‹ Maria Padilla tragedie en cinq actesChapitre 46 sur 51 · ALBI QUERQUE, DON PÈDRE · texte numérisé non relu

ALBI QUERQUE, DON PÈDRE

DON piDRB, à /uj-méme, et s’avançant à pas lents. Il faut que je l'ooblie I

MAIUA PADILLA.

De met premiers termeoe T^gtise me délie : |

Mon pieux confesseur me rassure, et sa voix i

A promis de m'absoudre au nom do roi des rois. I Demain h son couvent que je donne des terres, I Que ojOD pouvoir royal fonde deux monastères, j Qu’aux Juifs, pour les doter,j'arrache leurs trésors, i Et je peux de l'autel approcher sans remords. | L'inlérét de l'État, dans le rang où nous sommes» | Nous fait d’autres devoirs qu’à la foule des hommes,

El lorsque Dieu nous juge à l'heure du trépas, I

Dans la même balance il ne nous pèse pas. j

Ap«rcev^at Aibuquerquc. t

Ah \ c'est vous ! '

ALBUQCSBOll.

J'aimo a voir, seigneur, que votre altesse Ait ebfin triomphé d'un reste de faiblesse,

Que d'un coupable amour le roi soit affranchi.

DON rÊDRB.

Sous vos vœux obstinés votre maître a fléchi;

Tous l’avez tous voulu. Blanche sera ma femme. Comme ils ont pris plaisir à torturer mon amel Comme dans leurs filets ils m’ont enveloppé 1 ALaOQUBXQOB.

De l’orgueilleux pouvoir qu’elle avait usurpé,

Dieu dépouille ^ jamais la femme criminelle Dont les pièges...

DON rcoR£.

Tout beau l quand vous pai lereid’elle, Albuquerque, ayez soin do ne point l’outrager;

Vous la pouvez. haïr, mais non pas la juger.

XkSUQUBRQUI. I

En fuyant de Séville elle s'est fait justice.

SON PBDRB.

De Blanche de Bourbon que l’hymon la punisse 1 Oui, Maria, nos nœuds sont brisés sans retour,

Toi, fouler sous tes pieds mes dons et mon amour!

Me fuir pour un vieillard dont rinsolente audace M’apporte, en ton palais, l'insulte et la menacel Me connaissais-tu bien pour me braver ainsi?

Tu crois en ta beauté ? mais Blanche est belle aussil Je veux l'aimer; déjà mes yeux l'ont admirée 1 En quel lieu Maria s'est-elle retirée? |

ALBCQUBSQCB.

Près du Guadalquivir, non loin^de San-Lucar,

Dans 1a retraite obseure où don Luis d’Aguilar, Brave guerrier autant qu'il fut sujet rebelle. Cachait, depuis un an , ses jours sauvés par elle.

DON PÈDSB.

Qu’elle y reste avec ceux qu’elle m’a préférés l Mais songez-y, ses jours et ses biens sont sacrés;* Contentez mes désirs et non pas votre haine;

Que son seul cbaümcot toit d'avoir une reine-

ALBDQCBRQVB.

J'obéirai. ^

DOM PaOBB.

J’y compte.

A loi-même, ï demi-voix.

Et cet écrit fatal,

Revêtu de mon nom, paré du Keau royal?

Maria sur l’hosUc a juré de te taire,

Elle n'osera point révéler ce mystère;

Si le courroux du roi ne la retenait pat, l*a colère du ciel enchaînerait ses pas!

Elle m'a fui, je règne et mon peuple remporte! Mon cœur pour tant me dit : C'est un crime! Qu’im- Maria l'apprendra quand il sera commis- [porte? Qu’elle s’en plaigne alors à Dieu , qui l'a permis.

SCKNE IV.

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