PREMIERE PARTIE
deux jeunes gens de ses projets de mariage, ne voulant rien changer h leurs idées ni à leurs sentiments, avant le moment nécessaire. Rien n'est beau comme le spectacle de la pureté dans la force : et la nob'e femme voyait avec un ineffable plaisir les deux adoles(îents conserver dans leurs rapports l'innocenie liberté de l'enfance. Au moment de devenir époux, ils continuaient à vivre en frères. Tout les portait à se considérer comme tels^ les souvenirs de leur enfance passée ensemble, l'habitude qu'ils avaient de donner tous deux à la même femme le nom de mère, l'impartialité qne montrait celle-ci dans le partage de son affection et de ses caresses. Ces trois êtres s'aimaient avec une telle réciprocité, qu'il eût été impossible à l'un de dire lequel il préférait des deux autres. On s'embrassait au commencement et à la fin de la journée, en se disant bonjour et bonsoir, et si, par hasard, quelqu'un manquait à cette douce coutume, on avait soin de le rappeler au