‹ Marcel, tragédie en cinq actesChapitre 11 sur 50 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MARCEL, conjurés.

Je vous l'avais prédit. Paris a respecté L'irrévocable arrêt que vous avez porté; Il n'a d'aucun regret honoré la victime , La vengeance du peuple est toujours légitime. Paris s'est souvenu qu'au milieu des états, Clermont, de son orgueil, blessa vos magistrats. Son silence applaudit à la mort du coupable, Instruits par son exemple et sa fin déplorable, Vos lâches oppresseurs sauront à l'avenir Qu'il n'est point de forfaits que vous n'osiez punir. Profitez du moment où confuse , étonnée , De ce coup imprévu leur âme consternée D'une terreur secrète éprouve les effets : L'audace des partis fait souvent leurs succès. Que d'un scrupule vain aujourd'hui délivrée, De ses nobles couleurs la liberté parée Promène dans Paris ses nouveaux étendards. Si, malgré leur faiblesse affrontant vos regards, Yos ennemis encor s'offraient à votre haine, Citoyens, comptez-vous, la victoire est certaine. Les conjures sortent.

SCÈNE IL MARCEL, seul Du prince de Navarre agent mystérieux, Josserand devrait être arrivé dans ces lieux.

i8 MARCEL ,

La nuit, qui règne encor, Je notre espoir complice, Prête à cet entretien son ombre protectrice, Et, couvrant nos desseins d'un voile officieux, Même au sein de Paris les cache à tous les yeux. D'où vient qu'il tarde encore? Ah! je le vois paraître. Approchez , Josserand.

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