SCÈNE V
Les mêmes, MARCEL.
Maillard montre du doigt Marcel.
LE DAUPHIN
Approchez sans effroi.
MARCEL
Je n'en connus jamais.
LE DAUPHIN
Marcel, de longs débats, divisant les Français, Ont au sein du royaume attiré l'Angleterre , Et livré la patrie aux horreurs de la guerre. Je n'examine pas d'où ces maux sont sortis; S'il faut en accuser la fureur des partis , L'orgueil des grands vassaux luttant contre le trône, L'ignorance du peuple attaquant la couronne, Ou la haine d'un prince habile à se venger, Ou l'insolent appui d'un monarque étranger! Tant de calamités, qu'en secret je déplore, Ont peut-être, Marcel, des causes que j'ignore. Mais enfin il suffit, le peuple est malheureux; Il souffre, il est en proie à des tourmens affreux. Des esprits inquiets le désespoir s'empare; La France est envahie, et le roi de Navarre , Vendant à nos revers son perfide secours, M'offre toujours la paix en conspirant toujours!
MARCEL
La cause de nos maux ne vous est pas connue , Prince! sur vos flatteurs daignez jeter la vue; Interrogez les mœurs de ce vieux parlement , Du caprice des rois méprisable instrument, Qui, joignant sans pudeur l'orgeuil à l'avarice, Achète ses honneurs et nous vend la justice. Contemplez de nos grands les superbes dédains ,