclament aucun produit comme étant le salaire du travail qu'ils ont fait pour elle, parce qu'ils ne sont pas jaloux pour le salaire, parce qu'ils ne travaillent pas pour un salaire, parce qu'ils sont ouvriers et non pas vendeurs de travail.
Comme ouvriers ils font leur métier de leur mieux pour assurer de leur mieux la vie corporelle de la cité, ils donnent ce travail à la cité sans lui demander aucun salaire, et comme citoyens ils ont leur vie corporelle assurée par la cité, ils reçoivent les produits de la cité, qui les leur donne sans leur demander aucun salaire, aucun prix.
Les ouvriers donnent leur travail à la cité; la cité donne les produits aux citoyens.
S'il y avait dans la cité des ouvriers qui devinssent malades, en particulier des ouvriers qui devinssent faibles ou des ouvriers qui devinssent paresseux, ils cesseraient de contribuer leur travail pour assurer la vie corporelle de la cité, mais ils auraient parmi les citoyens qui ne sont pas ouvriers leur vie corporelle assurée par la cité.
Ainsi les ouvriers de la cité harmonieuse ne sont jamais vendeurs, la cité n'est jamais acheteuse; la cité n'est jamais vendeuse et les citoyens ne sont jamais acheteurs. Le travail est donné par les ouvriers à la cité; les produits sont donnés par la cité aux citoyens.
Les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous nommons dans la société bourgeoise offre et demande, vente et achat du travail, offre et demande, vente et achat des produits.
Les produits naturels et les produits du travail qui est fait pour assurer la vie corporelle de la cité harmonieuse sont à la cité.
Ceux des produits qui ne sont pas consommés à mesure qu'ils sont faits demeurent à la cité.
La cité harmonieuse est à chaque instant sa propre héritière universelle; à chaque instant la cité harmonieuse est l'héritière universelle de la cité qu'elle était à l'instant précédent.
La cité harmonieuse est à chaque instant héritière de la cité harmonieuse parce qu'elle se continue perdurable d'instants en instants.
La cité harmonieuse est à chaque instant héritière universelle de la cité harmonieuse parce qu'il ne convient pas que rien de l'héritage commun soit soustrait au bien de la cité ; en particulier il ne convient pas que rien de l'héritage commun soit distrait et ainsi soustrait au bien de la cité par. un parti de citoyens ou par un citoyen^ par un peuple ou par un individu.
Ainsi les citoyens de la cité harmonieuse n'héritent pas de leurs parents morts ou de leurs camarades morts, ils ne reçoivent rien de leurs parents ou de leurs cama-
rades vivants, parce que cela serait soustrait au bien de la cité.
Aucun produit n'est légué en héritage particulier ou individuel, aucun produit n'est donné en héritage ou en donation particulière ou individuelle.
Les citoyens de la cité harmonieuse ne sont pas leurs propres héritiers ; ils ne sont pas à chaque instant les héritiers universels des citoyens qu'ils étaient à l'instant précédent, bien qu'ils se continuent durables d'instants en instants, parce qu'il ne convient pas que rien de l'héritage commun soit soustrait au bien de la cité pour en faire un héritage individuel.
C'est la cité qui fait et qui a les réserves de produits dont il est besoin pour assurer la vie corporelle éventuelle, prochaine ou lointaine, des citoyens.
Ces réserves sont faites, ordonnées, commandées, partagées comme sont faits, ordonnés, commandés, partagés les produits dont elles sont les réserves ; elles sont gardées par des ouvriers, qui font le métier de les garder ; le travail de garder les réserves n'est pas un travail supérieur, puisque les citoyens de la cité harmonieuse ne pensent pas à classer les travaux en travaux majeurs et travaux mineurs.
Ainsi les ouvriers de la cité harmonieuse assurent la vie corporelle présente, prochaine et lointaine de la cité.
La cité harmonieuse assure la vie corporelle présente, prochaine et lointaine des citoyens.
Les familles, qui sont d'instants en instants plus durables que les individus, ne sont pas non plus leurs propres héritières; les peuples, qui sont d'instants en instants plus durables que les individus, ne sont pas non plus leurs propres héritiers ; mais la cité harmonieuse, qui a tous les produits, a l'héritage de tous les produits.
Quand les citoyens de la cité harmonieuse ont ainsi leur vie corporelle assurée par la cité, ils deviennent libres pour la vie intérieure et pour le travail désintéressé.
Les citoyens qui ne sont pas ouvriers ont tout leur temps pour la vie intérieure et pour le travail désintéressé.
Les citoyens qui sont ouvriers ont pour la vie intérieure et pour le travail désintéressé le loisir qui leur est laissé par la cité harmonieuse; la cité harmonieuse laisse un long loisir à ses ouvriers.
La vie intérieure est la vie des sentiments et des volitions.
Une vie intérieure est en un citoyen la vie de ses sentiments et de ses volitions.
Le travail désintéressé est celui que les citoyens font quand toute vie corporelle est assurée dans la cité.
Ainsi l'art, la science, la philosophie sont des travaux désintéressés.
Les vies intérieures sont dans la cité harmonieuse indépendantes et libres de tout, parce qu'il ne convient pas que les vies intérieures soient commandées par ce qui pourrait les déformer ; il ne convient pas que même une seule vie intérieure , c'est-à-dire la vie intérieure d'un seul citoyen, soit déformée par tous les citoyens, ou par un parti de citoyens, ou par un citoyen, par la cité, par un peuple, par un individu.
iVinsi les sentiments et les volitions des citoyens sont libres dans la cité harmonieuse.
Le travail désintéressé est dans la cité harmonieuse indépendant et libre de tout, parce qu'il ne convient pas que le travail désintéressé soit commandé par ce qui pourrait en déformer l'œuvre ou l'efïet ; il ne convient pas que même un seul travail désintéressé soit déformé par la cité, par un peuple, par un individu.
Ainsi l'art, la science, la philosophie sont libres dans la cité harmonieuse.
Les citoyens de la cité harmonieuse n'ont aucun des
sentiments que nous nommons dans la société mésharmonieuse les sentiments malsains, c'est-à-dire aucun des sentiments qui déforment les âmes et souvent ainsi les corps.
Les citoyens de la cité harmonieuse n'ont que les sentiments de la santé.
En particulier les citoyens de la cité harmonieuse n'ont pas les sentiments de ce que nous, qui vivons dans la société désharmonieuse encore, nous nommons Ua haine; ils n'ont pas ces sentiments parce que cette haine est tueuse de l'amour.
Et ils n'ont pas les sentiments de ce que nous, qui vivons dans la société mésharmonieuse, nous nommons la jalousie, qui est plus malsaine et pire que la haine, parce qu'elle est la malfaçon de l'amour.
Ils n'ont pas les sentiments de ce que nous nommons dans la société bourgeoise les rivalités.
Ainsi les citoyens de la cité harmonieuse n'ont pas les sentiments que nous nommons les sentiments de l'émulation, de la rivalité, de la concurrence, les sentiments de la guerre civile, de la guerre étrangère, de la guerre économique, de la guerre militaire, de la guerre privée, de la guerre publique, les sentiments de Uambition publicj[ue, de l'ambition privée, Vanimosité, la colère, la vengeance, la rancune, V envie, la méchanceté.
Ils ne savent pas ce que c'est que le mensonge.
Non-seulement les citoyens de la cité harmonieuse n'ont pas les sentiments que nous nommons ainsi, mais ils ne savent pas même ce que c'est que ces sentiments, parce que ce serait encore les avoir que d'en avoir la connaissance.
Les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous nommons la haine, et ils ont le bonheur de ne pas savoir ce que c'est que ce que nous nommons la jalousie.
Ainsi les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous connaissons comme étant les maladies des âmes humaines et des âmes animales ; mais les âmes des citoyens sont blanches de ces maladies ; les âmes des citoyens n'ont et ne connaissent que les sentiments de la santé.
Non-seulement les âmes des citoyens ne savent pas ce que c'est que ce que nous connaissons comme étant les maladies des âmes individuelles et des âmes collectives, mais les âmes des citoyens n'ont pas et ne connaissent pas les sentiments de réparation qui étaient devenus nécessaires dans la société malsaine; ainsi les âmes individuelles et les âmes collectives n'ont pas et ne connaissent pas Jes sentiments que nous appelons les sentiments de la justice , elles n'ont pas et elles ne connaissent pas les sentiments que nous appelons les sentiments de la charité.
Ainsi les âmes harmonieuses ne savent pas ce que c'est que bien des sentiments que nous aimons parce qu'ils sont dans la société non harmonieuse encore les sentiments éveilleurs de la cité harmonieuse ; les citoyens de la cité harmonieuse ne connaissent pas le droit amour de la justice, les citoyens de la cité harmonieuse ne connaissent pas la charité penchée, les citoyens de la cité harmonieuse ne connaissent pas la vénérable pitié ; ils ont reçu en héritage la cité que ces pieux sentiments leur avaient préparée, mais ils n'ont pas reçu en héritage les
sentiments qui leur avaient préparé cette cité, parce que ces sentiments devenaient inutiles et vains et désharmonieux à présent que l'œuvre était parfaite.
Bien que les âmes des citoyens soient blanches des sentiments que nous connaissons comme étant les sentiments malsains, et bien qu'elles n'aient pas les sentiments que nous connaissons comme étant devenus nécessaires et pieux dans la société non harmonieuse encore, cependant les âmes des citoyens ont des sentiments assez actifs, parce que les sentiments que nous connaissons comme étant les sentiments malsains et les sentiments que nous connaissons comme étant devenus nécessaires et pieux dans la société malsaine et mésharmonieuse ne sont pas nécessaires pour que la vie des sentiments soit assez active. Les sentiments qui sont de la santé, les sentiments des âmes saines en la cité saine suffisent pour que la vie des sentiments soit active ainsi qu'il convient.
Comme les ouvriers de la cité harmonieuse n'ont pas inventé la matière proposée à leur activité, mais l'ont reçue en héritage et tenue de la société qui n'était pas harmonieuse encore, ainsi les cito3'ens de la cité harmonieuse n'ont pas inventé les sentiments qui sont de la santé, mais les ont reçus en héritage de la cité qui n'était pas harmonieuse encore.
Ainsi les citoyens de la cité harmonieuse n'ont pas inventé des sentiments humains pour les âmes animales ou des sentiments stirhumains pour les âmes humaines ; ils n'ont pas inventé des sentiments nouveaux ; ils n'ont pas imaginé des sentiments étranges. Mais ils ont reçu en héritage de la cité qui n'était pas harmonieuse encore les sentiments anciens, les sentiments ordinaires, les sentiments simples de la santé.
D'ailleurs qu'auraient-ils inventé de meilleur ou de plus douloureux que le simple amour?
Car les sentiments de la santé n'étaient pas inconnus dans la société non harmonieuse encore ; et même ils y étaient si anciens que l'on ne savait pas quand ils avaient commencé : tels étaient les sentiments de la solidarité humaine et de la solidarité animale, tous les sentiments de toute la solidarité en tous les vivants animés ; tels étaient les sentiments de l'art, le sentiment du beau infini et le sentiment du beau fini parfait, le sentiment du beau éternel et le sentiment du beau passager, le sentiment du beau absolu et le sentiment du beau relatif, tous les sentiments de toutes les beautés; tels étaient les sentiments de la science, tous les sentiments du vrai; tels étaient les sentiments de la philosophie, le sentiment de l'infini et le sentiment du fini parfait, le sentiment de l'éternel et le sentiment du passager, le sentiment de l'absolu et le sentiment du relatif, tous les sentiments de tout ce qui est et de tout ce qui devient ; tels étaient les sentiments de la nation, l'amour de la patrie et de l'âme nationale; tels étaient les sentiments de l'amitié; tels étaient les sentiments de la famille, l'amour maternelle, paternel, fraternelle, filiale, et telle était l'amour.
Mais ces sentiments anciens étaient mêlés ou contrariés dans les âmes de la société non harmonieuse encore, parce qu'ils y avaient pour voisins les sentiments malsains ou les sentiments de la société malsaine, tandis qu'à présent dans les âmes harmonieuses les sentiments anciens de la santé naissent et croissent libres et purs en force et en beauté.
