PREMIÈRE PARTIE
failliblement par se faire embrasser, en forme d'acquittement.
Du reste, madame Hubert espérait calmer à la fois les deux jeunes gens en donnant un cours naturel et régulier à la sensibilité de l'un, à la fougue de Pautre. Elle voulait les marier ensemble à l'âge de vingt ans.
Ils en avaient alors dix-huit , et brillaient déjà de tout l'éclat de la jeunesse.
Eugénie était grande , mince et d'une exquise élégance de formes. Elle avait le visage long et plus étroit du bas que du haut. Deux épais bandeaux de cheveux noirs promenaient leurs brillantes ondulations sur un front large, élevé, poli comme Pivoire, et faisaient ressortir l'éclatante blancheur d'un teint que nuançaient à peine quelques teintes légèrement rosées. Au-dessous de sourcils noirs, admirablement dessinés, entre deux rangées de cils longs et soyeux, on voyait briller de grands yeux d'un bleu foncé , au regard
doux el profond. Le nez était droit et mince; la bouche moyenne, assez régulière, mais peu é{)anouie. L'ensemble de sa physiononomie et de sa personne ofl'rait un rare mélange de grâce, de finesse et de gravité.
Grand déjà, bien découplé, unissant la souplesse à la force , Marcel avait la beauté d*un véritable enfant de la nature. Une forêt de cheveux blonds se répandait en boucles désordonnées autour d'un visage ovale, à contours pleins , où de vives couleurs perçaient sous le hâle d'une peau naturellement blanche, mais dorée par le soieil. De grands yeux d'un brun clair étincelaient sous des sourcils châtains , et donnaient à sa figure une expression de hardiesse et de franchise que confirmaient encore la courbe aquiline d'un nez à narines mobiles el l'épanouissement de deux lèvres rouges et humides qui semblaient toujours prêtes à un sourire ou à un baiser.
Madame Hubert n'avait pas parlé aux