TROISIEME PARTIE
plus fait qu'il ne devait et n'a tiré que pour se défendre.
M. Jacquin allait répliquer avec violence, quand il entendit la voix de Marcel.
— Commandant, lui dit celui-ci quand il se fut rapproché, regardez mon pistolet.
— Il est au repos! s'écria M. Jacquin stupéfait. Tu ne voulais donc pas tirer?
Marcel fît un signe négatif.
— Ah ! monsieur, dit le comte qui avait vu et entendu ce qui venait de se passer, vous me donnez des regrets pour toute ma vie.
— Ne regrettez rien, répondit Marcel.
Vous m'avez épargné un suicide. C'est un service. Donnez-moi la main, et pardonnez-moi mes torts envers vous, comme je vous pardonne ma mort.
Le comte pressa avec une douloureuse émotion la main du jeune homme. Tout le monde avait le cœur serré. M. Jacquin pleurait à chaudes larmes.
— Adieu, commandant, reprit Marcel d'une voix éteinte. N'oubliez pas mes lettres. Adieu! Eugénie ma mère
Agathe !
Il expira.
Son dernier vœu a été exaucé. Il repose près d'Eugénie , dans le cimetière de Kadoré : un rosier blanc orne leur tombe.
Leur malheureuse mère ne leur survécut pas long-temps et mourut en prononçant leurs noms. On a réuni ses restes à ceux de ses enfants.