ACTE III, SCENE IV
Déserteurs de son camp, de prudens citoyens Repassent en secret sous leurs drapeaux anciens. On murmure les mots de repentir, de grâce. Des chefs déconcertés j'ai vu pâlir l'audace, Et^du plus dangereux je devance les pas.
CRAON
Ah! si vous m'en croyez, vous ne le verrez pas : Du prévôt des marchands redoutez la présence; Qu'a de commun Marcel avec un fils de France?
MAILLARD
L'ai-je Lien entendu?... C'est vous, vous, son ami, Par qui dans ses projets Marcel fut affermi...
CRAON
Moi, son ami!...
MAILLARD
C'est vous dont la voix criminelle D'un sujet égaré fit un sujet rebelle, Qui voulez, du dauphin limitant les hontes, Lui ravir un pardon que vous sollicitez!... A peine sous l'abri d'une haute indulgence, Quoi! vos premiers accens sont des cris de vengeance ! Ah! ce n'est pas ainsi qu'il faut servir Valois.
CRAON
Marcel est l'ennemi déclaré de nos rois.
Marcel, qu'à ses devoirs le ciel enfin ramène, Aux genoux du dauphin vient déposer sa haine. Que ne peuvent, hélas! mes généreux efforts: Chez tous les révoltés éveillant les remords, Porter le repentir dans leur âme attendrie, Et comme à la vertu les rendre à la patrie!
36 MARCEL