ALLONS DONC, SE TUER POUR DES AFFAIRES I) ARGENT
grosse somme... près d'un million...
Jeanne fit entendre un bref sifflement.
Des dettes... Fichtre! Elle avait vu ça de près, les mauvais moments à passer, après les maladies, où l'on se serre le ventre, où l'on doit à tout le quartier, où l'on n'ose plus passer devant les bou- Elle trouvait de la douceur, dans sa tiques des créanciers. Quant au chiffre...
détresse, à ce tutoiement récent qu'elle exigeait de Jeanne et dont elle donnait L'exemple.
•— Qu'est-ce qu'il y a?
Madeleine éclata:
— Nous n'avons plus rien, tu entends, plus rien! C'est la ruine...
Jeanne hocha la tête, sans conviction.
La ruine... Elle ne se la représentait pas très exactement. C'était une tuile,
Un million, un milliard, c'étaient des sommes si écrasantes, qu'elle ne pesait pas bien la différence. Elle demanda ingénument :
— Mais comment peut-on faire pour perdre un million?
Madeleine l'entraîna vers une causeuse. Et poussée par ce besoin de ressasser son infortune comme on appuie sur une dent malade, elle raconta, La
quoi, quelque chose dans le genre du mémoire toute pleine des aveux de son
chômage, de la grève. Elle respira. Elle mari sur le ton dolent d'un enfant qui
craignait une catastrophe. Ce n'était raconte ses gros chagrins:
qu'un aria. — Mais il a spéculé sur ces maudits
Madeleine se tamponnait les yeux d'un sucres, parbleu! D'abord, il a perdu ce
petit mouchoir roulé en boule, gros com- que nous avions l'un et l'autre. Et puis
me une noisette. Elle sanglota: il a essayé de se rattraper. Alors il a
— Et si c'était tout... Mais Gaston joué au nom de la raffinerie. Parce qu'il
doit payer... avant la fin du mois... une a la signature. Il croyait que la récolte
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de < lui i l 'i m. m d'une
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payer ta différence a la liquidation. Voilà.
[eanne prononça a\ «• com i< tion :
— Je n'y comprends rien du tout.
Madeleine ne B'arrêta p ts a i et aveu
— En tout cas, reprit-elle, tu comprends bien où nous en sommes... Plus rien, plus un sou, el < ette échéance à la fin du mois. Ah! c'est à en devenir folle!
Et crispant sa main sur le genou de son amie:
— Jeanne... j'ai peur... Si Gaston se... Elle acheva sa pensée d'un geste expressif.
Se tuer? Quelle idée! Où Madeleine avait-elle la tête? En effet, elle devevenait folle. Et Jeanne, se croisant les bras :
— Allons donc ! Se tuer pour des affaires d'argent? Non, mais, penses tu?
Voilà encore une chose que Jeanne ne pouvait pas comprendre. Se tuer pour un vrai chagrin, comme un chagrin d'amour, ou même pour une maladie qu'on ne peut pas guérir, passe encore. Ça s'est vu. Mais pour des affaires de Bourse!
— Que veux-tu qu'il fasse? reprit Madeleine. L'assemblée générale est en mai. S'il paye sur les fonds de la raffinerie, tout se saura à ce moment-là. En somi e, il a risqué l'argent des actionnaires. Ah! s'il avait gagné, on le féliciterait. Mais comme il a perdu, on l'accablera. On l'accusera de faute lourde, comme ils disent encore. On le jettera dehors. Il sera brûlé. Et alors, que veux-tu qu'il devienne? Un petit employé à quinze cents francs? C'est tout ce qu'il peut espérer. Il l'affirme lui-même. Et il n'acceptera jamais. Tu nous vois, traînant la
mi .< re, aprè r me
non , que no toujour ■ met
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impossible
Se de ho-
quet Elle vomi ait la i
— Voyons, VOyoïl . murmura [<
ouée par ce gro rin.
Et m Ma i ontre
elle, dans un de hise
et de ' ontrition qui sont l< des grandes tourment
— El dire que i ma faute
c'est ma faute... J'allais, je dép moi, sans savoii compter. Est-ce
que je sais compter? Personne ne m'a appris. J'ai toujours vécu comme là tout le monde aussi autour de moi.
Et puis, lui, il ne me disait rien. Par bonté, par orgueil, par délicatesse. Ou bien, il m'avertissait si doucement que ça n'entrait pas. Je promettais de me corriger, de bonne foi. Et puis je recom- 'mençais le lendemain. Et voilà sept ans que ça dure Alors, il a voulu jouer Et il a été pris dans l'engrenage. Et c'est fini, fini...
