‹ Maria Padilla tragedie en cinq actesChapitre 18 sur 51 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les HiMEs, DON BUY DE PADILLA.

DOM acT, à lui*mime en entrant.

Enfin, je touche au bull

Aux jeUBM gens.

Salut à tous, seigneurs!

DOM JUAN

A vous, seigneur, salut!

DON EUT

Sans doute ma présence ici doit vous surprendre; Mais, tout vieux que je suis, j’étais jaloux d’ap-

[prendre

Comment ta favorite embellit scs loisirs.

Le seigneur Albuquerque a compris mes désirs, Et, dans cette demeure aux plaisirs consacrée, Du vieillard curieux il protégea l’entrée.

Serez-vous, messeigneurs, vous, hommes d’au-

[jourd’hui,

Pourl’bomme d'autrefois moins obligeans que lui?

DOM JUAN

Non, certes, et partout, moi, je veux vous con- DOM atnr. [duirc.

De quelques faits récens si vous daignez m'In- Jo serai satisfait. [ struirc,

DOM BALTMAZAED.

Veuillez interroger.

DOM EOT.

Dans cette jeune cour jo suis un étranger.

DOM JUAN

Mais vous savez du moins que, belle entre les belles,

Maria Padilla soumet les plus rebelles,

Que le sort d’un royaume est écrit dans ses yenx.

DON ECT

Je sais qu’elle a quitté le toit de scs aïeux.

Qu’un infâme parent au roi l’avait vendue,

Et que la vanité, comme Éve, l’a perdue.

DON losâ.

Vous êtes bien sévère t

DON EUT

En CO lieu c’est nn tort.

DON JUAN

Vous ne devriez pas, au moins, maudire un mort.

DON EUT

Comment?

DON JUAN

Don Diego ne peut plus vous entendre; Peut-éire, s’il vivait, saurait-il se défendre?

DON ECT

11 est mort ?

DON JUAN

Vn duel l'enlève à vos mépris.

DON EUT

Qui de ses lâchetés lui paya donc le prix ?

DON JUAN

Un parent; c'est don Luis d’Agutlar qu’il se nomme. DON EUT.

Ab 1 don Luis est un brave et digne gentilhomme î

DON DALTBAZAED.

Si Dona Maria ne l’avait protégé,

Diégo, le jour même, aurait été vengé.

Le roi voulait punir, la sentence était prête ; Maie un mot â la hache a dérobé sa tête.

DON JUAN

Elle est si magnanime!

DON JOSi.

Et son cœur est si Jmn!

DON EUT

Les murmures du peuple éclatent à son non.

DON BALTMAZAED.

Oui, Gonzalo Gomès, qui l’outrage sans cesse,

Un valet dont la reine anoblit la bassesse.

Va semer en tous lieux le mensonge et l’erreur, Et d'un peuple abusé soudoyer la fureur.

DON JOSÉ

Eb ! qu’importent le peuple et sa haine éphémère? Aux dépits d'Albuquerque et delà reine-mére Contre elle do ses cris il prête le secours.

Et peut-être il criera contre eux dans quelques

DON BALTRAZAED. [ jOUTS t

Quand les partis armés se disputent nos villes, Ange consolateur dos discordes civiles,

Elle va réunir Transiamare et le roi.

DON JUAN

Crois-tu donc à la paix ?

DON DALTMAZAED.

Elle la veut... j'y croi.

DON EUT, avecinUrit.

Poursuivez!...

DON lALTMAUED.

De son cŒur soupçonner U nebleeie C’eit un crime!

MARIA

D09 HVT» à part.

0ht moD Dieul pardonne une fai* [ blease

Que mon courroux en tain voudrait désavouer !... J*ai du plaisir encore à l'entendre louer.

DON josi, à don Ruy.

Tous, dont l'austérité semble accuser sa vie, Vieillard, fermez l'oreille aux fureurs de Peotie j De Dona Maria respectez les loisirs,

Et n'allez pas surtout attrister nos plaisirs!

Sa beauté pour ses torts ta nous demander grâce ^ £si-il quelques erreurs que tant d'éclat n'eSface?

DON ;UAN.

Je l’entends!

Tuus les jeunes courlUaus sc tournent du côte' par où vient Maria PaJilla

DON RCV.

Juste ciel I

DON BALTHAZARD.

Elle vient par ici.

DON José, regardant.

Que d'attraits 1

DON ROT, d lui-méme.

Malheureux !... pourquoi trembler ainsi T Ah! je ne voudrais point la maudire!... Et peut-

[ être

D'un premier mouvement je ne serais pas maître.

nON José, regardant avec le$ autres.

Que ses cheveux sont beaux sous la résille d'or ! DON ROT, à lui-mdme.

Je ne peux pas la voir, puisque je l'aime encor.

Il sort vivemeot par une porte latérale.

DON José, ie retournant.

Eh bieni qu'en pensez-vous T... 11 part quand elle DON BALTBAZAR. [arrive!...

Albuquerque nous donne un étrange convive!

DON JOAN

D'Albuqucrque, en effet, il réclama l'appui:

Ce vieillard m'est suspect.

DON José.

Ayons les yeux sur lui.

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