‹ Marceline drame en quatre actesChapitre 9 sur 65 · B O N N E SI A I N · texte numérisé non relu

B O N N E SI A I N

Julien de Kernic.

Un Breton?

BONN EM AIN

Oui.

ARMAND

Je connais le nom : bonne famille, mais pauvre. S’il veut fairo sa fortune, nous la lui ferons.

BONNE St AIN.

Oh! quant à cela, vous pouvez vous dispenser de vous mettre en avant, ii refuserait net...

ARMAND

Ah bah ! C’est donc un puritain?

BONNEMAIN

Pas tout à fait, mais il s’est expliqué avec moi d’une façon très-catégorique à ce sujet... Je lui en avais parlé précisément.

MARCELINE, d'un ton railleur.

Il ne veut pas... mais il, vient!

BONNEMAIN

Oh! ma chère, il vient sans arrière-pensée, je vous l'atteste... Il vient parce qu’il ne connaît plus personne à Paris et qu’il a besoin de se frotter un peu à ses contemporains... Votre maison est un petit monde, on y trouve une société toute faite... c’estson affaire. Enfin vous le verrez aujourd’hui... S’il vous va, eh bien, c’en sera un de plus parmi vos hôtes (plus bas.) auxquels il aura du moins l’avantage de ne ressembler en aucune façon.

C’est toujours quelque chose.

BONNEMAIN

S’il ne vous va pas...

ARMAND

Il nous ira!... A propos, et ceci soit dit sans aucune comparaison, vous savez bien, ce garçon qu’on m’avait recommandé et que j’avais placé, ce petit monsieur Dulillac?... il vient de se faire condamner à un an de détention pour escroquerie... Occupez-vous donc des gens !

BONNEMAIN

C’était prévu, ça.

ARMAND

Oui; mais ce que vous ne savez pas, c’est que c’est lui qui avait enlevé, il y a quelques années, la fille d’un de mes fermiers de Ploërmel, Jeanne Lerouex.

Jeanne Lerouex, je me la rappelle très-bien... tout enfant que j’étais, elle m’a assez souvent raconté ses rêves d’ambition et de grandeur... elle avait cinq ou six ans de plus que moi.

A RM AND.

Le Dutiliac avait compté sans doute que le père Lerouex, voyant sa fille enlevée, demanderait le mariage pour elle, avec une trique d’une main et une dot de l’autre... Le père Lerouex

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