SCÈNE VIII
Les Mêmes , JULFEN.
ARMAND
Soyez le bienvenu , monsieur... Le docteur Bonnemain nous a
parlé de vous, de vos beaux voyages ', de votre existence no* made... Nous vous réconcilierons, je l’espère, avec la vie sédentaire et civilisée.
Il lai tend la main.
JULIEN
Ce sera pour moi , monsieur, presque une initiation nouvelle, mais vous me trouverez de bonne volonté. Je reviens ! oui, je reviens, et si ce n’était voire cordial accueil, j’éprouverais à prononcer ce mot, je l’avoue, toute l'amertume et tout le regret que les autres éprouvent à dire : « Je pars ! j >
Je comprends cela.
MADAME D’AUDERVILLE
Et moi aussi.
ARMAND, présentant les dames.
Ma pupille; madame d’Auberville, ma tante.
Oui, je comprends cette passion de l’accident et du hasard , cette soif d’horizons nouveaux, d’aspects inconnus! je comprends le Caire et même Tombouctou, Téhéran et Chandernagor... je m’incline devant le Nil , devant le Gange , les fleuves divins ; mais les bords de la Seine et le bois de Boulogne c’est bien joli, allez !... avec cela, le jardin des Plantes, les sauvages de l’Hippodrome, les décors de l’Opéra et un grain d’imagination, on peut, j.e crois, se faire une idée tout à fait suffisante du reste de notre planète... et l’on a du moins l’avantage de ne rien changer à ses habilitées.... et de ne pas être loin de ses fournisseurs.
Oa rit.
JULIEN, il Armand.
Le docteur Bonnemain m’a dit, monsieur, que vous songiez à tirer parti des richesses métallurgiques de l’Algérie. Je connais à fond le pays et je puis affirmer que c’est une excellente idée que vous avez là.
MARCELINE, ti Bonnemain.
11 n’est pas poli, votre monsieur. Il a un peu trop l’air de regarder les femmes à l’orientale...
BONNEMAIN
Lui ! Il ne les regarde pas du tout.
Vous croyez que c’est une excuse!
ARMAND
Allons, je vois que vous n’avez pas voyagé seulement en artiste... vous avez vu le cété sérieux des choses.