‹ Marcel (volume 2)Chapitre 1 sur 128 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

Le jour, je le passais a travailler et à attendre dans un petit appartement que j'avais loué près de là. Mais nia continuelle préoccupation rendait mon travail fiévreux et stérile. J^avais perdu à la fois la paix du cœur et l'énergie d'une bonne conscience. J'oubliais tout près d'Agathe; mais, une fois seul, je retombais en proie au remords et au souci. Je comptais avec épouvante les jours qui s'écoulaient, emportant nos ressources sans apporter autre chose que de vagues espérances.

Le baron continuait à me faire bon accueil, et tenait la promesse que m'avait faite sa fille de me recommander aux personnes de sa connaissance. Mais tous ceux auxquels j'étais présenté me payaient de bonnes paroles, et, après avoir ainsi rempli vis-à-vis de mon patron leurs devoirs de politesse, ne s'inquiétaient plus de moi. Je ne faisais pas une visite, je ne donnais pas une consultation.

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