‹ Marguerite de Lorraine, duchesse d'AlençonChapitre 4 sur 29 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

ments mis à sa disposition, et à repro-* duit des détails pleins d'intérêt pour les habitants de l'ancien duché d'Âlençon.

Si cette nouvelle biographie parvenait à édifier quelques lecteurs , après Dieu et .Marguerite, ce serait à ces pieux his-^ toriens qu'ils devraient faire remonter leur gratitude.

URGDERITB DE LORRAINE

GHAPITRE PREMIER

Naissance , éducation et mariage de Marguerite ^ de Lorraine.

Marguerite est née en 1463, au château de Vaudémont près de Vezelise, à neuf lieues de Nancy. Elle était Gile de Ferri II,

IS SARGtERtTE Î>B LORftAmË

comt^ de Vaudémont^ et d'Yolande d*Ân-> jôu. Petite-fille , par sa^ mère ^ du bon roi René, elle descendait de saint Louis ^ était alliée à sainte Elisabeth de Hongrie^ et devait être la bisaïeule de Henri lY. Mar** guérite d^Ânjou , reine d^Ângletei^re , sa tante maternelle > fut sa marraine et lui donna son nom. Il eût été difficile de rencontrer une naissance plus illustre selon le monde, plus sainte aux yeux de Dieu. Mai^erite comprit de bonne heure la fragiUté des gran^ deurs d'ici-bas et ne s'enorgueilUt jamais de ses aïeux ; mais elle attachait un grand prix aux liens de famille qui l'unissaient aux habitants du ciel; pour honorer les saints de sa maison , elle avait une dévotion plus tendre et recourait à leur inter-

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cession avec une confiance Traiment filiale.

La pins grande partie de son enfance et de sa première jetinesse s'écoula en Lorraine^ dans une atmosphère où les plus nobles traditions se perpétuaient sous Fégide de la foi. Le château de Vaudémont, où elle fut életée, était situé sur une montagne très-escarpée ; il dominait de riches vallées, des champs fertiles y des prairies verdoyantes et de nombreux TÎllages du comté : ses épaisses murailles et ses tours crénelées semblaient

un défi jeté aux injures du temps. Sur la montagne voisine , ou apercevait une église ; dont la modeste construction ne paraissait . pas devoir lui assurer une longue existence ; c'était le sanctuaire consacré à Notre -Dame de Sion , pèlerinage vénéré > où Taffluence

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dés fidèles attestait la continuité des grâces pbtennes. De nos jours, et depuis longues années , il ne reste du château que des ruines cachées par le lierre ^ la mousse, les ronces et les épines. Ces ruines eussent disparu elles-mêmes > si la côte où elles sont restées ne se fût trouTée inacces8Ù)le à la.

pioche et à la charrue; mais l'église a tarayersé les siëclesi. et il est question pour elle de nouveaux embellissements. Le pèlerinage est toujours florissant; il n'a pas cessé d'offrir des consolations aux malheureux»

c'est-à-dire aux puissants et aux faibles, car les épreuves visitent les palais comme les chaumières ; et quand on parcourt la route de Sion , on rencontre les riches et les pauvres aUint exposer les mêmes be«

CHJLPITRI I 15

soins ou remportant les mêmes espérances.

Ce fat là que Marguerite fut consacrée à la sainte Vierge, selon le pieux usage des princes de Vaudémont» Ce fut là aussi qu'elle puisa une dévotion ardente et éclairée pour celle qu'elle aimait tant à appeler sa mère. Ce modeste sanctuaire charmait sa

piété; oUe y Venait souvent à pied» et con-

tribuait par son recueillement à l'édification

des pèlerins.

Dieu se plaît à entourer d'une protection spéciale les familles nombreuses et soumises à sa loi. Cette bénédiction ne manqua pas à la postérité de Ferri. Son fils René II monta sur le trône de Lorraine, remporta sur Charles^le-Téméraire un mémorable triomphe, et sut conquérir une

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place parmi les plus vaillants capitaines et Içs meilleurs souverains de son temps. Deux filles du comte de Yandémont furent mariées y Tune au comte du Maine , l'autre au prince de Hesse, et si plusieurs de ses enfants moururent en bas âge, ils emportèrent tous dans la tombe le gage de la bienheureuse immortalité. Quant à Marguerite , elle grandit rapidement en grâce et en vertu ; elle devint Torgueil et la joie de ses parents. Douce y affectueuse , d'un caractère aimable et enjoué , elle avait reçu le don d'attirer les cœurs; son père et sa mère subissaient cette secrète influence et s'y livraient «ms résistance ; mais leur amour ne dégénérait pas en faiblesse, et leur tendresse n'excluait ni la vigilance ni la fermeté.

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Ferri ne devait pas jouir longtemps du trésor que le Ciel lui avait confié ici -bas. 11 mourut en 1473, et Marguerite n'avait pas encore dix ans. Malgré cet âge si tendre , elle ressentit vivement le malheur d'être orpheline ; mais que sait celui qui n'a pas souffert? et que peut-il pour son salut et celui de son frère 7 Aussi Dieu , qui l'avait suscitée à une époque de relâchement et de défection pour donner au monde de grands exemples , l'exposa de bonne heure aux coups répétés de l'adversité« Sans parler de la mort de ses frères^ de ses sœurs, de plusieurs pro-

chès parents ^ elle perdit à dix-neuf ans sa

mère; à vingt-neuf ans elle était veuve, )et

tant de douleurs accumulées sur un si petit

nombre d'années firent pénétrer très-^vant

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dans son âme cette grande pensée : c Tout est vanité, hors aimer Dieu et ne servir que lui seul. »

^ La mort du rot René , son afeul , avait précédé de quelque temps celle de Yolande sa mère. Dépouillé par Louis X[ de son duché d'Anjou , ce prince avait perdu le royaume de Naples, envahi par Alphonse d'Aragon ; il avait cédé ta Lorraine à son fils et s'était retiré dans son comté de Provence. Il y passa les dernières années de sa vie, au milieu de sujets qui te chérissaient, cultivant avec succès les lettres, les

arts, et pratiquant les vertus qui recommandent les souverains à la reconnaissance des peuples.... La plus douce consolation de sa vieillesse était la société de sa petite-

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