‹ MargaChapitre 9 sur 9 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

<iheveux blonds frisaient sous la petite coiffe de la religieuse, comme ils avaient frisé sous la coiffe de Plégon, et dont la figure ouverte montrait qu'elle avait conservé toute sa joyeuse humeur au service de Dieu.

— Ma sœur Saint-Yves ! dit Marguerite en la présentant. Il a fallu un patron de pure race bretonne à Marie-Rose, ajouta-t-elle en souriant.

— Sans doute, ma mère, dit Marie-Rose ; ah ! si je meurs détachée de mon pays, ce sera un vrai miracle de la grâce.

— Regardez donc notre petite Marga, dit Charlotte, qui avait embrassé Marie-Rose avec effusion.

— Dieu la bénisse ! dit Marie-Rose en regardant la petite fille, il y aura donc toujours une Marga à Rosenclan ?

— Vous prierez pour elle, ma sœur, dit le général.

— Oui, monsieur le général, répondit Marie-Rose avec simplicité.

Mais voici la cloche qui recommence son pieux carillon, et qui commande la séparation de sa jolie voix argentine. On se sépare, mais en se disant : Au revoir.

Les uns retournent dans ce vaste monde agité, tourbillonant, fiévreux, où l'on marche d'ignorance en . ignorance, de secousse en secousse, de joie en joie, de regret en regret, de déception en déception, d'illusion en illusion, de douleur en douleur, vers l'immuable Éternité; les autres rentrent dans l'arche qui vogue sur une mer unie, effleurant la terre sans jamais s'y arrêter, portant ces âmes choisies qui vont de sa-

crifice en sacrifice, d'aspiration en aspiration, de bonheur en bonheur, de dépouillement en dépouillement, de mystère en mystère, de clartés en clartés vers rimmuable Éternité ' .

' Marga est la suite indépendante d'un roman du même auteur intitulé : Ce Pauvre Vieux.

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