Les sentiments de la santé, naissant et croissant ainsi dans les âmes harmonieuses, ne sont pas insuffisants pour que la vie des sentiments soit assez active en ces âmes et assez variée, des extrêmes joies de la présence aux extrêmes souffrances de Tabsence.
Ainsi les âmes harmonieuses n'ignorent pas ce que nous nommons douleur ou ce que nous nommons souffrance ; mais elles ne connaissent pas les douleurs et ne connaissent pas les souffrances que nous connaissons comme étant les douleurs et comme étant les souffrances de la maladie, c^mme étant les douleurs et les souffrances malsaines ; elles ne connaissent que les douleurs et les souffrances de la santé ; elles ne connaissent que les douleurs et les souffrances saines.
Les corps des citoyens dans la cité harmonieuse ne sont pas malades, parce que la vie des corps y est harmonieuse et qu'ainsi les causes des maladies corporelles sont bannies de la cité.
En particulier les corps des ouvriers dans la cité harmonieuse ne sont pas malades parce que le travail qu'ils font pour assurer la vie corporelle de la cité n'est pas malsain.
Cependant les citoyens de la cité harmonieuse n'ignorent pas les douleurs du corps et n'ignorent pas les souffrances du corps; mais ils ne connaissent que les douleurs et les souffrances corporelles de la santé, qui sont peu aiguës et peu graves ; c'est ainsi qu'ils connaissent les douleurs et les souffrances des crises corporelles; mais ils ne connaissent pas les douleurs ou les souffrances corporelles de la maladie, les douleurs ou les souffrances corporelles malsaines.
Tandis que les douleurs et les souffrances corporelles saines sont peu aiguës et peu graves, les douleurs saines et les souffrances saines des âmes harmonieuses sont indéfiniment variées; parfois elles sont moyennes et parfois elles peuvent aller jusqu'aux douleurs extrêmes et jusqu'aux suprêmes souffrances, en particulier parce qu'elles ne sont pas diverties par les douleurs et par les souffrances corporelles.
Dans la société qui n'était pas harmonieuse encore les douleurs saines et les souffrances saines des âmes étaient la plupart étouffées ou diverties par les douleurs et par les souffrances malsaines des corps et des âmes ; à présent que les douleurs et les souffrances malsaines sont bannies de la cité, puisque les douleurs et les souffrances saines des corps sont peu aiguës et peu graves, les douleurs et les souffrances saines des âmes croissent en force et en beauté, en leur force plus grande et leur beauté majeure jusqu'aux douleurs extrêmes et jusqu'aux suprêmes souffrances de l'absence, en particulier du doute, et des séparations, et de la mort.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des sentiments heureux, mais la cité des sentiments heureux et malheureux qui sont de la santé.
Tous les sentiments heureux et malheureux qui sont de la santé sont devenus les sentiments des âmes harmonieuses.
Ainsi la cité harmonieuse a reçu en héritage de la société qui n'était pas harmonieuse encore tous les sentiments heureux et malheureux qui sont de la santé.
Mais cet héritage a été accepté sous bénéfice d'inventaire, comme on disait dans la société désharmonieuse, puisque les cito3^ens de la cité harmonieuse n'ont pas reçu en héritage les sentiments de la maladie qui accompagnaient les sentiments de la santé.
En particulier les anciennes croyances, les anciennes religions, les anciennes vies, les anciennes cultures, les anciennes philosophies, les anciennes vies ont donné des sentiments en héritage aux citoyens de la cité harmonieuse.
Ainsi tous les fidèles de toutes les anciennes croyances, tous les fidèles et tous les saints de toutes les anciennes religions, tous les hommes de toutes les anciennes vies, tous les civilisés de toutes les anciennes cultures, tous les sages et tous les saints de toutes les anciennes philosophies, tous les hommes de toutes les anciennes vies, les Hellènes et les Barbares, les Juifs et les Aryens, les Bouddhistes et les Chrétiens sont devenus sans se dépayser les citoyens de la cité harmonieuse.
A présent que les sentiments de la santé sont devenus l'héritage de la cité harmonieuse, les sentiments harmonieux de chaque âme harmonieuse naissent et croissent en force et en beauté selon ce qu'est chaque âme individuelle; et bien loin que les âmes harmonieuses aient des sentiments semblables entre elles parce que tous ces . sentiments sont harmonieux , ces sentiments harmonieux sont variés indéfiniment en leur beauté pure parce qu'ils sont forts et parce qu'ils sont libres.
Dans la société qui n'était pas harmonieuse encore les sentiments de la santé paraissaient peu variés et peu nuancés parce qu'ils étaient la plupart étouffés ou diminués par les sentiments de la maladie ; mais les sentiments de la santé sont variés indéfiniment, gradués indéfiniment, et nuancés indéfiniment pour la joie ou pour la douleur.
Et bien loin que dans la cité harmonieuse les âmes soient toutes pareilles entre elles parce que tous leurs sentiments sont harmonieux, les âmes harmonieuses naissent et croissent personnelles en force et en beauté chacune selon ce qu'elle est.
Dans la société qui n'était pas harmonieuse encore les âmes saines paraissaient peu variées et peu nuancées parce qu'elles étaient la plupart étouffées ou diminuées par les malsaines, et qu'ainsi elles croissaient peu selon leur beauté personnelle; mais à présent que leur naissance et que leur croissance est libre et pure les âmes saines sont variées indéfiniment et nuancées indéfiniment pour leur joie et pour leur souffrance.
Car tous les sentiments de la santé sont disponibles à la vie des âmes.
Aucun sentiment de la santé n'est banni de la cité harmonieuse.
Ainsi les âmes harmonieuses naissent et croissent et se forment en force et selon la beauté qui leur est personnelle ; car chaque âme a sa beauté qui lui est personnelle et selon qui elle se conforme.
Comme les semeurs de la cité harmonieuse n'ont pas inventé les grains pour les semailles et la forme des blés, ainsi les citoyens de la cité harmonieuse n'ont' pas inventé la beauté personnelle des âmes et la forme des âmes ; cette beauté personnelle et cette forme est naturelle à chaque âme.
Dans la société qui n'était pas harmonieuse encore la beauté personnelle des âmes était masquée pour la plupart de ces âmes par les sentiments de la maladie ; mais il a sufïï que ces sentiments parasitaires fussent morts et oubliés pour que vînt la naissance et la croissance des beautés personnelles.
Les parents n'ont pas dans la cité harmonieuse à enseigner à leurs enfants les sentiments de la santé ; mais les sentiments de la santé naissent et croissent tout seuls dans les familles aux âmes des enfants.
Les parents n'ont pas dans la cité harmonieuse à enseigner à leurs enfants la beauté personnelle de leur âme ; les âmes des enfants croissent toutes seules dans les familles selon les beautés qui leur sont personnelles.
Ainsi chaque âme réalise au mieux dans la cité harmonieuse la beauté qui lui est personnelle, chaque âme réalise au mieux ce qu'elle est en beauté, chaque âme devient au mieux ce qu'elle est en beauté, chaque âme devient ak mieux ce qu'elle est.
Dans la société qui n'était pas harmonieuse encore les âmes ne réalisaient pas les beautés qui leur étaient personnelles, elles ne réalisaient pas ce qu'elles étaient en beauté, elles ne devenaient pas ce qu'elles étaient en beauté, elles ne devenaient pas ce qu'elles étaient; elles n'atteignaient pas à leur forme et vivaient déformées.
En particulier^ les âmes individuelles dans la cité harmonieuse deviennent ce qu'elles sont; et elles sont variées indéfiniment en leurs beautés personnelles, variées indéfiniment pour les sentiments de la joie et pour les sentiments de la douleur et pour les sentiments qui ne sont pas de la douleur et qui ne sont pas de la joie, et tous ces sentiments sont si nuancés qu'ils satisfont à la vie des sentiments pour les âmes individuelles.
Ainsi les âmes individuelles sont personnelles dans la cité harmonieuse.
Mais les âmes individuelles ne sont pas les seules qui vivent en la cité harmonieuse ; quand moins ou plus d'âmes individuelles unissent plus ou moins leur vie, elles forment des âmes collectives : telles sont les âmes familiales, telles sont les âmes amicales, telles sont les âmes nationales, telle est l'âme de la cité.
Ces âmes collectives sont personnelles en la cité harmonieuse.
Non-seulement les âmes individuelles sont personnelles dans la cité harmonieuse, mais elles y sont les éléments personnels des âmes collectives qui sont personnelles ; ainsi les âmes individuelles sont élémentaires des âmes collectives, les sentiments individuels sont élémentaires des sentiments collectifs, et les volitions individuelles sont élémentaires des volitions collectives.
Les âmes individuelles sont unes et indivisibles ; les âmes collectives sont plurielles et assez divisibles. Mais les âmes individuelles et les âmes collectives sont personnelles dans la cité harmonieuse.
Les âmes familiales sont des âmes collectives naturelles.
Dans la société qui n'était pas harmonieuse encore la plupart des familles naissaient, vivaient et mouraient sans que naquissent et vécussent leurs âmes familiales ; mais dans la cité harmonietlse les âmes familiales naissent et vivent pour toutes les familles, et elles atteignent à leur forme sans déformer les âmes individuelles dont elles sont nées.
Ainsi chaque âme familiale réalise au mieux dans la cité harmonieuse la beauté qui lui est propre, la beauté qui lui est personnelle, chaque âme familiale réalise au mieux ce qu'elle est en beauté, chaque âme familiale devient au mieux ce qu'elle est en beauté, chaque âme familiale devient au mieux ce qu'elle est.
Les âmes amicales sont des âmes collectives naturelles et volontaires.
Dans la société qui n'était pas harmonieuse encore la plupart des camaraderies naissaient, croissaient, vivaient et mouraient sans que naquissent et vécussent leurs âmes amicales; mais:^dans la cité harmonieuse les âmes amicales naissent et vivent pour toutes les camaraderies, et elles atteignent à leur forme sans déformer les âmes individuelles dont elles sont nées.
Ainsi les âmes amicales réalisent au mieux dans la cité harmonieuse la beauté qui leur est personnelle, chaque âme amicale réalise au mieux ce qu'elle est en beauté, chaque âme amicale devient au mieux ce qu'elle est en beauté, chaque âme amicale devient au mieux ce qu'elle est.
Les âmes nationales sont des âmes collectives naturelles et volontaires.
Dans la société qui n'était pas harmonieuse encore la plupart des peuples naissaient, vivaient et mouraient sans que naquissent et vécussent leurs âmes nationales ; mais dans la cité harmonieuse les âmes nationales naissent et vivent pour tous les peuples, et elles atteignent à leur forme sans déformer les âmes individuelles et les âmes familiales et les âmes amicales dont elles sont nées.
Ainsi les âmes nationales réalisent au mieux dans la cité harmonieuse la beauté qui leur est personnelle, chaque âme nationale réalise au mieux ce qu'elle est en beauté, chaque âme nationale devient au mieux ce qu'elle est en beauté, chaque âme nationale devient au mieux ce qu'elle est.
L'âme de la cité est une âme collective naturelle et volontaire.
Dans la société qui n'était pas harmonieuse encore les animalités et les humanités naissaient, vivaient et mouraient sans que naquit et sans que vécût une âme qui fut commune à ces animalités et à ces humanités ; mais en la cité harmonieuse est née l'âme de la cité ; cette âme vit et atteint à sa forme sans déformer les âmes individuelles et les âmes familiales et les âmes amicales et les âmes nationales dont elle est née.
Ainsi l'âme de la cité harmonieuse réalise au mieux la beauté qui lui est personnelle, l'âme de la cité réalise au mieux ce qu'elle est en beauté, l'âme de la cité devient au mieux ce qu'elle est en beauté, l'âme de la cité devient au mieux ce qu'elle est.
Les âmes collectives artistes, savants et philosophes sont des âmes collectives naturelles et volontaires.