Jeanne haussa les épaules. Elle savait qu'on s'en tirait, des er.g' °nages. La main un peu écrabouillée, quelquefois. Mais, au bout d'un mois, il n'y paraissait plus. Ah! cette Madeleine, avec ses dépenses... Jeanne avait toujours pensé que ça finirait mal. Mais de là à se détruire.'.. Tout de même inquiète, elle dem-iru',, :
— Mais... où est Gaston? Tu ne le laisses pas seul?
— Non. Il est là, dans son bureau.
Berthe et son mari sont avec lui. C'est la première visite de Charles depuis sa maladie. Gaston achevait de tout me raconter quand ils sont arrivés... Ils tombaient bien !
— Ils savent?
— Oui. Oh! dans le premier moment, je me se is confiée à mon chauffeur, moi, tellement jfavais besoin d'aide et de secours. Je me suis accrochée à eux. Et puis, c'est la famille, en somme.
Jeanne dit, sans ardeur:
— Evidemment.
Puis, prenant drun geste tendre les mains de Madeleine dans les siennes:
— CE M'EST PAS POSSIBLE QUE VOUS NE PUISSIEZ PAS SORTIR DE CE PETRIN-LA !
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— Mais toi. < oramenl ai fa aj
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ne l'attendait pas à u i ivei là. je
suis toujours dehoi Et alors 'init-
ier son air Correct, son air de diplon. il me dit, le ton seulement un peu triste:
« Ma petite Mado, nous sommes flambés 1 t Et il m'a expliqué comment, sans plus s'émouvoir. Ahl il est beau joueur. Mais, je voudrais, moi. quTil soit plus violent, qu'il me reproche de l'avoir entraîné, qu'il me crie ma faute, qu'il me traite de poupée, de folle, qu'il me batte. Oui, qu'il me batte I Ah! tiens, ça me soulagerait, ça me rassurerait. Tandis que, sous cette froideur, sous cet habit de glace, je ne sais pas ce qu'il cachet ce qu'il mijote. Ahl j'ai peur, ma chérie, j'ai peur...
Jeanne l'exhortait, en la caressant:
— Ne te frappe donc pas comme ça.
Voyons, tant qu'on a deux poings solides au bout des bras et de la santé, et de la force, on peut toujours s'en tirer. Vous ne vous êtes encore adressés à personne. Est-ce qu'on se défile, quand on a une femme et un petit gosse? On n'a pas le droit, bon sangl
Madeleine, la tête rentrée, les mains aux genoux, haussa les épaules:
— Ahl va donc lui dire tout cela. Tu verras s'il t'écoute!
Jeanne répliqua, nette:
— Bien sûr, que je le lui dirai.
Et aussitôt debout, entraînant Madeleine amollie de larmes, elle souleva la portière qui les séparait du bureau. Une n,oble pièce, tendue de soie bouton d'or, d'un confort ample, large, géométrique, tout en lignes droites et en bibelots lourds, où brillaient sec trois bulles électriques. Assis à la table de travail, Gaston restait la plume en l'air, devant une page blanche.
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bre. D'instinct, on cherchait le cadavre. Madeleine se glissa prè de son mari el resta debout contre lui.
— Bonsoir, ], dit Jeanne. Je ne vous fais pas d phrases, n'e^t-ce pas?
Mais elle lui serra la main bien fert, comme pour faire pas<-< i :i lui son espoir et son courage. Il répondit:
— Ah! Madeleine vous a.. .
Sa voix trahissait sa surr rise et dépit. Il gardait un secret dédain pour sa petite belle-sœur. Et il lui déplaisait, même en cet instant tragique, que l'ancienne ouvrière le vît par terre et connût sa défaite.
— Oui, dit-elle. Quelle guigne 1 Berthe eut un aigre soupir:
— Vous pouvez dire quel désastre! Elle était, dans sa pose accablée,
comme la statue même de la famille en deuil. Ils gardaient tous un silence atterré. Le fameux million, monnayé en plomb et tombant sur eux, ne les eût pas plus complètement écrasés.
Jeanne les contemplait avec stupeur.
Elle ne pénétrait pas, elle ne pouvait pas pénétrer ces esprits plies, par un long atavisme, à cette ingénieuse morale qui semble inventée par des créanciers et qui, de la boutique au tripot, fait du paiement des dettes la règle suprême de l'honneur.
Mais soudain, elle fut traversée d'un effroyable doute. Tous, oui, tous, plus ou moins consciemment, s'inclinaient devant le préjugé, ne voyaient plus pour Gaston le salut que dans la mort !
Elle s'écria, surprise de l'éclat de sa propre voix:
— Sacristil Nous restons là comme des empotés... Ce nTest pas possible que vous ne puissiez pas sortir de ce pétrin-là !
