‹ Marceline Desbordes-ValmoreChapitre 8 sur 33 · NOUVELLES AMOURS · texte numérisé non relu

NOUVELLES AMOURS

Marceline pleure et chante son amant qui voyage en Italie. — Elle rentre au théâtre pour gagner sa vie. — Elle y joue ses chagrins. — Succès. — Réorganisation de VOdèon. — Pourquoi Marceline part pour Bruxelles. — Elle avait renoué sa liaison. — Nouveaux tourments. — Seconde rupture. — Mort de son enfant. — Lettres.

Cependant que Marceline pleurait à Rouen, son ami voyageait en Italie.

Rome, où ses jeunes pas ont erré, belle Rome !... (1)

Vingt- six ans plus tard, Mme Valmore passait à son tour les Alpes, et elle écrivait de Milan à sa confidente Pauline Duchambge :

(1) Bouquets et Prières (1843), page 141.

« ... Et moi, sais-tu ce que je regrette de cette belle Rome ? la trace rêvée qu’il y a laissée de ses pas , de sa voix si jeune alors , si douce toujours, si éternellement puissante sur moi... (1) » — En 1812, comme elle devait donc rêver à l’absent, la pauvre fille ! Evidemment elle se disait que « le cruel » l’aimait encore, puisque, pour l’oublier, il avait dû s’enfuir jusqu’au-delà des monts. Et, sans doute, elle l’imaginait errant mélancoliquement sur la terre étrangère et tout occupé d’apprendre à l’écho le nom de sa maîtresse, à l’instar de ces tendres et amoureux bergers dont elle mettait si suavement les amours en romances... Car c’est à cette époque — non pas qu’elle commençait de s’essayer à la poésie : bien longtemps auparavant elle avait écrit ses premiers vers (2) — mais qu’elle se décidait à publier quelques pièces : le premier recueil où j’aie découvert un poème signé de « Mlle Marceline D*** » est le Chansonnier des Grâces de 1813. C’est un billet à l’amant, et je le donnerai ici, malgré qu’il ne soit pas fort

(1) 20 septembre 1838. Les mots soulignés ici l’ont été par Marceline elle-même sur l’original.

(2) Voir ci-dessous le chapitre VIII.

bon, tant en témoignage des sentiments de notre Marceline que parce qu’il n’a jamais été recueilli dans ses œuvres (1); — mais quel dommage de ne pouvoir reproduire la musique langoureuse qui l’accompagne dans le Chansonnier des Grâces, et que nos grand’mères durent si tendrement soupirer sur la harpe !

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