Dépêche du 13 juillet
Dès les premiers moments de son arrivée à Wilna, l'Empereur s'était occupé de cette organisation d'un gouvernement provisoire pour la Lithuanie. Le 6 juillet, par le môme courrier qui portait à l'ambassadeur une réprimande et des conseils malheureusement
M^RKT, DUC DK BASSASO. SU
Obligé de subir encore M. de Pradt^ le doc de Rassano avait dû, dans son langage officiel, adoucir Texpression de son mécontentement. U s*ei|irîmait arec moins de ménagement dans quelques entretiens particuliers. « L'arcberèque, disut-îl an général ftapp, est si charmé de ses chefs-d^œurre, qu'il croirait manquer à sa gloire, s*il ne publiait partout que son génie sauve la Pologne. Au reste, si sa prose! va bien. Tambassade ne va guère. Sans Uuroc , qui le couvre de son ombre, je l'aurais renvoyé déjà à ses ouailles. C'était bien la peine de se donner tant de mouvement pour ne rien faire qui vaille ' ! « Xous ne cbercbons pas à exagérer la prévoyance du duc de Bassano. Elle n'allait pas jusqu'à redouter, au commencement de juillet 1812, de voir le succès de la Grande Armée compromis par les fautes commises à Varsovie. Mais il craignait que les mauvaises dispositions prises par l'ambassadeur n'atténuassent sensiblement l'importance du concours des Polonais à la guerre, et, par suite, la bonne volonté de l'Empereur pour le rétablissement complet de la Pologne. L'événement fit plus que justifier ses craintes : il les dépassa, et'dans d'effroyables proportions !
Nous arrivons à la partie la plus pénible de ce travail. Après la douleur d'avoir assisté à ce désastre, principe de tant d'autres, et d'y avoir survécu, la plus grande, peut-être, pour un Français, c'est de le raconter. Notre sujet nous condamne à côtoyer de bien près ce récit funèbre ! Il nous faut expliquer Fimpor-
inutiles, le duc de Bassano avait notifié officiellemeot au baron bignon sa nomination de eommissaire impérial près ce gouvernement provisoire, et lavait invité à se rendre sans délai à son nouveau poste, où sa présence était bien nécessaire. « Je suis charmé, ajoutait-il, de voir arriver le moment qui me rapprochera de vous. »