SCÈNE VI
Les Mêmes, REBECCA, accourant.
REBECCA, à Donato.
Rien n’est plus vrai! Ciaromo a vu nne gondole amarrée sous le pont, et des gens enveloppés de manteaux.
marco, à part.
Parbleu... je les ai placés moi-méme.
DONATO
Peste!
ANNA, 5 Donato.
Mais c’est horrible!., il faut prendre un parti, mon onde ?
•donato, indécis.
Certainement , il faut prendre un parti , mais lequel ?
MARCO
Si vous faisiez partir sur-le-champ la Signora pour votre villa dei Fiori! où vous deviez la conduire.
Comment , tu sais !.. et par qui donc ?
MARCO, souriant.
lié, mais... par le comte !..
ANNA
Il sait tout !
DONATO
C’est inoui! il faut qu’il ail des espions... jusque sous mon nez...
MARCO, le regardant..
C’est possible !.. je me chargerais d’accompagner la Signora par un chemin détourné... vous resteriez ici pour douner le change et...
DONATO, passant auprès d’elle.
Non I non... je ne la quitte pas.
MARCO
Autre chose !.. si vous alliez tout de suite vous plaindre au gouverneur !..
DONATO
A son oncle ! le vieux renard serait ravi de me faire tomber dans l’embuscade!., et pendant mon absence, le comte n’aurait qu’a s'introduire chez moi.
MARCO, tranquillement.
Il y est déjà venu'!
DONATO , étonné.
Ici?
ANNA
Depuis mon arrivée ?
MARCO
O matin même.
•%> l’abhorre ! tenez, mon oncle, je ne veux pa s m’exposer... je ne vais plus au spectade... Re" becca, serrez mon éventail.
( Elle y jette les yeux en le lui rendant. ) DONATO.
Un moment, que diable ! il ne faut pas sonner l’alarme !
ANNA, qui a regardé l'éventail , jetant un cri. Ali!
REBECCA , criant aussi sans savoir pourquoi.
Hein!
DONATO, levant sa canne.
Qu’est-cc que .c’cst?
MARCO, froidement.
Vous avez vu quelque chose !
ANNA , ta son oncle.
Il est trop vrai... il est venu ici! regardez... regardez ce qu’il a écrit , au crayon , sur mon éventail?
DONATO Ct REBECCA.
Comment ?
ANNA, développant les feuillets et Usant « Il est dix heures !
MARCO, regardant sa montre.
11 retarde!... il est plus que ça!
DONATO
Tais-loi donc!..
ANNA, lisant.
• Il est six heures!., je suis là... près de «vous... épiant votre réveil... (Confuse et ix ellemême.) Quelle indignité !
REBECCA
Près de vous!
DONATO
Ceci 4SI de la dernière inconvenance !
ANNA, continuant
» Pourquoi jurer que jamais je ne pourrai «vous fléchir! Ah! de grâce, un mot, un seul «mol de votre main, qui révoque cet arrêt! »
(Rejetant l’éventail.) Mais où étail-il donc? REBECCA.
Est-ce qu’on sait? un invisible!
donato, avec humeur.
C’est votre faute ! si on n’avait pas laissé traîner cet éventail... (Ouvrant sa tabatière.) Je réponds bien qu’on ne s’aviserait jamais de m’écrire... (En voulant prendre du tabac, il tire un papier de sa tabatière.) Qu'est-ce que je vois là?., un papier... (il lit.) « Garde à vous! baron, le «blocus est formé. »
tocs.
Encore!
donato, furieux.
Ah ! cela devient intolérable ! oser s'introduire jusque dans ma tabatière !
MARCO
C’est effronté !
ANNA et DONATO.
Ce matin.
DONATO
Le blocus est formé ; il croit m'intimider.
MARCO
Il y est pent-être encore !
TOCS.
Encore!
DONATO, un peu ému.
Mais c’est donc un démon !
ANNA , troublée.
Et vous êtes étonné que je le déteste , que je «ç.
MARCO, l’excitant.
Fi donc !.. il ne vous connaît pas.
DONATO
Non... il ne me... Oh! quelle idée! je le tiens... (A sa nièce.) Nous allons passer ensemble chez le ministre de la guerre!
MARCO, Inquiet.
Chez le Ministre ?
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