ACTE I, SCENE IL
MARCEL
Monarque élu par nous et par nous renversé, Il tomberait du trône où nous l'aurions placé.
consac , à Laigneville.
Eh quoi ! lorsqu'en nous seuls il met sa confiance , De tes affreux soupçons l'injuste prévoyance Jusque dans l'avenir le poursuit aujourd'hui.
LAIGNEVILLE.
Eh! q;u'a-t-il fait pour nous?
MARCEL
Qu'avons-nous fait pour lui?
Des cruautés de Jean ministres exécrables, Conflans, Regnaut, Clermont, de cent meurtres cou- Au milieu de la paix , et par le crime unis , [pahlcs , Ont sous les yeux de Charle égorgé ses amis : Les avons-nous vengés? Nos lâches adversaires De leur faste insolent affrontent nos misères : Les avons-nous punis? «Non, et dans ce séjour Leurs agens du dauphin préparent le retour. Savez-vous de quels maux ce retour vous menace? Aux cœurs de vos tyrans n'espérez point de grâce. Se plaindre est un forfait qu'ils ne pardonnent pas : Quiconque a murmuré mérite le trépas.
Les bourreaux sont choisis, les vengeances sontprêtes; Au fer qui les attend livrerez-vous vos têtes? Pour son pays , sans doute, il est beau de souffrir, Mais quand on peut combattre est-ce assez de mourir • Ah! de nos ennemis prévenons la vengeance, Frappons , et révélons enfin notre puissance. Clermont, de nos amis ardent persécuteur, Qui contre vous du prince excita la fureur, Clermont vit parmi nous , sa coupable présence Des amis du dauphin entretient l'espérance; Il est l'orgueil, l'amour, rajrpui des factieux.
8 MARCEL
Enlevons au parti ce chef audacieux; Que du peuple indigné la sanglante justice Atteigne enfin Clermont...
TOUS
Qu'il meure !
MARCEL
Oui, qu'il périsse!
Et que par son trépas Cliarle soit informé Que le chemin du trône aux Valois est fermé. Courez!... volez du peuple accomplir la sentence; Que de sa liberté le règne enfin commence...
TOUS
Courons !
Ils sortent en désordre >