SCÈNE VI
Le duc de CRAON, MAILLARD.
Au moment oit Maillard se dispose à sortir , le duc l'arrête.
CRAON
Vous aimez votre prince?
MAILLARD
Autant que mon pays.
4o MARCEL,
CRAON
Armez-vous de courage, et prévenez uu crime!
MAILLARD
Ciel!
CRAON
Au fer des bourreaux arrachez la victime. J'ai contemplé Marcel aux genoux du dauphin; Ses yeux cherchaient la place où doit frapper sa main.
MAILLARD
Qui vous a révélé cette affreuse espérance? CRAON.
Ses regards à l'instant m'en ont fait confidence.
MAILLARD
Ah! je rougis pour vous d'un semblable soupçon. Marcel du jeune prince a reçu son pardon; Je fus son ennemi, mais je lui rends justice; Je crois à ses remords.
CRAON
Moi qui fus son complice, Je crois à ses forfaits. Sage ami de nos rois, Contre un sujet ingrat protégez les Vallois. Il n'est point de traités que Marcel n'ose enfreindre ; Plus il paraît soumis , plus Marcel est à craindre.
MAILLARD
Marcel méditerait un forfait aussi grand! Non, je ne puis le croire, et j'en ai pour garant La fierté que lui-même à fait ici paraître.
jl lui-même .
Mais si cette fierté cachait l'âme d'un traitre: Si Craon, plus habile à pénétrer ses vœux,
A Craon.
Eût deviné Marcel... Ah ! dans ce doute affreux, Unissons nos efforts, et veillons en silence Sur les jours du dauphin , sur l'honneur de la France.