faux avaient été iguisées Tongtemps d RATES et les
cinq hommes se mirent à l’ouvrage le matin du troi-
sième jour. Légaré, Esdras et le père Chapdelaine fautut chaient; Da’Bé et Dbpe he suivaient Pês à pas avec
les râteaux et mettaient dé Suite en tàs le fc in coupé.
Vers le soir, tous les cinq prirent des res et firent
les VONSERES, hautes et bien'tassées, & prévision d’une <
saute de vent possible. Mais le temps resta beau. Cinq‘ 4 ve da
jours durant ils continuèrent, balançant tout le jour
leurs faux de droite à gauche avec le grand geste ample ue SE
qui paraît si facile chez un fäucheur éxercé ét qui con-
stitue pourtant le plus difficile à apprendre et le plus
dur de tous les travaux de la terre. duc. A4
4 Les mouches et les maringouins j lissaiént Le
milliers du foin coupé et les härcelaient de leurs piqürès?"
le soleil dent leur brûlait la ESS et les At de sueur leur brûlaient les yeux; la fatigue de leurs dos toujours pi devait té (e' vers le QE qu’ils ne se redressaiént 'qu’av ê des grimaces delpeiné. Mais ils
bésognaient ANS 3 la nuit sans perdre une seconde, "M äbrégeant les repas, heureux et reconnaissants du temps
favorable.
Trois ou quatre fois par jour, Maria ou T'élesphore leur apportait un EE d’eau qu'ils cachaient sous des branches pour la conserver froide; et quand la chaleur, le travail et la poussière de foin leur avaient par trop
kb desséché le\gosiér, ils allaient, chacun à son tour, boire 5-2
68 MARIA CHAPDELAINE : j dau ke be wo, on Het ur gts
de grandes lampées d’eau et s’en Verser sur les poignets ou sur la tête.
En cinq jours, tout le foin fut coupé, et comme la à. voit sécheresse persistait, ils commencèrent au matin du sixième jour à ouvrir,et retourner les veilloches qu’ils at A)j> voulaient Le avant le soir. Le x avaient fini leur besogne, et ce fut RE des fôürches. Elles dé- Atmæokeked molirent les veilloches, ét érén! etes au soleil, puis vers la fin de l’après-midi, quand il eut séché, elles . ka bed ublamoncelèrent de nou au Re Are ral F4 qu’un homme peut SEE en une seule fois au nivéat d’une haute charrette déjà Preique pleine.
Charles-Eugène tirait vailla tént ntre, ils bran-
\ We Unies æka4Ëts, cards; la charrette s’en oufirait dans la grange, S'arrè- ( .
tait au bord de la tassérie, et les jure robe rent Ja fois de plus ae le foin durement foule, qu'elles at. deu JE Vin en RER ae sous l'effort des 2 hat wo et des reins, et décharpeaient au côté. #A4e - À la fin de la semaine tout le foin était dans la gra D SR en ol sec et,d une belle couleur, et les hommes s’étirèrent € PALIER A PAIE » : , respirèrent longuement comme s’ils sortaient d’une bataille. HA — Il peut mouiller à cette heure, dit le père Chapdelaine. Ça ne nous fera pas de différence.
Mais il apparut que la période de \S€ eresse n'avait
pas été exactement Me leurs besoins, car le vent : x & fu : 4 . continua à souffler du nord-ouest et les jours ensoleillé did Ke ét 4640 buy OO LU que
ne cessérent pas de s’égrener, monotonés.
Chez les Chapdelaine les femmes n’avaient pas à participer aux travaux des champs. Le père et ses trois grands fils, tous forts et adroits à la besogne, auraient sufh, et s’ils continuaient à employer Légaré et à lui
payer un salaire, c’est qu’il avait commencé à travailler pour eux onze ans plus tôt, quand les enfants, étaient tout jeunes, et ils le gardaient maintenant à Hofe par ps ka habitude et à moitié parce qu’ils répugnaïient 8 $ nee teoels des services d’un si terrible travailleur. Pendant le temps des-foins Maria et sa mère n’eurent donc à faire RAS ; [73 ZT UE) ue leur SAME habituel: Ja Fake du mais n, ,la, La
confection US ré as) là fessivelet le racèommodage du linge, la Pt os trois vaches et le soin des volaillesbox buy et une fois par semaine la düissoh du pain qui se prolongeait souvent tard dans la nuit. ||
Les soirs de cuisson, l’on envoyait T'élesphore à la recherche des boîtes à pain, quise trouvaient invariablement dispersées dans tous les coins de la maison ou du hangar, parce qu’elles avaient servi tous les jours à mesurer l’avoine au cheval ou le blé d’Inde aux poules, sans compter vingt autres usages inattendus qu’on leur trouvait à chaque instant. Lorsqu’elles étaient toutes rassemblées et nettoyées, la pâte levait déjà, et les femmes se hâtaient de se débarrasser des autres ouvrages pour abréger leur veillée.
Télesphore avait fait brûler dans le foyer d’abord quelques branches de cyprès gommeux, dont la flamme sentait la résine, puis de grosses bûches d’épinette rouge qui donnaient une chaleur égale et soutenue. Quand le four était chaud, Maria y rangeait les boîtes pleines de pâte, et après cela il ne restait plus qu’à surveiller le feu et à changer les boîtes de place au milieu de la cuisson.
