‹ Mariage blanc; drame en trois actesChapitre 14 sur 64 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

gai'dc-mulade toute ma vie ?... Si encore ce n'était que cela!... mais il y a autre chose... que je ne puis vous dir<\.. N'en parlons plus, ma mère, je vous en prie.

MADAME AUBERT

N'en parlons donc plus.

Pendant ce qui suit, Marthe lit, madame Aub.nt fait du crochel; elles parlent de temps en temps.

LE DOCTEUR, passant à gauche et s'asseyent auprès de Simone.

Vous sentez-vous bien à présent?

SIMONE

Pas trop. Mais ne le dites pas à maman.

LE DOCTEUR

Il me semble pourtant que vous respirez mieux. Allons, nous vous tirerons de là, mademoiselle Simone. Vous serez tout à fait solide au printemps.

SIMONE

No VOUS croyez donc pas obligé de me dire ces choseslà, mon cher docteur, et ne me traitez pas comme un enfant.

A co moment, Jnc*|ues> qui revenait par la gauche el que dissimule la rangée de (amari'i, s'arrdle et écoute jusqu'à la fin de la scène.

LE DOCTEUR

Mais...

Je sais ce que je dis* Je ne suis pas, ou du moins je ne suis plus comme les autres malades. C'est que je sais, pour l'avoir vu, de quels mensonges on les entoure..; Moi-même, quand papa est devenu plus mal (moi, j'ai-

i'. MARIAGE BLANC.

lais encore dans ce temps-là), j'ai aidé à le Irouiper. Puis ça été le même manège pour mon frère... Et maintenant, je saisis autour de moi les mêmes regards échangés à la dérobée, les mêmes phrases, les mêmes inflexions de voix, la même conspiration charitable à laquelle j'ai pris part autrefois... et c'est pour cela qu'on ne peut pas me tromper, moi.

LE DOCTEUR

Mais, mademoiselle, on ne vous trompe point, je vous assure. Votre cas est infiniment moins grave, parce qu'on a commencé de bonne heure à vous soigner.

SIMONE

Vous ne pouvez parler autrement, pauvre docteur, mais moi, je sais, je suis sûre... Oh! j'ai espéré longtemps, comme les autres, mais maintenant... non... je sens que c'est fini... Si vous saviez quelles nuits je passe, quelles sueurs d'agonie, et comme, lorsque je tousse et que ma gorge siffle, je crois entendre, je reconnais la totix et te râle de mon père et de mon frère, et comme, lorsque je regarde ma pauvre figure dans le petit miroir que j'ai sous mon oreiller, je retrouve leurs yeux, la pâleur de leurs lèvres et cette couleur indéfinissable de la peau aux coins de la bouche... Voulez-vous être bon, très Ijon, mon cher docteur?

LE DOCTEUR

Eh 1 oui, si c'est possible.

SIMONE

Eh bien, dites-moi... mais là francliemcDl, comme vous le diriez à un homme... dites-moi pour combien de temps j'en ai encore.

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