Ainsi toutes les âmes, les âmes individuelles et les âmes familiales et les âmes amicales et les âmes nationales et les âmes artistes et les âmes savants et les âmes philosophes et l'âme de la cité, toutes les âmes individuelles et toutes les âmes collectives sont personnelles en la cité harmonieuse.
Toutes les âmes, les âmes individuelles et les âmes collectives, en la cité harmonieuse deviennent au mieux ce qu'elles sont, sans que jamais une seule âme soit déformée par les âmes ses voisines et ses concitoyennes, parce que toutes les âmes harmonieuses vivent en santé, parce que toutes les âmes harmonieuses sont harmonieuses entre elles.
Les citoyens de la cité harmonieuse n'ont pas inventé les âmes collectives; dans la société qui n'était pas harmonieuse encore il y avait des âmes familiales, des âmes amicales, des âmes nationales, il y avait des âmes artistes, des âmes savants et des âmes philosophes, il y avait l'âme de la France, et il y avait eu l'âme de la chrétienté. Mais dans la société qui n'était pas harmonieuse la plupart des âmes collectives ne naissaient pas ; et de celles qui naissaient la plupart vivaient diminuées, précaires et déformées; elles n'atteignaient pas aux beautés qui leur étaient personnelles.
En la cité harmonieuse toutes les âmes collectives naissent et croissent libres et pures en force et selon la beauté qui leur est personnelle.
La vie des sentiments est assez active aux âmes harmonieuses, individuelles ou collectives, parce que les sentiments qui nous paraissent les plus légers parmi ceux qui sont de la santé suffisent, quand ils croissent libres et purs, à emplir et à déborder les âmes vivantes.
C'est pour cela que les âmes harmonieuses n'ont pas besoin de savoir ce que c'est que les sentiments que nous connaissons comme étant les sentiments de la maladie pour que la vie de leurs sentiments soit active ainsi qu'il convient.
En particulier l'âme de la cité ne sait pas ce que c'est que les sentiments que nous connaissons comme étant les sentiments qui sont de la maladie ou qui furent de la maladie dans les animalités et dans les humanités passées.
L'âme de la cité harmonieuse est très ignorante : elle ignore tous les sentiments de la maladie.
En particulier l'âme de la cité harmonieuse est une âme sans mémoire : elle ignore toute l'histoire de tous ces sentiments, parce que ce ne serait pas les ignorer bien que d'en savoir même l'histoire.
Ainsi l'âme de la cité harmonieuse n'a pas gardé la mémoire des haines et des jalousies, des rivalités et des mensonges dont les animalités passées et les humanités passées avaient souffert ; l'âme de la cité harmonieuse n'a pas gardé la mémoire des charités et des justices par qui les animalités et les humanités passées tâchaient de réparer les haines et les jalousies.
Et .comme les haines et les jalousies, les charités et les justices commandaient toute la vie des animalités
et des humanités passées, Tâme de la cité harmonieuse n'a pas gardé la mémoire des animalités et des humanités qui rayaient précédée.
En particulier la cité harmonieuse n'a pas gardé la mémoire des animalités et des humanités qui l'avaient préparée, parce que si la cité avait gardé cette mémoire elle ne serait pas harmonieuse et qu'ainsi les anciens vivants animés n'auraient pas réussi à parfaire leur œuvre.
Si la cité avait gardé la mémoire des vivants animés qui l'ont préparée, elle aurait gardé la mémoire des vivants animés qui leur étaient voisins ou qui leur étaient contemporains, elle aurait gardé la mémoire de toutes les animalités et de toutes les humanités passées qu'elle aurait pu ; ainsi elle aurait gardé la mémoire des charités passées et des justices passées, puisque la vie des anciens vivants animés était inséparable des charités et des justices; et ainsi elle aurait gardé la mémoire des haines passées et des jalousies passées, puisque les charités et les justices étaient les réparations tâchées de ces haines et de ces jalousies ; et ainsi la cité ne serait pas sans avoir connaissance des charités et des justices, des haines et des jalousies ; et ainsi la cité ne serait pas sans avoir quelque part aux charités et aux justices, aux haines et aux jalousies ; elle ne serait pas sans avoir quelque part aux sentiments qui ne sont pas de la santé, elle ne serait pas la cité harmonieuse, et les vivants animés des générations passées n'auraient pas réussi à parfaire leur œuvre.
La cité est harmonieuse en particulier parce qu'elle a oublié ceux qui l'ont préparée.
Et nous qui vivons dans la société non harmonieuse encore nous devons préparer la cité harmonieuse telle qu'elle nous ignore^ qu'elle ne connaisse pas nos sentiments, et qu'elle ne sache pas nos efforts.
Les volitions des âmes dans la cité harmonieuse sont indépendantes et libres de tout, parce qu'il ne convient pas que les volitions soient commandées par ce qui pourrait déformer les âmes, en particulier par ce qui pourrait déformer les volitions ; en particulier il ne convient pas que les volitions des âmes individuelles soient commandées par la cité, par un peuple, par un individu.
Rien d'extérieur aux âmes harmonieuses ne commande les volitions de ces âmes.
Rien d'extérieur aux âmes individuelles ne commande les volitions de ces âmes dans la cité harmonieuse.
Personne aussi n'a commandement sur les volitions des âmes individuelles dans la cité harmonieuse.
Les vouloirs des citoyens dans la cité harmonieuse ne sont pas tendus à leur procurer les sentiments et les passions de la maladie, puisque la cité harmonieuse ne connaît que les sentiments de la santé.
Les vouloirs des citoyens dans la cité harmonieuse ne sont pas tendus à leur procurer la vie corporelle, puisque la cité assure la vie corporelle à tous les citoyens.
Mais les vouloirs des citoyens ont pour objet d'assurer la vie corporelle de la cité harmonieuse, puis de vivre la vie intérieure et de participer au travail désintéressé.
Ainsi les citoyens de la cité harmonieuse ne connaissent pas les efforts par qui la plupart des vivants animés voulaient se procurer leur vie corporelle dans la société mésharmonieuse, efforts dont quelques-uns ne nous paraissent beaux et intéressants que parce que nous oublions l'étroitesse de leur objet.
Mais les vouloirs des citoyens dans la cité harmonieuse ne vont qu'à bien assurer la vie corporelle de la cité, puis à bien vivre la vie intérieure et bien participer au travail désintéressé.
Les vouloirs des citoyens dans la cité harmonieuse ne vont qu'à des fins harmonieuses.
Les citoyens de la cité harmonieuse ne savent pas ce que c'est que ce que nous connaissons comme étant les efforts individuels des individus malheureux pour se procurer leur vie corporelle dans la société mésharmonieuse, efforts dont nous admirons souvent le courage et la ténacité désespérée parce qu'ils sont devenus nécessaires dans la société bourgeoise, mais qui supposent des manques individuels, et qui sont inconnus de la cité harmonieuse parce qu'elle ne laisse manquer de rien les citoyens.
Mais les efforts et les vouloirs individuels ne sont pas moins beaux dans la cité harmonieuse; à présent qu'ils vont aux seules fins harmonieuses, à la vie intérieure et au travail désintéressé.
Ainsi les cito^^ens de la cité harmonieuse ne connaissent pas ce que nous connaissons comme étant les énergies sauvages, farouches, désespérées des lutteurs pour la vie corporelle ; mais ils connaissent les vouloirs durables et les continûment lentes volitions des citoyens qui veulent la naissance et la vie des sentiments harmonieux, ils connaissent les vouloirs durables et les continûment lentes volitions des artistes, des savants et des philosophes qui veulent l'œuvre d'art, l'œuvre de science, l'œuvre de philosophie, l'œuvre désintéressée.
Il n'y a pas de désespoir, il n'y a pas de désespérance individuelle dans la cité harmonieuse où puisse trouver matière le courage individuel.
Mais la seule matière proposée au courage individuel dans la cité harmonieuse est la vie intérieure et le travail désintéressé.
Cette matière n'est pas insuffisante à ce que la vie des volitions soit dans les âmes harmonieuses active ainsi qu'il convient, puisque la vie intérieure dans la cité harmonieuse propose aux volitions tous les sentiments de la santé, des extrêmes joies de la présence aux suprêmes souffrances de l'absence, et puisque le travail à faire en art, en science et en philosophie est indéfini.
La matière et les fins harmonieuses ne sont pas insuffisantes à la vie des volitions dans les âmes harmonieuses.
Dans la société qui n'était pas harmonieuse encore les volitions des sentiments qui sont de la saine vie intérieure et les volitions du travail désintéressé paraissaient la plupart peu vivantes, parce qu'elles étaient la plupart écrasées par les volitions brutales de la lutte pour la vie corporelle et pour les passions delà maladie; mais dans la cité harmonieuse, à présent que les volitions mésharmonieuses sont mortes et que la mémoire même en est morte, les volitions harmonieuses emplissent et débordent les âmes vivantes.
Les volitions des âmes individuelles dans la cité harmonieuse sont pures, c'est-à-dire que les citoyens ne veulent que la fin de leurs volitions et ne veulent que pour la fin de leurs volitions.
Les citoyens de la cité harmonieuse ne pensent pas à vouloir mieux que leurs concitoyens, parce qu'ils sont les concitoyens et non pas les rivaux de leurs concitoyens, parce qu'ils veulent parmi leurs concitoyens et non pas contre leurs concitoyens, parce qu'il ne convient pas que les citoyens soient dérangés de leurs volitions par la pensée qu'ils veulent mieux que leurs concitoyens.
Si les citoyens voulaient pour vouloir mieux que leurs concitoyens, leurs volitions seraient mêlées d'un élément étranger, et déformées ; mais les citoyens de la cité harmonieuse veulent ce qu'ils veulent pour ce qu'ils veulent.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour le vouloir, parce qu'elle n'est pas la cité des citoyens jaloux pour le vouloir, mais la cité des bons citoyens.
Et les citoyens de la cité harmonieuse ne pensent pas
à vouloir pour se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise de la renommée ou ce que nous y appelons de la gloire, parce que la renommée est vaine et parce que la gloire est vaine, parce qu'il n'importe pas que nos volitions soient connues comme étant de nous pourvu que nous les ayons faites du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les citoyens soient dérangés de leurs volitions par la pensée qu'ils en auront de la renommée ou qu'ils en auront de la gloire.
Si les citoyens voulaient pour avoir de la renommée ou pour avoir de la gloire, leurs volitions seraient mêlées d'un élément étranger, et déformées ; mais les citoyens de la cité harmonieuse veulent ce qu'ils veulent pour ce qu'ils veulent.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour le vouloir glorieux, parce qu'elle n'est pas la cité des citoyens jaloux pour la renommée ou jaloux pour la gloire, mais la cité des bons citoyens.
Et les citoyens de la cité harmonieuse ne pensent pas à vouloir pour se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise du mérite, parce que le mérite suppose le calcul des volitions et que les volitions sont incalculables, parce que le souci du mérite est vain, parce que c'est déjà démériter que désirer ou que vouloir mériter, parce qu'il n'importe pas que nos volitions soient méritoires, comme on dit, parce qu'il n'importe pas que nous ayons mérité en les faisant, pourvu que nous les ayons faites du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les citoyens
soient dérangés de leurs volitions par la pensée qu'ils en auront du mérite.
Si les citoyens voulaient pour avoir du mérite, leurs volitions seraient mêlées d'un élément étranger, et déformées ; mais les citoyens de la cité harmonieuse veulent ce qu'ils veulent pour ce qu'ils veulent.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour les volitions méritoires, parce qu'elle n'est pas la cité des citoyens jaloux pour le mérite, mais la cité des bons citoyens.
Enfin les citoyens de la cité harmonieuse ne pensent pas à vouloir pour se donner une volonté plus ferme, et plus forte, une volonté plus vivante, pour s'exercer la volonté, comme on disait dans la société mésharmonieuse, parce qu'il ne convient pas que les citoyens soient dérangés de leurs volitions par la pensée que leur volonté en sera exercée; d'ailleurs les citoyens de la cité harmonieuse n'ont pas peur que leurs volontés soient jamais défaillantes ; les volontés des âmes harmonieuses n'ont besoin d'aucun exercice.
