‹ Marcel (volume 2)Chapitre 127 sur 128 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

— Marchez!

Le comte fit un pas et ajusta Marcel.

Celui-ci marcha rapidement sur le comte, tenant son pistolet levé. Le comte fit un second pas et ajustant de nouveau le jeune homme, qui n'en continua pas moins sa marche.

Tout le monde prévit une catastrophe.

Le commandant, qui avait assisté sans crainte à cent batailles , pâlit de terreur. Il ne put s'empêcher de crier à Marcel :

— Mais efface-toi donc, au moins!

Marcel ne parut pas l'entendre et avança

toujours , présentant la poitrine. Il n'était plus qu'à deux pas de sa limite, et h quinze ou seize pas du comte, qui avait un peu marché de son côté. Celui ci, croyant que Marcel voulait le tuer, jeta un coup d'œil à ses amis pour les prendre à témoin de la nécessité où il était de se défendre, et fit feu.

Marcel avança encore de deux pas, puis tomba sur ses genoux.

— Mon pauvre enfant! s'écria M. Jacquin en se précipitant sur lui. Où es- lu blessé? à la poitrine? — Major! major!

Le major examina la blessure , secoua la tête, et, se penchant à l'oreille de M. Jacquin :

— Flambé! lui dit-il.

M. Jacquin se cacha avec désespoir le visage dans les mains, et garda quelque temps le silence. Tout à coup il s'élança vers le comte, l'œil enflammé de fureur, et, d'une voix stridente :

— Vous comprenez , monsieur , que ça ne peut pas se passer comme ça. Vous avez tué mon enfant. Il faut que je le venge. J'aurai votre peau ou vous aurez la mienne.

— Monsieur , répondit le comte avec calme, je suis aux ordres de mes témoins.

— Ce duel n'est pas possible, s'écria l'un des amis de celui ci. Vous n'avez rien h reprocher au comte, monsieur. Il a même

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