SCÈNE IX
MARIE, seule.
O nuit épouvantable î Je succombe à l'excès du malheur qui m'accable. Quelle main a donné le signal des combats? Mon père... vers quels lieux a-t-il porté ses pas? Hélas! on n'aura pu désarmer sa colère. Et ce n'est point assez de trembler pour un père ! Celui qu'à mon bonheur le ciel avait promis , L'ami de mou enfance... Olivier!.. Je frémis. Je n'ose sur moi-même arrêter ma pensée : Partout d'un grand malheur je me vois menacée. Mon père, mon amant, l'un de l'autre ennemis, Sous des chefs différens s'armant pour leur pays, Me pénètrent d'effroi, me remplissent d'alarmes, Et jusqu'à leurs succès , tout m'annonce des larmes. Mais que dis-je? Olivier vers mon père a couru ; Olivier de ses jours ici m'a répondu.
Olivier, cher objet de ma vive tendresse, Mon amour se confie à ta sainte promesse ; J'espère... et malgré moi je sens couler mes pleurs.
On entend du bruit.
D'où naît ce bruit affreux, ces Horribles clameurs? J'entends des cris d'effroi , de désespoir, de rage. Mon Dieu , nous livrez-vous aux horreurs du carnage ? Avez-vous résolu...
LE peuple , en dehors.
Montjoie et Saint-Denis !
MARIE
Grands Dieux! mon père est mort.