Si les citoyens voulaient pour exercer leur volonté, leurs volitions seraient mêlées d'un élément étranger, et déformées ; mais les citoyens de la cité harmonieuse veulent ce qu'ils veulent pour ce qu'ils veulent.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cit^ des exercices pour la volonté, parce qu'elle n'est pas la cité des citoyens qui aient besoin d'exercice, mais la cité des bons citoyens.
Tous les cléments étrangers sont bannis des volitions
dans la cité harmonieuse ; les volitions des âmes harmonieuses sont pures d'éléments étrangers ; les citoyens de la cité harmonieuse veulent la fin de leurs volitions pour la fin de leurs volitions.
Les volitions des âmes harmonieuses sont harmonieuses entre elles, c'est-à-dire que les volitions d'une âme harmonieuse ne déforment jamais les volitions d'une seule âme harmonieuse.
En particulier les volitions des âmes individuelles ne sont jamais déformées par les volitions des âmes individuelles qui leur sont concitoyennes ou par les volitions des âmes collectives.
Les vouloirs des âmes harmonieuses ne vont aux fins harmonieuses que par des moyens harmonieux.
Ainsi les volitions des âmes individuelles dans la cité harmonieuse sont indépendantes et libres de tout ; elles sont pures de tout élément étranger; elles sont harmonieuses à toutes les volitions des âmes individuelles qui leur sont concitoyennes et des âmes collectives.
Les volitions d'une seule âme harmonieuse sont harmonieuses entre elles ; ainsi les volitions d'une âme harmonieuse ne se démentent pas entre elles et ne se contrarient pas.
Les volitions d'une âme individuelle harmonieuse n'interviennent pas dans la vie de cette âme comme des éléments étrangers, comme des éléments importés du dehors, mais elles sont des éléments intérieurs aux âmes harmonieuses.
Les volitions d'une âme individuelle harmonieuse lui viennent du dedans, de son dedans.
Les volitions d'une âme individuelle harmonieuse n'interviennent pas dans la vie de cette âme comme des éléments non vivants, comme des éléments morts ou comme des éléments qui ne sont pas nés, mais elles sont des éléments vivants dans les âmes vivantes.
Les volitions d'une âme individuelle harmonieuse lui sont vivantes en sa vie harmonieuse.
Les volitions d'une âme individuelle harmonieuse n'interviennent pas dans la vie de cette âme comme des sursauts, mais elles sont des éléments continus dans les âmes à la vie continue.
Les volitions d'une âme individuelle harmonieuse lui sont continues en sa vie continûment harmonieuse.
Ainsi les citoyens de la cité harmonieuse ne connaissent pas les volitions étrangères, les volitions non vivantes, les volitions brusques et soudaines; les volitions des âmes harmonieuses leur sont intérieures et personnelles, vivantes, continues.
Les décisions des âmes individuelles harmonieuses ne sont pas prises, comme on disait dans la société désharmonieuse, à la majorité des mobiles ou des motifs, mais les Yolitions sont voulues par les âmes individuelles harmonieuses quand elles sont mùues pour que les âmes les veulent.
Ainsi les citoyens de la cité harmonieuse ne connaissent pas la mise en balance des mobiles et des motifs, parce que cette mise en balance est fondée sur le calcul des mobiles et des motifs, et que la valeur des mobiles et des motifs est incalculable.
Mais les volitions des âmes harmonieuses sont les maturations des éléments vivants en ces âmes vivantes.
Les volitions ne sont pas survenantes à la vie des âmes harmonieuses, mais elles sont présentes et demeurantes en la vie de ces âmes.
Les volitions des âmes individuelles harmonieuses ne sont pas survenantes à la vie des sentiments harmonieux, mais elles sont présentes et demeurantes en ces sentiments vivants.
Les volitions harmonieuses des âmes individuelles sont inséparablement et continûment fondues aux sentiments harmonieux ; et ainsi naissent et croissent les vies intérieures des âmes individuelles dans la cité harmonieuse.
L'effet des volitions harmonieuses aux âmes individuelles est que ces âmes naissent et croissent en force et selon la beauté qui leur est personnelle.
L'effet des volitions harmonieuses aux âmes individuelles est que ces âmes deviennent au mieux ce qu'elles sont.
Comme les âmes individuelles sont élémentaires des âmes collectives, en particulier comme les sentiments individuels sont élémentaires des sentiments collectifs, ainsi en particulier les volitions individuelles sont élémentaires des volitions collectives.
Ainsi les volitions individuelles sont élémentaires des volitions familiales, des volitions amicales, des volitions nationales, et des volitions que veut la cité ; les volitions familiales et les volitions amicales sont élémentaires des volitions nationales et des volitions que veut la cité ; les volitions nationales sont élémentaires des volitions que veut la cité.
Les volitions individuelles sont unes et indivisibles ; les volitions collectives sont plurielles et assez divisibles.
Les volitions des âmes collectives dans la cité harmonieuse sont indépendantes et libres de tout comme les volitions des âmes individuelles, parce qu'il ne convient pas que les volitions des âmes collectives soient commandées par ce qui pourrait déformer les âmes collectives, en particulier par ce qui pourrait déformer les volitions des âmes collectives.
Rien d'extérieur aux âmes collectives ne commande les volitions de ces âmes dans la cité harmonieuse.
Personne aussi n'a commandement sur les volitions des âmes collectives dans la cité harmonieuse.
Ainsi les âmes familiales et les âmes amicales et les âmes nationales et l'âme de la cité ne sont commandées par aucune âme individuelle ou collective dans la cité harmonieuse.
Les vouloirs des âmes collectives dans la cité harmonieuse ne sont pas tendus à leur procurer les sentiments et les passions de la maladie, puisque la cité liarmonieuse ne connaît que les sentiments de la santé.
Les vouloirs des âmes familiales, des âmes amicales, et des âmes nationales dans la cité harmonieuse ne sont pas tendus à procurer la vie corporelle aux familles, aux amis, et aux nations, puisque la cité assure la vie corporelle à tous les citoyens.
La cité harmonieuse veut assurer la vie corporelle à tous les citoyens, pour que toutes les âmes harmonieuses vivent la vie intérieure et puissent participer au travail désintéressé.
Ainsi les âmes individuelles et collectives de la cité harmonieuse ne connaissent pas les efforts par qui la plupart des familles, des amitiés, des nations voulaient se procurer leur vie corporelle dans la société mésharmonieuse, efforts dont quelques-uns ne nous paraissent beaux et intéressants que parce que nous oublions l'étroitesse de leur objet.
Mais les vouloirs des âmes familiales, des âmes amicales, et des âmes nationales ne vont qu'à bien assurer la vie corporelle de la cité, puis à bien vivre la vie intérieure et bien participer au travail désintéressé.
Les vouloirs de la cité harmonieuse ne vont qu'à bien assurer la vie corporelle des citoyens, puis à bien vivre la vie intérieure et bien participer au travail désintéressé.
Les vouloirs des âmes collectives harmonieuses ne vont qu'à des fins harmonieuses.
Les âmes harmonieuses ne savent pas ce que c'est que ce que nous connaissons comme étant les efforts collectifs des familles, des camaraderies et des nations malheureuses pour se procurer leur vie corporelle dans la société mésharmonieuse, efforts dont nous admirons souvent le courage et la ténacité désespérée parce qu'ils sont devenus nécessaires dans la société bourgeoise, mais qui supposent des manques particuliers, et qui sont inconnus de la cité harmonieuse parce qu'elle ne laisse manquer de rien les citoyens.
Mais les efforts et les vouloirs collectifs ne sont pas moins beaux dans la cité harmonieuse, à présent qu'ils vont aux seules fins harmonieuses, à la vie intérieure et au travail désintéressé.
Et les efforts et les vouloirs de la cité harmonieuse sont beaux, efforts et vouloirs qui vont aux fins harmonieuses.
Ainsi les âmes harmonieuses ne connaissent pas ce que nous connaissons comme étant les énergies sauvages, farouches, désespérées des familles, des amis, des nations qui luttent pour la vie corporelle ; mais ils connaissent les vouloirs perdurables et les continûment lentes volitions des familles, des amitiés, des nations, de la cité, qui veulent la naissance et la vie des sentiments harmonieux ; ils connaissent les vouloirs perdurables et les continûment lentes volitions des artistes, des savants et des philosophes qui dans les familles, dans les amitiés, dans les nations, dans la cité, veulent l'œuvre d'art, l'œuvre de science, l'œuvre de philosophie, l'œuvre désintéressée.
Il n'y a pas de désesppir, il n'y a pas de désespérance collective dans la cité harmonieuse où puisse trouver matière le courage des âmes collectives.
Mais la seule matière proposée au courage collectif dans la cité harmonieuse est la vie intérieure et le travail désintéressé.
Cette matière n'est pas insuffisante à ce que la vie des volitions soit dans les âmes harmonieuses active ainsi qu'il convient, puisque la vie intérieure dans la cité harmonieuse propose aux volitions individuelles et collectives tous les sentiments de la santé, des extrêmes joies de la présence aux suprêmes souffrances de l'absence, et puisque le travail à faire, individuel ou collectif, en art, en science et en philosophie est indéfini.
La matière et les fins harmonieuses ne sont pas insuffisantes à la vie des volitions dans les âmes harmonieuses.
Dans la cité harmonieuse, à présent que les volitions mésharmonieuses sont mortes et que la mémoire en est morte, les volitions harmonieuses emplissent et débordent les âmes vivantes, puisqu'elles ne sont plus écrasées par les volitions brutales de la lutte pour la vie corporelle et pour les passions de la maladie.
Ainsi les âmes harmonieuses ne connaissent pas ce que nous connaissons comme étant les énergies sauvages, farouches, désespérées des familles, des amis, des nations qui luttent pour la vie corporelle ; mais ils connaissent les vouloirs perdurables et les continûment lentes volitions des familles, des amitiés, des nations, de la cité, qui veulent la naissance et la vie des sentiments harmonieux ; ils connaissent les vouloirs perdurables et les continûment lentes volitions des artistes, des savants et des philosophes qui dans les familles, dans les amitiés, dans les nations, dans la cité, veulent l'œuvre d'art, l'œuvre de science, l'œuvre de philosophie, l'œuvre désintéressée.
Il n'y a pas de désesp.oir, il n'y a pas de désespérance collective dans la cité harmonieuse où puisse trouver matière le courage des âmes collectives.
Mais la seule matière proposée au courage collectif dans la cité harmonieuse est la vie intérieure et le travail désintéressé.
Cette matière n'est pas insuffisante à ce que la vie des volitions soit dans les âmes harmonieuses active ainsi qu'il convient, puisque la vie intérieure dans la cité harmonieuse propose aux volitions individuelles et collectives tous les sentiments de la santé, des extrêmes joies de la présence aux suprêmes souffrances de l'absence, et puisque le travail à faire, individuel ou collectif, en art, en science et en philosophie est indéfini.
La matière et les fins harmonieuses ne sont pas insuffisantes à la vie des volitions dans les âmes harmonieuses.
Dans la cité harmonieuse, à présent que les volitions mésharmonieuses sont mortes et que la mémoire en est morte, les volitions harmonieuses emplissent et débordent les âmes vivantes, puisqu'elles ne sont plus écrasées par les volitions brutales de la lutte pour la vie corporelle et pour les passions de la maladie.
Les volitions des âmes collectives dans la cité harmonieuse sont pures comme les volitions des âmes individuelles, c'est-à-dire que les âmes collectives ne veulent que la fin de leurs volitions et ne veulent que pour la fin de leurs volitions.
Les âmes collectives de la cité harmonieuse, les âmes familiales, amicales, nationales ne pensent pas à vouloir mieux que les âmes qui leur sont concitoyennes, parce qu'elles sont les concitoyennes et non pas les rivales des âmes leurs concitoyennes, parce qu'elles veulent parmi leurs concitoyennes les âmes et non pas contre leurs concitoyennes, parce qu'il ne convient pas que les âmes soient dérangées de leurs volitions par la pensée qu'elles veulent mieux que leurs concitoyennes.
