‹ Marcel drame en un acte, en proseChapitre 26 sur 35 · SCÈNE DIXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DIXIÈME

plus d'inquiétude; mais nous en avons eu pendant quelques jour3..., moi surtout.

• GASTON

Toi?... Et comment cela?

GERMAINE

C’est moi qui vous veillais la nuit. '

«GASTON

Ah 1 ce n’etait pas ma femme?

UEM. VI AINE.

Elle l’aurait bien voulu, elle a môme essayé d’abord... mais comme sa présence ne faisait que vous exaspérer davantage, le docteur a exigé. .

GASTON

Ah! sa présence m’exaspérait? et pourquoi donc?

GERMAINE

Dame, je n’en sais rien, ni vous non plus, sans doute... mais on aurait dit qu’elle vous faisait peur... « Ma femme, disiez-vous, je lui fais horreur, elle me hait, elle me hait ! Fuyons !» •

1 GASTON, à pari.

C est vrai ! (So rapprochant avec intérêt. ) Ah! je disais cela! GERMAINE.

Oh! très-souvent!...

GASTON

Et quoi encore ?

GERMAINE

. Vous savez, des mots décousus, comme on en dit quand on a le délire.

GASTON

Mais lesquels ?

GERMAINE

« Viens, Maxime, partons, partons! »

MARCEL

GASTON, à lui-mémo.

Oui... Et puis?

GERMAINE

Je vous le répète, des mots sans suite...

Et qui n’offraient aucun sens ?

GERMAINE

Aucun sens... Ce serait peut-être trop dire; mais un sens si vague... si bizarre.

GASTON

Dis toujours!

' GERMAINE

Enfin, monsieur, il aurait semblé, sauï votre respect... que VOUS aviez tué quelqu’un!... (Elle rit de son mieux.)

GASTON, avec joie et d’un ton qui veut dire : je comprends!

Ali!...

GERMAINE, achevant.

Et que vous vous étiez sauvé avec M. Maxime. Mais j’of- 1 lense peut-être monsieur, en lui disant ça?

GASTON, très-animé et d’une voix étranglée par l'émotion.

Non, Germaine, non; et je te remercie au contraire; je suis très-heureux de savoir... ce que j’ai rêvé. Parce que, tu sais, quand on a !a fièvre, il est rare que l’on se souvienne ensuite... et l’on se met l'esprit à la torture, pour tâcher de se rappeler... Enfin, je te remercie, ma bonne Germaine, je te remercie.

GERMAINE

Oh! il n’v a pas de quoi, monsieur, il n’y a pas de quoi.

(Elle s’essuie le front avec son mouchoir. Henriette parait à droite.)

HENRIETTE, bas A Germaine en l’interrogeant des yeux plus que de la voix.

l’.h bien?... (Germaine fait signe de la télé qu’elle a exécuté ses ordres.)

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