ACTE II, SCENE III
Se dérobant aux cris de la France alarmée , Abandonné du peuple , et tralii par sa cour , Et réduit quelquefois à cacher son séjour ? Sans pouvoir le venger dévorant une offense , Que peut pour ses amis sa royale indigence? Et quand il serait vrai qu'égarés par l'honneur, Associant, hélas ! leur sort à son malheur, Quelques sujets obscurs, qu'un vain zèle transporte, Des fuites du dauphin faible et fidèle escorte , Voulussent, d'un combat affrontant les revers, Disputer le royaume au prince que je sers... Par Marcel appuyé, mon maître est invincible.
MARCEL
Je sais qu'à son courage il n'est rien d'impossible. Mais lorsqu'au trône assis on règne en liberté, La couronne aux ingrats permet l'impunité. Et si , rangeant Paris sous son pouvoir suprême, J'orne son front royal d'un nouveau diadème , Quel garant de sa foi ?
JOSSERAND
Le voici. Ce traité Vous répond à jamais de sa sincérité.
Dédaignant l'appareil d'une pompe inutile, Mon maître par vous-même introduit dans la ville , S'y présentera seul, sans gardes, sans amis ,• Le soin de sa personne à vos mains est remis : Telle est dans votre honneur sa noble confiance ! Je ne vous parle pas de sa reconnaissance, Du rang qui vous attend.
De ses antiques droits Pépin en dépouillant l'héritier de ses rois, A ses propres enfans a légué la couronne : Je ne veux que m'asseoir sur les marches du trône.
22 MARCEL
Mais déjà du soleil la naissante clarté ,
De ces lieux par degrés chassant l'obscurité ,
Peut trahir le secret de notre intelligence.
D'ici saus être vu partez en diligence ;
De notre dévouaient assurez votre roi.
Le trépas de Clermont répond de notre foi.
Accablé sous le poids d'une longue souffrance ,
Paris de votre maître attend sa délivrance.
Josserand sort.