ACTE THUISIÈME
JACQUES
Je crois l'avoir prouvé ; et puis, Simone n*est plus uuc mourante, Dieu merci!
MARTHK.
Et moi, je vous dis que vous ne l'aimez pas!... Est-ce que vous aimez quelque chose ou quelqu'un?... Vous n'avez agi que par curiosité, par ennui, par orgueil, pour le plaisir de vous voir vous-même jouer le rôle d'un Dieu bienfaisant... que sais-je? pour avoir chez vous un bibelot que tout le monde n'a pas... Si vous l'aimiez d'ab>rd, vous seriez son mari!
JACQUES
Et je ne le suis pas?
MARTHE
Non, vous ne l'êtes pas!
JACQUES, à part.
Elle est étonnante... (a Manhe.) Qui vous l'a dit?
MARTHE
Simone elle-même.
MARTHE
Oh ! elle ne me l'a pas dit comme cela, bien sûr . . . Elle ne sait pas... Maisj*ai bien compris à ses confidences de petite tille...
JACQUES
Diable ! vous n'êtes pas une petite fille, vous. .
MARTHE
J'ai passé l'âge, en effet.
JACQUES
Mais enfin, pourquoi me dites-vous cela? Car ]<• w peux pas vous cacher que c^est un peu bizarre.
MARTHE
Pour que vous sachiez que je sais et que, moi du moins, je ne suis pas votre dupe. Parce que je vous déteste ! parce que vous m'avez fait trop de mal!... Parce que tout cela est trop humiliant et trop douloureux à la fin! Parce que... parce que je ne sais plus ce que je dis...
E le tombe sur un;" chaise la léle dans ses mains. JACQUES, remontant, à pari.
Tiens! tiens !... Le rfoc/ci/r avait raison... Moins banale que je ne croyais, évidemment... Toi, si iu n étais pas ma belle-sœur, si je t'avais rencontrée l'aimée deruièrey si je ne m'étais jms réfugié ici pour fuir tout ce qui te ressemble... Mais trop tard, mon enfant, trop tard. Heureusement ! (Redescendant ; à Marthe). Mademoiselle Marthe, maintenant que je vous connais mieux, permettez-moi de vous dire que vous avez peut-être tort de refuser le baron Hulard.
M A n ï II E , sans rclcter la tél$.
Peut-être.