Si les âmes voulaient pour vouloir mieux que leurs concitoyennes, leurs volitions seraient mêlées d'un élément étranger, et déformées; mais les âmes harmonieuses, individuelles et collectives, veulent ce qu'elles veulent pour ce qu'elles veulent.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour le vouloir, parce qu'elle n'est pas la cité des âmes jalouses pour le vouloir, mais la cité des
Times bonnes citoyennes, des bonnes ùmes, des âmes harmonieuses.
L'àme de la cité harmonieuse est d'ailleurs incomparable à toutes les âmes citoyennes; comme les âmes citoyennes harmonieuses elle veut du mieux qu'elle peut, de son mieux.
Et les âmes collectives de la cité harmonieuse, les âmes familiales, amicales, nationales ne pensent pas à vouloir pour se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise de la re nommé p ou ce que nous y appelons de la gloire, parce que la renommée est vaine et parce que la gloire est vaine, parce qu'il n'importe pas que nos volitions individuelles ou collectives soient connues comme étant de nous pourvu que nous les a3^ons faites du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les âmes soient dérangées de leurs volitions par la pensée qu'elles en auront de la renommée ou qu'elles en auront de la gloire.
Si les âmes voulaient pour avoir de la renommée ou pour avoir de la gloire, leurs volitions seraient mêlées d'un élément étranger, et déformées; mais les âmes harmonieuses, individuelles et collectives, veulent ce qu'elles veulent pour ce qu'elles veulent.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour le vouloir glorieux, parce qu'elle n'est pas la cité des âmes jalouses pour la renommée ou jalouses pour la gloire, mais la cité des bonnes âmes.
L'âme de la cité harmonieuse, comme les âmes citoyennes harmonieuses, veut de son mieux.
Et les âmes collectives de la cité harmonieuse, les âmes familiales, amicales, nationales ne pensent pas à vouloir pour se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise du mérite, parce que le mérite suppose le calcul des volitions et que les volitions individuelles ou collectives sont incalculables, parce que le souci du mérite est vain, parce que c'est déjà démériter que désirer ou que vouloir mériter, parce qu'il n'importe pas que nos volitions individuelles ou collectives soient, comme on dit, méritoires, parce qu'il n'importe pas que nous ayons mérité en les faisant, pourvu que nous les ayons faites du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les âmes soient dérangées de leurs volitions par la pensée qu'elles en auront du mérite.
Si les âmes voulaient pour avoir du mérite, leurs volitions seraient mêlées d'un élément étranger, et déformées; mais les âmes harmonieuses, individuelles et collectives, veulent ce qu'elles veulent pour ce qu'elles veulent.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour les volitions méritoires, parce qu'elle n'est pas la cité des âmes jalouses pour le mérite, mais la cité des bonnes âmes.
L'âme de la cité harmonieuse, comme les âmes citoyennes harmonieuses, veut de son mieux.
Enfin les âmes collectives de la cité harmonieuse, les âmes familiales, amicales, nationales ne pensent pas à vouloir pour se donner une volonté plus ferme, et plus forte, une volonté plus vivante, pour s'exercer la volonté, comme on disait dans la société mésharmonieuse, parce qu'il ne convient pas que les âmes soient dérangées de leurs volitions par la pensée que leur volonté en sera exercée; d'ailleurs les âmes harmonieuses n'ont pas peur que leurs volontés soient jamais défaillantes ; les volontés des âmes harmonieuses n'ont besoin d'aucun exercice.
Si les âmes voulaient pour exercer leur volonté, leurs volitions seraient mêlées d'un élément étranger, et déformées; mais les âmes harmonieuses, individuelles et collectives, veulent ce qu'elles veulent pour ce qu'elles veulent.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des exercices pour la volonté, parce qu'elle n'est pas la cité des âmes qui aient besoin d'exercice, mais la cité des bonnes âmes.
L'âme de la cité harmonieuse, comme les âmes citoyennes harmonieuses, veut de son mieux.
Tous les éléments étrangers sont bannis des volitions dans la cité harmonieuse ; les volitions des âmes harmonieuses individuelles et collectives sont pures d'éléments étrangers; les cito^^ens de la cité harmonieuse, les âmes harmonieuses veulent la fin de leurs volitions pour la fin de leurs volitions.
Les volitions des âmes harmonieuses, individuelles et collectives, sont harmonieuses entre elles, c'est-à-dire que les volitions des âmes se forment sans déformer les volitions des âmes leurs concitoyennes.
L'âme de la cité harmonieuse est harmonieuse aux âmes citoyennes, c'est-à-dire que ses volitions se forment sans déformer les volitions des âmes citoyennes.
Les vouloirs des âmes harmonieuses individuelles et collectives ne vont aux fins harmonieuses que par les moyens harmonieux.
Ainsi les volitions des âmes harmonieuses individuelles et collectives sont indépendantes et libres de tout ; elles sont pures de tous éléments étrangers ; elles sont harmonieuses entre elles dans la même àme et d'âmes en âmes.
Les Yolitions des âmes harmonieuses individuelles et collectives n'interviennent pas dans la vie des âmes comme des éléments étrangers, comme des éléments importés du dehors, mais elles sont des éléments intérieurs aux âmes harmonieuses.
Les volitions des âmes harmonieuses leur viennent du dedans, de leur dedans.
Les volitions des âmes harmonieuses individuelles et collectives n'interviennent pas dans la vie des âmes comme des éléments non vivants, comme des éléments morts ou comme des éléments qui ne sont pas nés, mais elles sont des éléments vivants dans les âmes vivantes.
Les volitions des âmes harmonieuses leur sont vivantes en leur vie harmonieuse.
Les volitions des âmes harmonieuses individuelles et collectives n'interviennent pas dans la vie des âmes comme des sursauts, mais elles sont des éléments continus dans les âmes à la vie continue.
Les volitions des âmes harmonieuses leur sont continues en leur vie continûment harmonieuse.
Ainsi les âmes harmonieuses individuelles et collectives ne connaissent pas les volitions désespérées, les volitions commandées, les volitions étrangères, les volitions non vivantes, les volitions brusques et soudaines; les volitions des âmes harmonieuses leur sont intérieures et personnelles, vivantes, continues.
Les décisions des âmes harmonieuses individuelles et collectives ne sont pas prises, comme on disait dans la société désharmoriieuse, à la majorité des suffrages, mais les volitions sont voulues par les âmes harmonieuses quand elles sont mûres pour que les âmes les veulent, quand elles sont en forme à ce que les âmes s'y conforment.
Ainsi les âmes citoyennes en la cité harmonieuse ne connaissent pas la mise en balance des suffrages, la comparaison des x:otes, la loi des majorités, le respect des minorités, les scrutins, parce que cette mise en balance est fondée sur le calcul des suffrages, et que la valeur des suffrages est incalculable.
Mais les volitions des âmes harmonieuses individuelles et collectives sont les maturations des éléments vivants en ces âmes vivantes.
Les volitions ne sont pas survenantes à la vie des âmes harmonieuses, mais elles sont présentes et demeurantes en la vie de ces âmes.
Les volitions des âmes harmonieuses individuelles et collectives ne sont pas survenantes à la vie des sentiments harmonieux, mais elles sont présentes et demeurantes aux sentiments vivants.
Les volitions harmonieuses des âmes individuelles et des âmes collectives sont inséparablement et continûment fondues aux sentiments harmonieux ; et ainsi naissent et croissent les vies intérieures des âmes harmonieuses, ainsi est fait le travail désintéressé dans la cité harmonieuse.
L'effet des volitions harmonieuses aux âmes individuelles et collectives est que les âmes harmonieuses naissent et croissent en force et selon la beauté qui leur est personnelle, et qu'elles font le travail désintéressé.
L'effet des volitions harmonieuses aux âmes harmonieuses est que ces âmes deviennent au mieux ce qu'elles sont et font de leur mieux le travail désintéressé.
Le travail désintéressé est le travail que les citoyens font quand la vie corporelle de la cité est assurée.
Ainsi l'art, la science, la philosophie sont des travaux désintéressés. *
Le travail désintéressé est fait pendant le long loisir que la cité harmonieuse laisse aux citoyens.
Le travail désintéressé partage avec la vie intérieure le loisir des citoyens.
Le travail désintéressé est indépendant et libre de tout dans la cité harmonieuse, parce qu'il ne convient pas que le travail désintéressé soit commandé par ce qui pourrait en déformer l'œuvre ou l'effet ; en particulier il ne convient pas que même un seul travail désintéressé soit commandé par un individu, par un peuple, par la cité.
Ainsi l'art, la science, la philosophie sont dans la cité harmonieuse des travaux indépendants et libres faits par des travailleurs volontaires.
Les citoyens de la cité harmonieuse, les âmes harmonieuses individuelles et collectives partagent comme ils veulent de leur mieux leur loisir à la vie intérieure et au travail désintéressé.
Comme les ouvriers de la cité harmonieuse n'ont pas inventé la matière proposée à leur activité, comme les citoyens de la cité harmonieuse n'ont pas inventé les sentiments de la santé, ainsi les citoyens de la cité harmonieuse n'ont pas inventé le travail désintéressé, mais l'ont reçu en héritage de la société désharmonieuse.
Ainsi l'art, la science, la philosophie sont venus en héritage aux citoyens de la cité harmonieuse.
Je nomme ainsi le travail « désintéressé )) parce que ce travail nest pas nécessaire pour que les ouvriers assurent la vie corporelle de ht cité harmonieuse et pour cfie la cité asswe la vie corporelle des citoyens.
L'art, la science, la philosophie ne sont pas nécessaires pour que les vies corporelles soient assurées dans la cité.
L'art, la science, la philosophie ne tendent pas à ce que les vies corporelles soient assurées dans la cité.
L'art est le travail par quoi les artistes font les œuvres d'art.
Les œuvres d'art sont indépendantes et libres de tout dans la cité harmonieuse, parce qu'il ne convient pas que l'art soit commandé par ce qui pourrait en déformer les œuvres; en particulier il ne convient pas qu'un seul travail d'art soit commandé par la cité, par un peuple, par un individu.
Rien d'extérieur aux œuvres d'art ne commande le travail des artistes.
Personne aussi n'a commandement sur le travail des artistes.
Dans la cité harmonieuse les artistes ne font pas les œuvres d'art pour assurer leur vie corporelle, parce qu'il ne convient pas que les artistes soient dérangés de leur travail par le souci d'assurer leur vie corporelle; mais s'ils sont ouvriers ils travaillent pour assurer la vie corporelle de la cité, comme citoyens ils ont leur vie corporelle assurée par la cité harmonieuse, et comme artistes ils font les œuvres d'art.
Dans la cité harmonieuse les artistes ne font pas les œuvres d'art pour assurer la vie corporelle de personne autour d'eux, parce qu'il ne convient pas que les artistes soient dérangés de leur travail, et puisque la cité harmonieuse assure la vie corporelle à tous les citoyens.
Ainsi les artistes sont soustraits dans la cité harmonieuse à tout souci d'assurer la vie corporelle.
Le travail des artistes est pur dans la cité harmonieuse, c'est-à-dire que les artistes ne travaillent que pour faire de leur mieux les œuvres d'art.
Les artistes ne pensent pas à travailler mieux que les artistes qui leur sont concitoyens, parce qu'ils sont les concitoyens et non pas les rivaux des artistes leurs concitoyens, parce qu'ils travaillent parmi leurs concitoyens les artistes et non pas contre leurs concitoyens, parce qu'il ne convient pas que les artistes soient dérangés de leur travail par la pensée qu'ils travaillent mieux que leurs concitoyens.
Si les artistes travaillaient pour travailler mieux que leurs concitoyens, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leurs œuvres en seraient déformées ; mais les artistes dans la cité harmonieuse travaillent à faire de leur mieux les œuvres d'art.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour les œuvres d'art, parce qu'elle n'est pas la cité des âmes jalouses pour les œuvres d'art, mais la cité des bons artistes.