Le four avait été bâti trop petit, cinq ans auparavant, et depuis la famille n’avait jamais manqué de parler toutes les semaines du four neuf qu’il était urgent de
70 MARIA CHAPDELAINE à
construire, et qui en vérité devait être commencé sans plus tarder; mais par une malchance sans cesse renouvelée, l’on oubliait à chaque voyage de faire venir le ciment nécessaire; de sorte qu’il fallait toujours deux et quelquefois trois fournées pour nourrir pendant une semaine les neuf bouches de la maison. Maria se chargeait invariablement de la “première” fournée; invariablement aussi, quand la deuxième fournée était prête et que la soirée s’avançait déjà, la mère Chapdelaine disait charitablement:
— Tu peux te coucher, Maria, je guetterai la deuxi ème cuite.
Maria ne répondait rien; elle savait fort bien que sa mère allait tout à l’heure s’allonger sur son lit tout habillée, pour se reposer un instant, et qu’elle ne se réveillerait qu’au matin. Elle se contentait donc de raviver la boucane qu’on faisait tous les soirs dans le vieux seau percé, enfournait la deuxième cuite et venait s’asseoir sur le seuil, le menton dans ses mains, gardant à travers les heures de la nuit son inépuisable patience.
À vingt pas de la maison, le four, coiffé de son petit toit de planches, faisait une tache sombre; la porte du foyer ne fermait pas exactement et laissait passer une raie de lumière rouge; la lisière noire du bois se rapprochait un peu dans la nuit. Maria restait immobile, goûtant le repos et la fraîcheur, et sentait mille songes confus tournoyer autour d’elle comme un vol de corneilles.
Autrefois cette attente dans la nuit n’était qu’un demi-assoupissement, et elle ne cessait de souhaiter patiemment que la cuisson achevée lui permît le sommeil ; depuis que François Paradis avait passé, la longue
veille hebdomadaire lui était plaisante et douce, parce qu’elle pouvait penser à lui et à elle-même sans que rien vint interrompre le cours des choses heureuses qu’elle imaginait. Elles étaient infiniment simples, ces choses, et n’allaient guère loin. Il reviendrait au printemps; ce retour, le plaisir de le revoir, les mots qu’il lui dirait quand ils se trouveraient seuls de nouveau, les premiers gestes d’amour qui les joindraient, il était déjà difficile à Maria de se figurer clairement comment tout cela pourrait arriver.
Elle essayait pourtant. D'abord elle se répétait deux ou trois fois son nom entier, cérémonieusement, tel que les autres le prononçaient: François Paradis, de Saint- Michel-de-Mistassini... François Paradis... Et tout à coup, intimement: François.
C’est fait. Le voilà devant elle, avec sa haute taille et sa force, sa figure cuite par le soleil et la réverbération de la neige, et ses yeux hardis. Il est revenu, heureux de la revoir et heureux aussi d’avoir tenu ses promesses, d’avoir vécu toute une année en garçon sage, sans sacrer niboire. Il n’y a pas encore de bleuets à cueillir, puisque c’est le printemps; mais ils trouvent quelque bonne raison pour s’en aller ensemble dans le bois; il marche à côté d’elle sans la toucher ni rien lui dire, à travers le bois de charmes qui commence à se couvrir de fleurs roses, et rien que le voisinage est assez pour leur mettre à tous deux un peu de fièvre aux tempes et leur pincer le cœur.
Maintenant ils se sont assis sur un arbre tombé, et voici qu’il parle.
— Vous êtes-vous ennuyée de moi, Maria?
C’est assurément cela qu’il demandera d’abord; mais
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elle ne peut pas aller plus loin dans son rêve, parce que lorsqu’elle est arrivée là une détresse arrête. Oh! mon Dou! Comme elle aura eu le temps de s’ennuyer de lui, avant que ce moment-là vienne! Encore tout le reste de l’été à traverser, et l’automne, et tout l’interminable hiver! Maria soupire; mais l’infinie patience de sa race lui revient bientôt, et elle commence à penser à elle-même, et à ce que toutes ces choses signifient pour elle. |
Pendant qu’elle était à Saint-Prime une de ses cousines qui devait se marier prochainement lui a parlé plusieurs fois de ce mariage. Un jeune homme du village et un autre, de Normandin, l’avaient courtisée ensemble, venant tous deux pendant de longs mois passer dans sa maison la veillée du dimanche.
— Je les aimais bien tous les deux, a-t-elle avoué à Maria. Et je pense bien que c'était Zotique que j'aimais le mieux; mais il est parti faire la drave sur la rivière Saint-Maurice; il ne devait pas revenir avant l’été; alors Roméo m’a demandée et j’ai répondu oui. Je l’aime bien aussi. en rie
Maria n’arien dit ; mais elle a songé qu'il devait y avoir des mariages différents de celui-là, et maintenant elle en est sûre. L’amitié que François Paradis a pour elle et qu’elle a pour lui, par exemple, est quelque chose d’unique, de solennel et pour ainsi dire d’inévitable, car il est impossible de concevoir. comment les choses eussent pu se passer autrement, “et cela va colorer et
rx tréchauffer à jamais la vie fethé de tous les ; jours. Elle
a toujours eu Pintuition, çonfuse qu’il devait exister quelque chose de ce genré:| \quelque ghose, de pareil à