COURTISANS, PAGES
LE DAUPHIN
Palais de mes aïeux, je te revois enfin! Que mon cœur est ému ! le malheur et l'absence Rendent encor plus chers les lieux de la naissance. Pourquoi faut-il, hélas! qu'un sort capricieux Retienne encor mon père éloigné de ces lieux, Et vienne, en m'accablant de son pouvoir suprême, Charger mon jeune front du poids d'un diadème! Raoul, Charny, Meulan , votre prince aujourd'hui De vos cœurs généreux a retrouvé l'appui : Le ciel de ses faveurs paîra votre courage. Si , plus faible et courbant sa tête sous l'orage, De ses anciens devoirs Craon s'est écarté , Valois sur son retour avait toujours compté.
CRAON
Ah! dans ces tems d'erreur, de trouble, d'anarchie, En feignant de s'armer contre la monarchie, De s'unir aux transports d'un peuple furieux, En s'inscrivant soi-même au rang des factieux? Dans leurs replis secrets aisément on pénètre. Ami de la révolte , on peut s'en rendre maître : Tel était mon espoir.
32 MARCEL
LE dauphin, à Olivier.
Olivier, aux Français Annoncez mon retour.
Il sort avec quelques officiers.
Charny, que désormais Ce palais soit ouvert à leur sollicitude ; Qu'ils m'adressent leur joie ou leur inquiétude : Prévenir leurs besoins est mon premier devoir! C'est pour faire le bien que j'aime le pouvoir; Le bonheur des sujets fait la gloire des princes.
A. quelques autres.
Vous, sur leurs intérêts éclairant mes provinces, Portez au repentir des paroles de paix. Sur les maux du passé jetant un voile épais, Mon pouvoir outragé se résigne au silence. Par ma justice armés d'une sage clémence, Recommandez l'oubli , prodiguez le pardon, Et de mon père absent faites bénir le nom.
Ils sortent, à l'exception de deux pages .