Et les artistes ne pensent pas dans la cité harmonieuse à travailler pour se donner ce que nous appelons dans la
société bourgeoise de la renommée ou ce que nous y appelons de la fjloire, parce que la renommée est vaine et parce que la gloire est vaine, parce qu'il n'importe pas que nos œuvres soient au bas signées de nos noms pourvu que nous les ayons faites du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les artistes soient dérangés de leur travail par la pensée qu'ils en auront de la renommée ou qu'ils en auront de la gloire.
Si les artistes travaillaient pour avoir de la renommée ou pour avoir de la gloire, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leurs œuvres en seraient déformées ; mais les artistes dans la cité harmonieuse travaillent à faire de leur mieux les œuvres d'art.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour les œuvres d'art glorieuses, parce qu'elle n'est pas la cité des âmes jalouses pour la renommée ou jalouses pour la gloire, mais la cité des bons artistes.
Et les artistes ne pensent pas dans la cité harmonieuse à travailler pour se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise du mérite, parce que le mérite suppose le calcul des valeurs et que les valeurs d'art sont incalculables, parce que le souci du mérite est vain, parce que c'est déjà démériter que désirer ou que vouloir mériter, parce qu'il n'importe pas que nos œuvres soient, comme on dit, méritoires, parce qu'il n'importe pas que nous ayons mérité en les faisant, pourvu que nous les ayons faites du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les artistes
soient distraits de leurs volitions et de leurs travaux par la pensée qu'ils en auront du mérite.
Si les artistes travaillaient pour avoir du mérite, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leurs œuvres en seraient déformées ; mais les artistes dans la cité harmonieuse travaillent à faire de leur mieux les œuvres d'art.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour les œuvres d'art méritoires, parce qu'elle n'est pas la cité des âmes jalouses pour le mérite, mais la cité des bons artistes.
Enfin les artistes ne pensent pas dans la cité harmonieuse à travailler pour se donner un exercice d'art, pour s'exercer le génie ou le talent, comme on disait dans la société désharmonieuse, parce qu'il ne convient pas que les artistes soient dérangés de leur travail par la pensée qu'ils en auront de l'exercice.
Si les artistes travaillaient pour exercer leur génie ou leur talent, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leurs œuvres en seraient déformées ; mais les artistes dans la cité harmonieuse travaillent à faire de leur mieux les œuvres d'art.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations ou des exercices pour le génie ou pour le talent, parce que la cité harmonieuse est la cité des bons artistes.
Tous les éléments étrangers sont bannis des œuvres dans la cité harmonieuse ; les œuvres d'art individuelles et collectives sont dans la cité harmonieuse pures d'éléments étrangers; les artistes dans la cité harmonieuse travaillent de leur mieux à faire les œuvres d'art.
Les œuvres d'art sont faites pour elles-mêmes en la cité harmonieuse.
En particulier les œuvres de l'art ne sont pas faites pour donner aux citoyens de la cité harmonieuse le renseignement sur le réel comme il est proposé à leur connaissance, parce que cette fonction est la fonction de la science; mais les œuvres de l'art sont faites pour elles-mêmes et ainsi elles donnent aux citoyens de la cité harmonieuse des renseignements sur le réel proposé à la connaissance des artistes.
Le réel proposé à la connaissance des artistes est la matière où les artistes choisissent la matière de leurs œuvres ; et par le travail des artistes la matière de l'art devient l'œuvre de l'art sans avoir été faussée, par le travail des artistes la matière de l'art est mise en forme d'art sans avoir été déformée de sa forme.
Les œuvres d'art sont faites pour elles-mêmes dans la cité harmonieuse par les artistes, et ainsi elles donnent aux citoyens des renseignements sur la matière proposée à la connaissance et au travail des artistes.
Et en particulier les œuvres d'art ne sont pas faites pour donner aux citoyens de la cité harmonieuse le sentiment et la connaissance de la beauté, parce que le sentiment et la connaissance de la beauté viennent sans art aux citoyens de la cité harmonieuse ; mais les œuvres de Tart sont faites pour elles-mêmes et ainsi elles donnent aux citoyens de la cité harmonieuse une ressouvenance, un ressentiment de la beauté.
La beauté proposée au désir de l'artiste n'est pas comme un idéal où il choisirait la forme de son œuvre ; mais l'œuvre naît et croît en l'âme de l'artiste en force et selon la beauté qui lui est personnelle.
L'œuvre d'art' est faite pour elle-même en la cité harmonieuse, et ainsi elle donne aux citoyens la ressouvenance delà beauté.
Les œuvres de^ artistes individuels et collectifs dans la cité harmonieuse sont harmonieuses entre elles, c'està-dire que les œuvres des artistes se forment sans déformer les œuvres des artistes leurs concitoyens.
Les œuvres harmonieuses d'art ne déforment jamais les œuvres leurs concitoyennes.
Ainsi les œuvres des artistes iiidivi(iuels et collectifs dans la cité harmonieuse sont indépendantes et libres de tout; elles sont pures de tous éléments étrangers; elles sont faites pour elles-mêmes; elles sont harmonieuses entre elles dans la même âme et d'âmes en âmes.
Les œuvres des artistes individuels et collectifs dans la cité harmonieuse n'interviennent pas dans la vie des artistes comme des éléments étrangers, comme des éléments importés du dehors, mais elles naissent et croissent intérieures aux âmes harmonieuses.
Les œuvres des artistes leur viennent du dedans, de leur dedans.
Les œuvres des artistes individuels et collectifs dans la cité harmonieuse n'interviennent pas dans la vie des artistes comme des éléments non vivants, comme des éléments morts ou comme des éléments qui ne sont pas nés, mais elles naissent et vivent dans les âmes vivantes.
Les œuvres des artistes leur sont vivantes en leur vie harmonieuse.
Les œuvres des artistes individuels et collectifs dans la cité harmonieuse n'interviennent pas dans la vie des artistes comme des sursauts, mais elles naissent et jusqu'à ce qu'elles soient devenues parfaites elles vivent continûment dans les âmes à la vie continue.
Les œuvres des artistes leur sont continues en leur vie continûment harmonieuse de l'époque où elles sont nées à l'époque où elles sont devenues parfaites.
Ainsi les âmes harmonieuses individuelles et collectives ne connaissent pas les œuvres d'art commandées, les œuvres d'art étrangères, les œuvres d'art non vivantes, les œuvres d'art brusques et soudaines; les œuvres d'art naissent et sont dans la cité harmonieuse intérieures et personnelles aux âmes, vivantes aux âmes vivantes, continues aux âmes continues.
Les artistes dans la cité harmonieuse ont parmi les citoyens connaissance du réel proposé à la connaissaQce des citoyens, c'est-à-dire qu'ils connaissent de leur mieux les non-vivants, les vivants non animés et les vivants animés ; ils connaissent en particulier les sentiments et les volitions des vivants animés.
Le réel ainsi connu est la matière d'où naissent et croissent les œuvres d'art.
Puisque les non-vivants ne sont pas matière à la santé ou à la maladie, et puisque les maladies des vivants sont bannies de la cité harmonieuse, les citoyens de la cité harmonieuse et en particulier les artistes ne connaissent pas ce que nous nommons dans la société mésharmonieuse les maladies.
Ainsi le réel proposé à la connaissance des artistes dans la cité harmonieuse est du réel en santé ou du moins du réel sans maladie.
Le réel d'où naissent et croissent les œuvres d'art dans la cité harmonieuse est du réel sans maladie et le plus souvent du réel en santé.
Le réel ainsi connu par les artistes dans la cité harmonieuse, étant du réel sans maladie et pour la plupart du réel en santé, est connu d'une connaissance ellemême saine et qui est un élément en santé dans les âmes à la vie saine.
Ainsi les âmes des artistes ne sont pas déformées par la connaissance du réel d'où naissent et croissent les œuvres d'art.
Le réel ainsi connu des artistes en la cité harmonieuse est la matière d'où naissent les œuvres d'art.
Comme les corps des vivants naissants naissent dans les corps des vivants adultes, et comme les âmes des vivants animés naissants naissent aux âmes des vivants animés adultes, presque ainsi les œuvres d'art naissent aux âmes des artistes. Le réel connu des artistes se forme en leur àme en naissance d'art, en naissance d'œuvre, en œuvre d'art naissante, et puisque ce réel est en santé dans la cité harmonieuse l'œuvre aussi est en santé à sa naissance, l'œuvre naît en santé.
Ainsi les œuvres d'art naissent en santé aux âmes des artistes en la cité harmonieuse.
Et que la naissance des œuvres soit douloureuse ou non, elle est saine.
Tandis que les corps des vivants qui sont nés ne demeurent pas jusqu'à la fin de leur adolescence dans les corps où ils sont nés, tandis que les âmes des vivants animés se séparent en partie avant la fin de l'adolescence, les œuvres d'art qui sont nées demeurent jusqu'à ce qu'elles soient parfaites aux âmes des artistes qui les ont conçues.
Ainsi les œuvres nées aux âmes des artistes croissent en ces âmes leur entière adolescence.
Dans la cité harmonieuse les œuvres naissent et croissent aux âmes des artistes en force et selon la beauté qui leur est personnelle jusqu'à ce qu'elles aient fini leur adolescence et qu'elles soient devenues adultes, jusqu'à ce qu'elles soient devenues parfaites, jusqu'à ce qu'elles soient devenues conformes à leur beauté personnelle.
Dans la cité harmonieuse les artistes aiment et veulent la naissance et la croissance de leurs œuvres, douloureuses ou non ; ainsi les œuvres naissent et croissent aimées et voulues par les âmes où elles sont en résidence.
Quand les œuvres sont ainsi devenues conformes à la beauté qui leur est personnelle, quand elles sont parfaites, les artistes les donnent à leurs concitoyens.
Quand les œuvres sont devenues parfaites aux âmes des artistes, les artistes les donnent aux âmes de leurs concitoyens.
Pour donner aux âmes de leurs concitoyens les œuvres qui sont parfaites en leurs âmes, les artistes sont forcés de les reproduire.
Les artistes reproduisent les œuvres qui sont parfaites en leur âme en se servant de la matière et du mouvement; ils combinent la matière et les mouvements de la matière de manière à imiter de leur mieux l'œuvre qu'ils ont parfaite en l'âme.
Les concitoyens des artistes connaissent les reproductions ainsi faites et en leur âme ils peuvent restituer l'œuvre d'art elle-même.
Les artistes apprennent comme ils peuvent auprès des artistes leurs aines à reproduire les œuvres qu'ils ont parfaites en l'âme.
Les artistes sont individuels ou collectifs, c'est-à-dire que les œuvres d'art naissent et croissent aux âmes individuelles et aux âmes collectives.
Les œuvres d'art naissent et croissent aux âmes individuelles, aux âmes familiales, aux âmes amicales, aux âmes nationales, et en l'âme de la cité.
La société désharmonieuse n'avait pas ignoré les œuvres d'art collectives : ainsi les compagnons tailleurs de pierre avaient en compagnie bâti les cathédrales et les maisons de villes.
La science est l'enquête que les savants font sur le réel proposé à la connaissance des citoyens.
Les sciences particulières sont les enquêtes que des savants font sur les parties du réel proposé à la connaissance des citoyens.
La science, et en particulier chaque science particulière est indépendante et libre de tout dans la cité harmonieuse, parce qu'il ne convient pas que la science ou qu'une science particulière soit commandée par ce qui pourrait fausser la connaissance; en particulier il ne convient pas qu'un seul travail de science soit commandé par la cité, par un peuple, par un individu.
Rien d'extérieur à la science ne commande le travail des savants.
Personne aussi n'a commandement sur le travail des savants.
Dans la cité harmonieuse les savants ne font pas leur enquête pour assurer leur vie corporelle, parce qu'il ne convient pas que les savants soient dérangés de leur travail par le souci d'assurer leur vie corporelle ; mais s'ils sont ouvriers ils travaillent pour assurer la vie corporelle de la cité, comme citoyens ils ont leur vie corporelle assurée par la cité harmonieuse, et comme savants ils font leur enquête sur le réel proposé à la connaissance des citoyens.
