SCÈNE HUITIÈME
GASTON
Ati?... Et comment cela est-il arrivé?
IJENRIETTE.
Tu te souviens que, le jour de la fête de Marcel, tu es allé dîner avec lui chez Maxime?
GASTON
Chez Maxime... oui... Mais quand, cela?
HENRIETTE, arec un peu d’hésitation.
II y a...
LE DOCTEUR, froidement.
11 y a huit jours.
GASTON, arec un étonnement contenu.
Ah?
HENRIETTE
Le temps était à l’orage, et tu t’étais déjà plaint, dans la journée, de souffrir un peu de la tôte.
GASTON, à lui-même.
Oui.
HENRIETTE, très-émue.
Après le repas, qui, dit-on, avait été très-animé... (Elle fait
signe au docteur qu'elle n’a pas la force de continuer.)
LE DOCTEUR, continuant.
Et où, par parenthèse, vous aviez bu pas mal de ce mauvais vin de Vouvray, qui est bien le breuvage le plus capiteux que je connaisse...
GASTON
Enfin?...
, LE DOCTEUR
A peine arrivé sur la terrasse... (Gaston se 1ère d’un bond, en • poussant un cri. — Le docteur, continuant virement. ) Tout à COlip, VOUS
avez pâli, chancelé, et vous êtes tombé dans nos bras, foudroyé par la congestion.
MARCEL
GASTON, retombant assis et s’essuyant le front.
Et alors, que se passa-t-il?
LE DOCTEUR
Ce qui devait se passer forcément : une fièvre de cheval, un délire effroyable, dont,- grâce au . ciel, vous voilà enfin débarrassé! (Gaston baisse la tâte de l'air d’un homme qui est forcé de se rendre, mais qui conserve des doutes.)
LE DOCTEUR
A quoi pensez-vous donc?...
A rien. Je m’étonne seulement de ne rien me rappeler de...
LE DOCTEUR
Voyons, pourtant, voyons! Vous vous souvenez bien, qu’hier soir, vous avez voulu sortir en voiture?
GASTON, cherchant.
En voiture?... hier soir?... oui.