‹ Marcel, tragédie en cinq actesChapitre 34 sur 50 · ACTE IV, SCENE IV. kl · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV. kl

olivier , à Marcel.

Ainsi sur vos sermens quand Valois se repose...

MARCEL , froidement.

Il n'y croit pas.

OLIVIER

Comment ?

MARCEL

Juge mieux de la cour.

Qui fit trembler son roi doit trembler à son tour ; À l'oubli protecteur c'est en vain qu'il aspire, Plus de repos pour lui.

OLIVIER

Marcel , qu'osez-vous dire !

Jamais de tyrannie on n'accusa Valois; Nul n'a porté plus loin le respect pour les lois , Soumettant sa couronne à leur sage tutelle, Toujours à sa parole il se montra fidèle.

MARCEL

Les tems me l'ont appris , cette fidélité N'est souvent qu'un hommage à la nécessité: Vaincu l'on s'y soumet, vainqueur on s'en dispense. Et qui me répondra qu'aux jours de sa puissance, Des droits de ses sujets un monarque ombrageux Ne se souviendra pas que leurs bras courageux, A son ambition posant une barrière, Ont devant notre êpée abaissé sa bannière? Mais je veux devant toi m'expliquer sans détour. Pour ma fille, Olivier, je connais ton amour; A tes vœux autrefois j'ai permis l'espérance.

MARIE

Dieu! quel est son dessein ?

MARCEL

Malgré le tems , l'absence , Si tu l'aimes encor...

43 MARCEL

OLIVIER

Si je l'aime ! Ah ! Marcel , D'un amour aussi pur jamais aucun mortel N'a brûlé, n'a senti la flamme dévopante. Sur les pas du dauphin lorsque ma vie errante S'écoulait loin des lieux par Marie habités , Quand le sort, ajoutant à nos calamités, Tenait au sein des camps notre gloire enchaînée , Du retour de Valois éloignait la journée , Ou d'un revers sanglant , fatal aux léopards, De Compiègne ou d'Amiens nous livrait les remparts ; Au milieu des dangers , de la paix , du carnage , De Marie en tous lieux la noble et douce image D'un heureux avenir enchantait mes douleurs , Et je mêlais son nom à ma joie , à mes pleurs. Si j'aime votre fille ! avec idolâtrie : Comme on aime son dieu, son prince, sa patrie... Je donnerais ma vie et pour elle et pour eux !

Cher Olivier !

MARCEL

Un mot, je puis te rendre heureux.

MARIE

Mon père !

olivier.

J'obtiendz'ais une faveur si grande .'

MARCEL

Ton sort est dans tes mains.

olivier.

Parle, ordonne, commande.

MARCEL

Embrasse notre cause, et sers nos projets !

OLIVIEH.

Moi !

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