Dans la cité harmonieuse les savants ne font pas leur enquête pour assurer la vie corporelle de personne autour d'eux, parce qu'il ne convient pas que les savants soient dérangés de leur travail, et puisque la cité harmonieuse assure la vie corporelle à tous les citoyens.
Ainsi les savants sont soustraits dans la cité harmonieuse à tout souci d'assurer la vie corporelle.
La cité harmonieuse pour, assurer sa vie corporelle utilise les travaux des savants ; à mesure que les savants avancent dans la connaissance du réel proposé à la connaissance des citoyens, la cité utilise leur progrès en particulier pour avancer dans l'usage des machines matérielles par qui le travail industriel est facilité aux ouvriers.
Ainsi les ouvriers utilisent les travaux des savants pour assurer la vie corporelle de la cité harmonieuse ; mais les savants font leur enquête sur le réel proposé à la connaissance des citoyens.
Les savants ne pensent pas à l'usage que les ouvriers font de leurs travaux, parce qu'il ne convient pas que les savants soient dérangés de leur enquête par la pensée qu'elle sert aux ouvriers pour assurer la vie corporelle de la cité.
Le travail des savants est pur dans la cité harmonieuse, c'est-à-dire que les savants ne travaillent que pour faire de leur mieux leur enquête sur le réel proposé à la connaissance des citoyens.
Le travail des savants est pur dans la cité harmonieuse par ce que les savants ne pensent pas à l'usage que la cité fait de leurs travaux pour assurer sa vie corporelle.
Et les savants ne pensent pas à travailler mieux que les savants qui leur sont concitoyens, parce qu'ils sont les concitoyens et les collaborateurs et non pas les rivaux des savants leurs concitoyens, parce qu'ils travaillent avec leurs concitoyens les savants et non pas contre leurs concitoyens, parce qu'il ne convient pas que les savants soient dérangés de leur travail par la pensée qu'ils travaillent mieux que leurs concitoyens.
Si les savants travaillaient pour travailler mieux que leurs concitoyens, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leur enquête en serait faussée ; mais les savants dans la cité harmonieuse travaillent à faire de leur mieux leur enquête.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour les travaux des sciences, parce qu'elle n'est pas la cité des savants jaloux pour les travaux des sciences, mais la cité des bons savants.
Et les savants ne pensent pas dans la cité harmonieuse à travailler pour se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise de la renommée ou ce que nous y appelons de la gloire, parce que la renommée est vaine et parce que la gloire est vaine, parce qu'il n'importe pas que nos travaux soient connus comme étant de nous pourvu que nous les ayons faits du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les savants soient dérangés de leur travail par la pensée qu'ils en auront de la renommée ou qu'ils en auront de la gloire.
Si les savants travaillaient pour avoir de la renommée ou pour avoir de la gloire, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leur enquête en serait faussée ; mais les savants dans la cité harmonieuse travaillent à faire de leur mieux leur enquête.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour les travaux glorieux des sciences, parce qu'elle n'est pas la cité des savants jaloux pour la renommée ou jaloux pour la gloire, mais la cité des bons savants.
Et les savants ne pensent pas dans la cité harmonieuse à travailler pour se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise du mérite, parce que le mérite suppose le calcul des valeurs et que les valeurs
des travaux sont incalculables, parce que le souci du mérite est vain, parce que c'est déjà démériter que désirer ou que vouloir mériter, parce qu'il n'importe pas que nos travaux soient, comme on dit, méritoires, parce qu'il n'importe pas que nous ayons mérité en les faisant, pourvu que nous les ayons faits du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les savants soient dérangés de leurs volitions et de leurs travaux par la pensée qu'ils en auront du mérite .
Si les savants travaillaient pour avoir du mérite, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leur enquête en serait faussée, mais les savants dans la cité harmonieuse travaillent de leur mieux à faire leur enquête.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour les travaux méritoires des sciences, parce qu'elle n'est pas la cité des savants jaloux pour le mérite, mais la cité des bons savants.
Enfin les savants ne pensent pas dans la cité harmonieuse à travailler pour se donner un exercice de science, pour s'exercer le génie ou le talent, comme on disait dans la société désharmonieuse, parce qu'il ne convient pas que les savants soient dérangés de leur travail par la pensée qu'ils en auront de l'exercice.
Si les savants travaillaient pour exercer leur génie ou leur talent, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leur enquête en serait faussée; mais les savants dans la cité harmonieuse travaillent à faire de leur mieux leur enquête.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations ou des exercices pour le génie ou pour le talent, parce que la cité harmonieuse est la cité des bons savants.
Tous les éléments étrangers sont bannis de la science et des sciences particulières dans la cité harmonieuse; les travaux des savants individuels et collectifs sont dans la cité harmonieuse purs d'éléments étrangers; les savants dans la cité harmonieuse travaillent de leur mieux à faire leur enquête.
Cette enquête est faite pour avoir la connaissance du réel proposé dans la cité harmonieuse à la connaissance des citoyens.
Ainsi la science est l'enquête que les savants font pour donner aux citoyens de la cité harmonieuse le renseignement sur le réel comme il est proposé à leur connaissance.
Les sciences particulières sont les enquêtes que les savants font pour donner aux citoyens de la cité harmonieuse les renseignements sur les parties du réel comme il est proposé à leur connaissance.
Les sciences particulières où travaillent les savants dans la cité harmonieuse sont les sciences critiques, les sciences mathématiques, les sciences mécaniques, les sciences physiques, les sciences naturelles, les sciences psychiques, les sciences sociales.
La biologie est Fensemble des sciences naturelles; la sociologie est l'ensemble des sciences sociales .
Les sciences critiques sont les sciences de la connaissance; les criticiens font de leur mieux leur enquête sur la connaissance que nous pouvons avoir du réel proposé à la connaissance des citoyens.
Puisque ce sont les âmes qui ont la connaissance et puisque les âmes ont souvent connaissance par leur corps, les criticiens sont conduits à enquêter sur les âmes et sur les corps ; mais puisque les âmes et les corps sont en santé dans la cité harmonieuse les criticiens de la cité harmonieuse ne peuvent enquêter que sur des âmes saines et sur des corps en santé ; ils ne font aucune expérience qui puisse déformer les âmes ou les corps ; ils n'étudient que la connaissance saine.
Les criticiens de la cité harmonieuse ont reçu en héritage les résultats de l'enquête que les criticiens avaient faite sur la connaissance saine en la cité qui n'était pas harmonieuse encore.
Ainsi les criticiens de la cité harmonieuse ont hérité des criticiens précédents sous bénéfice d'inventaire, comme on disait.
Les mathématiciens font de leur mieux leur enquête sur les objets mathématiques proposés à la connaissance des citoyens.
Les mathématiciens de la cité harmonieuse ont reçu en héritage les résultats de l'enquête que les mathématiciens avaient faite en la cité non harmonieuse encore sur les objets mathématiques proposés à la connaissance des citoyens.
Ainsi les mathématiciens de la cité harmonieuse ont reçu et ont accepté tout l'héritage des anciens mathématiciens.
Les mécaniciens font de leur mieux leur enquête sur les objets mécaniques, c'est-à-dire sur les objets de masse et de mouvement proposés à la connaissance des citoyens.
Les mécaniciens de la cité harmonieuse ont reçu en héritage les résultats de l'enquête que les mécaniciens avaient faite en la cité non harmonieuse encore sur les objets mécaniques proposés à la connaissance des citoyens.
Ainsi les mécaniciens de la cité harmonieuse ont reçu et ont accepté tout l'héritage des anciens mécaniciens.
Les physiciens et en particulier les chimistes font de leur mieux leur enquête sur les objets physiques, c'està-dire sur les objets de matière et de mouvement proposés à la connaissance des citoyens.
Les physiciens de la cité harmonieuse ont reçu en héritage les résultats de Tenquête que les physiciens avaient faite en la cité non harmonieuse encore sur les objets physiques proposés à la connaissance des citoyens.
Ainsi les physiciens de la cité harmonieuse ont reçu et ont accepté tout l'héritage des anciens physiciens.
Les naturalistes font de leur mieux leur enquête sur les corps des vivants proposés à la connaissance des cito^^ens.
Les naturalistes de la cité harmonieuse ont reçu en héritage les résultats de l'enquête que les naturalistes avaient faite sur les organes sains et sur les fonctions saines des corps vivants proposés à la connaissance des naturalistes dans la société qui n'était pas harmonieuse encore.
Ainsi les naturalistes de la cité harmonieuse n'ont accepté l'héritage des anciens naturalistes que sous le bénéfice d'inventaire ; ils ont renié de cet héritage toutes les connaissances de toutes les maladies corporelles.
Les naturalistes de la cité harmonieuse ne connaissent et n'étudient que les organes et les fonctions qui sont" de la santé; ils ne font aucune expérience qui puisse déformer les corps des vivants animés ; ils n'ont pas connaissance de ce que nous connaissons comme étant les maladies des corps.
Les psychologues font de leur mieux leur enquête sur les âmes des vivants animés proposés à la connaissance des citoyens.
Les psychologues de la cité harmonieuse ont reçu en héritage les résultats deTenquête que les psychologues avaient faite sur les organes sains et sur les fonctions saines des âmes vivantes proposées à la connaissance des psychologues dans la société qui n'était pas harmonieuse encore.
Ainsi les psychologues de la cité harmonieuse n'ont accepté l'héritage des anciens psychologues leurs aînés que sous bénéfice d'inventaire; ils ont renié de cet héritage toutes les connaissances de toutes les maladies d'âmes.
Les psychologues de la cité harmonieuse ne connaissent et n'étudient que les organes et les fonctions qui sont de la santé; en particulier ils n'étudient que les sentiments et les volitions qui sont de la santé ; ils ne font aucune expérience qui puisse déformer les âmes des vivants animés; ils n'ont pas connaissance de ce que nous connaissons comme étant les maladies des âmes.
1896 xiii
Les sociologues font de leur mieux leur enquête sur les citoA^'ens et sur la cité proposée à la connaissance des cito3"ens.
Les sociologues de la cité harmonieuse ont reçu en héritage les résultats de l'enquête que les sociologues avaient faite sur les citoyens et sur les cités, sur les individus et sur les peuples proposés à la connaissance des sociologues dans la société qui n'était pas harmonieuse encore.
Mais les sociologues de la cité harmonieuse n'ont accepté l'héritage des sociologues leurs aînés que sous bénéfice d'inventaire; ils ont renié de cet héritage toutes les connaissances de toutes les maladies sociales.
Les socioloo-ues de la cité harmonieuse ne connaissent et n'étudient que les organes et les fonctions qui sont de la santé sociale; en particulier ils n'étudient que les sentiments sociaux et les volitions sociales qui sont de la santé; ils ne font aucune expérience malsaine, c'est-à-dire aucune expérience qui puisse déformer les âmes ou les corps des vivants animés; ils n'ont pas connaissance de ce que nous connaissons comme étant les maladies sociales.
En particulier les historiens de la cité harmonieuse ne connaissent que l'histoire de la cité harmonieuse; ils ne' connaissent pas l'histoire des animalités et des humanités mésharmonieuses, ils ne connaissent pas la malsaine histoire des mensonges, des haines et des jalousies; et ils ne connaissent pas l'histoire des efforts par quoi fut préparée la naissance et la vie de la cité harmonieuse, ils ne connaissent pas l'histoire des justices et des charités. Les citoyens de la cité harmonieuse ne connaissent pas le pardon, puisqu'ils ont l'oubli.
Les savants sont individuels ou collectifs, c'est-à-dire que l'enquête est faite sur le réel et sur les parties du réel proposé à la connaissance des citoyens par des âmes individuelles et par des âmes collectives.
Mais la science est collective, c'est-à-dire que tous les travaux faits par les savants continuent la même enquête; les résultats des travaux précédents sont à la disposition des savants suivants et des citoyens et de la cité; les résultats des travaux suivants s'ajoutent sans cesse aux résultats des travaux précédents.
Ainsi l'enquête des savants individuels et collectifs dans la cité harmonieuse est indépendante et libre de tout ; elle est pure de tous éléments étrangers ; elle est faite pour donner aux citoyens le renseignement sur le réel proposé à leur connaissance; elle est collective par ce qu'elle est continuée la même par le même savant et de savants en savants.
Les savants qui assemblent pour en constituer les résultats généraux de la science les résultats particuliers des sciences particulières ne pensent pas qu'ils travaillent mieux que leurs collaborateurs les savants particuliers, puisque les citoyens de la cité harmonieuse ne pensent pas à classer les travaux en travaux majeurs et travaux mineurs.
Les artistes ne pensent pas qu'ils travaillent mieux que leurs concitoyens les savants et les savants ne pensent pas qu'ils travaillent mieux que leurs concitoyens les artistes, puisque les citoyens de la cité harmonieuse ne pensent pas à classer les travaux en travaux majeurs et travaux mineurs.
L'enquête des savants individuels et collectifs dans la cité harmonieuse intervient dans la vie des savants comme un élément étranger, comme un élément importé du dehors et tendu au dehors.
L'enquête des savants individuels et collectifs dans la cité harmonieuse intervient dans la vie des savants comme un élément non vivant.
L'enquête des savants individuels et collectifs dans la cité harmonieuse n'intervient pas dans la vie des savants par sursauts, mais elle est continue et continuée par le même savant et de savants en savants.
Pour que leur enquête soit continuée perdurable et que les résultats s'en accroissent perdurablement les savants enseignent à ceux de leurs concitoyens qui le veulent où ils en sont de leur enquête et comme il convient de la continuer ; ainsi les savants ont des élèves et les nouveaux savants continuent l'enquête commencée par les savants leurs maîtres.
Les artistes n'ont pas d'élèves.
La philosophie est l'art de la science.
Une philosophie est une œuvre d'art dont la science est la matière.
La philosophie est indépendante et libre de tout dans la cité harmonieuse, parce qu'il ne convient pas que la philosophie soit commandée par ce qui pourrait déformer son œuvre; en particulier il ne convient pas qu'un |t: seul travail de philosophie soit commandé par la cité, par mi peuple, par un individu.
Rien d'extérieur à la philosophie ne commande le travail des philosophes.
Personne aussi n'a commandement sur le travail des philosophes.
Dans la cité harmonieuse les philosophes ne font pas leur œuvre pour assurer leur vie corporelle, parce qu'il ne convient pas que les philosophes soient distraits de leur travail par le souci d'assurer leur vie corporelle; mais s'ils sont ouvriers ils travaillent pour assurer la vie corporelle de la cité, comme citoyens ils ont leur vie corporelle assurée par la cité harmonieuse, et comme étant philosophes ils font leur œuvre.
Dans la cité harmonieuse les philosophes ne font pas leur œuvre pour assurer la vie corporelle de personne autour d'eux, parce qu'il ne convient pas que les philosophes soient distraits de leur travail, et puisque la cité harmonieuse assure la vie corporelle à tous les citoyens.
Ainsi les philosophes sont soustraits dans la cité harmonieuse à tout souci d'assurer la vie corporelle.
Le travail des philosophes est pur dans la cité harmonieuse, c'est-à-dire que les philosophes ne travaillent que pour faire leur œuvre de leur mieux.
Les philosophes ne pensent pas à travailler mieux que les philosophes qui leur sont concitoyens, parce qu'ils sont comme les savants les concitoyens et les collaborateurs et non pas les rivaux des philosophes leurs concitoyens, parce qu'ils sont comme les artistes les concitoyens et non pas les rivaux des philosophes leurs concitoyens, parce qu'ils travaillent comme les savants avec leurs concitoyens les philosophes et non pas contre leurs concitoyens, parce qu'ils travaillent comme les artistes parmi leurs concitoyens les philosophes et non pas contre leurs concitoyens, parce qu'il ne convient pas que les philosophes soient distraits de leur travail par la pensée qu'ils travaillent mieux que leurs concitoyens.
Si les philosophes travaillaient pour travailler mieux que leurs concitoyens, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leur œuvre en serait déformée; mais les philosophes dans la cité harmonieuse travaillent à faire leur œuvre de leur mieux.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émula-
tions pour les philosophies, parce qu'elle n'est pas la cité des philosophes jaloux pour les philosophies, mais la cité des bons philosophes.
Et les philosophes comme les savants et comme les artistes ne pensent pas dans la cité harmonieuse à travailler pour se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise de la renommée ou ce que nous y appelons de la gloire, parce que la renommée est vaine et parce que la gloire est vaine, parce qu'il n'importe pas que nos travaux soient connus comme étant de nous et que nos œuvres soient au bas signées de nos noms pourvu que nous les ayons faites du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les philosophes soient distraits de leur travail par la pensée qu'ils en auront de la renommée ou qu'ils en auront de la gloire.
Si les philosophes travaillaient pour avoir de la renommée ou pour avoir de la gloire, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leur œuvre en serait faussée ; mais les philosophes dans la cité harmonieuse travaillent à faire leur œuvre de leur mieux.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour les philosophies glorieuses, parce qu'elle n'est pas la cité des philosophes jaloux pour la renommée ou jaloux pour la gloire, mais la cité des bons philosophes.
Et les philosophes ne pensent pas dans la cité harmonieuse à travailler pour se donner ce que nous appelons dans la société bourgeoise du mérite, parce que le
mérite suppose le calcul des valeurs et que les valeurs des travaux et des œuvres sont incalculables, parce que le souci du mérite est vain, parce que c'est déjà démériter que désirer ou que vouloir mériter, parce qu'il n'importe pas que nos travaux et nos œuvres soient, comme on dit, méritoires, parce qu'il n'importe pas que nous ayons mérité en les faisant pourvu que nous les ayons faites du mieux que nous avons pu, parce qu'il ne convient pas que les philosophes soient distraits de leurs volitions et de leurs travaux par la pensée qu'ils en auront du mérite.
Si les philosophes travaillaient pour avoir du mérite, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leur œuvre en serait déformée; mais les philosophes dans la cité harmonieuse travaillent à faire leur œuvre de leur mieux.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations pour les philosophies méritoires, parce qu'elle n'est pas la cité des philosophes jaloux pour le mérite, mais la cité des bons philosophes.
Enfin les philosophes ne pensent pas dans la cité harmonieuse à travailler pour se donner un exercice de philosophie, pour s'exercer le génie ou le talent, comme on disait dans la société désharmonieuse, parce qu'il ne convient pas que les philosophes soient distraits de leur travail par la pensée qu'ils en auront de l'exercice.
Si les philosophes travaillaient pour exercer leur génie ou leur talent, leurs travaux seraient mêlés d'un élément étranger, et leur œuvre en serait déformée ;
mais les philosophes dans la cité harmonieuse travaillent à faire leur œuvre de leur mieux.
Ainsi la cité harmonieuse n'est pas la cité des émulations ou des exercices pour le génie ou pour le talent, parce que la cité harmonieuse est la cité des bons philosophes.
Tous les éléments étrangers sont bannis de la philosophie et des philosophies dans la cité harmonieuse ; les travaux des philosophes individuels et collectifs sont dans la cité harmonieuse purs d'éléments étrangers ; les philosophes dans la cité harmonieuse travaillent de leur mieux à faire leur œuvre.
Cette œuvre est faite et formée en art en élaborant la matière proposée par la science à la philosophie des citoyens.
Ainsi la philosophie est l'art de la science; la philosophie est l'art dont la science est la matière.
Une philosophie est une œuvre d'art dont la science est la matière.
Les âmes individuelles et collectives ont par la science des renseignements sur le réel proposé à la connaissance des citoyens; ces renseignements étrangers aux âmes y reçoivent l'hospitalité; ils peuvent ainsi recevoir la vie et alors ils croissent en force et selon la beauté qui leur est personnelle.
Une philosophie nait des éléments étrangers que la science a fait recevoir dans une âme.
Les philosophes sont individuels ou collectifs, c'està-dire que les philosophies naissent et croissent aux âmes individuelles et aux âmes collectives.
La matière des philosophies est collective, puisque ce sont les renseignements donnés par la science sur le réel proposé à la connaissance des citoyens; mais quand ces renseignements étrangers aux âmes ont reçu l'hospitalité dans les âmes, quand cette matière étrangère aux âmes a reçu dans les âmes l'hospitalité, elle devient individuelle ou collective selon que les âmes sont individuelles ou collectives, et la philosophie naît individuelle ou collective, et la philosophie croît individuelle ou collective jusqu'à ce qu'elle soit formée selon la beauté qui lui est personnelle.
Ainsi les philosophies sont dans la cité harmonieuse indépendantes et libres de tout; elles sont pures de tous éléments étrangers ; leur matière est collective, mais de cette matière elles naissent et croissent individuelles ou collectives aux âmes individuelles et aux âmes collectives selon la beauté qui leur est personnelle.
Comme les artistes les philosophes ne pensent pas qu'ils travaillent mieux que leurs concitoyens les savants et comme les savants ils ne pensent pas qu'ils travaillent mieux que leurs concitoyens les artistes, puisque les citoyens de la cité harmonieuse ne pensent pas à classer les travaux en travaux majeurs et travaux mineurs.
Les renseignements donnés par la science aux âmes individuelles et aux âmes collectives sur le réel proposé à la connaissance des citoyens interviennent dans la vie de ces âmes comme un élément étranger, comme un élément importé du dehors ; ils y interviennent comme un élément non- vivant.
Mais ces renseignements étrangers non vivants importés aux âmes y reçoivent la vie; ainsi naissent et croissent les philosophies.
Puisque le réel proposé à la connaissance des citoyens dans la cité harmonieuse est harmonieux, les renseignements donnés par la science aux âmes harmonieuses individuelles et collectives sont harmonieux et les philosophies naissent harmonieuses.
Les philosophies naissent harmonieuses aux âmes harmonieuses.
Et que la naissance des philosophies soit douloureuse ou non, elle est saine.
Les philosophies qui sont nées aux âmes harmonieuses y vivent et y croissent libres et pures, en force et selon la beauté qui leur est personnelle, puisqu'elles n'y sont pas déformées.
Ainsi les philosophies harmonieuses croissent intérieures aux âmes, vivantes aux âmes vivantes, continues aux âmes continues.
Les philosophies croissent harmonieuses aux âmes harmonieuses.
Et que la croissance des philosophies soit douloureuse ou non, elle est saine et harmonieuse.
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Les philosophies qui sont nées dans la cité harmonieuse croissent harmonieuses entre elles, c'est-à-dire que les philosophies ne sont pas déformées par les philosophies qui leur sont concitoyennes.
Quand les philosophies sont devenues parfaites aux âmes harmonieuses, les philosophes sont forcés de les reproduire pour les donner aux âmes de leurs concitoyens.
Les philosophes reproduisent les philosophies qui sont parfaites en leur âme en se servant de la matière et du mouvement; ils combinent la matière et les mouvements de la matière de manière à imiter de leur mieux la philosophie qu'ils ont parfaite en l'âme.
Les concitoyens des philosophes connaissent les reproductions ainsi faites et en leur âme ils peuvent restituer la philosophie elle-même.
Les philosophes apprennent comme ils peuvent auprès des philosophes leurs aînés à reproduire les philosophies qu'ils ont parfaites en l'âme.
Les philosophes n'ont pas d'élèves.
Fini cV écrire à Paris, en avril 1898,
Vient Baudouin.
Fini d'imprimer en juin 1898,
chez
G. Richard et Husson,
9, rue du Pont, à Suresnes,
par
Charles Bargain, Claude Briand,
Emile Daviot,
Victor Dérodé,
Hippolyte Descoins,
Jules Desportes,
Albert Langlade,
Alfred Legrand,
Auguste Mahlmann,
Edmoud Métadieu,
Georges Mulkr,
Ernest Payeu,
Elie Peyla,
Auguste Princhette,
Albert Réveillon,
Charles Robert,
Alexandre Taillade,
Antonin Teissier,
Gaston Vasseur,
Se trouve à Paris ^ 17 , rue Cujas, che:s
Georges BellûtS.
Prix : deux francs. Tous droits réservés.
La Bibliothèque Université d^Ottawa Echéance
The Library University of Ottawa Date Due
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