Elle ne recueillit que des regards offensés. Seule, Madeleine gardait dans les yeux une espérance.
Jeanne reprit, sans se laisser démonter:
— Je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas. Bien qu'après tout, j'en sois aussi, moi, de la famille. Mais ça me fait bouillir. C'est que vous avez tous l'air d'admettre qu'il n'a plus qu'à se faire sauter le caisson, ma parole!
Et, sur un geste choqué de Gaston, elle poursuivit, inspirée soudain, frappant le bureau du plat de la main :
— Voyons, est-ce que Monsieur Courtemer n'aurait pas qu'à lever le petit doigt?...
Pour elle l'oncle restait le patron. Il continuait de représenter la puissance sans limite, l'or, tout l'or du monde.
Mais Gaston l'interrompit. Et posément, non sans une nuance d'ironie:
— Vous êtes bien gentille, ma chère Jeanne. Mais ne cherchez pas d'issue.
J'ai fait le tour. Je n'en ai pas trouvé. Il n'y en a pas.
Jeanne se croisa les bras.
— Ça, c'est épatant! Comment, Monsieur Courtemer nTest pas assez riche pour vous tirer d'embarras?
— En effet... commença Madeleine.
Gaston se tourna vers sa femme:
— Tu sais bien que les capitaux de l'oncle sont transformés en ateliers, en matériel, en marchandises.
— Eh bien ! demanda Jeanne, on ne prête donc pas là-dessus? Ça ne se passe donc pas en grand comme en petit?
Quand on porte sa machine à coudre au Mont de Piété, on vous fait pourtant une avance dessus.
Gaston ne peut s'empêcher de sourire:
— L'hypothèque... Mais vous oubliez que la plus grande partie de la fortune représentée par l'usine n'appartient pas à mon oncle. Je vous l'ai dit. J'ai pensé à tout.
Elle répliqua:
— Si ce n'est pas à lui, c'est à nous tous.
Berthe se réveilla de son accablement :
— C'est justement...
Jeanne coupa, triomphante:
— Eh bienl alors, c'est très simple
Le voilà, le moyen. Il est trouvé. On n'a qu'à mettre tous la main à la poche! Gaston releva son front fier:
— J'ai examiné votre moyen, mais pour le repousser. Je n'admettrai pas que chacun, autour de moi, amoindrisse sa vie pour réparer une faute inexcusable.
Madeleine se pencha vers lui:
— Cependant, mon ami...
— Tout ça, c'est des mots, déclara Jeanne. Croyez-vous que, quand Madame Bréau découvrira le pot aux roses, elle ne se saignera pas aux quatre veines plutôt que de laisser son garçon dans un guêpier pareil? Est-ce que Léon n'en fera pas autant pour sauver son frère?
Berthe se dressa dans son fauteuil :
— Permettez, Jeanne. Votre générosité vous entraîne et votre ignorance du monde vous aveugle. Vous vous laissez emporter sans voir la position délicate où vous nous mettez, Charles et moi. Gaston, que son tact n'abandonne pas, même dans les cruelles circonstances qu'il traverse, l'a très bien senti. Personnellement, vous n'avez rien à perdre.
Vous n'avez pas d'enfant...
— Vous n'en savez rien, répliqua Jeanne.
Et son fin sourire, sous son petit nez baissé, les éclaira tous sur un espoir encore trop récent pour qu'elle l'eût révélé plus tôt. Elle reprit en force:
— Soit. Je mets peut-être les pieds dans le plat. Mais c'est quelquefois utile. D'abord, il ne s'agit pas de se dépouiller, d'aller tout nu. Chacun ira de son offrande, selon ses moyens, comme dans vos ventes de charité. Ce n'est pas la mort d'un homme. Si je sais bien compter, il nous restera la matérielle. Et tout ça n'aura qu'un temps, puisque Gaston, une fois remis sur pattes, s'acquittera petit à petit. Ce n'est pas vous, Berthe, l'avocat, le champion de la famille, de l'honneur du nom, vous qui prenez sa défense aux bons moments, — j'en sais quelque chose — vous qui figurez comme dame patronnesse dans tant de bonnes œuvres, ce n'est pas vous qui refuserez de vous inscrire dans cette bonne œuvre-là. Et puis, après
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— Il Berthe, que nous ne pourrons vous suivre que d • loin. < '.ir nous sommes moins priviléj que \ ou >. < 'harles nl< \ e à peine de ma- 1 idie, < i moi même je n'ai pas tant de métiers dans les mains. Mais nous ne nous déroberons pas à notre devoir danla mesure de tlOS ressources disponibles.
|e n'ai pas besoin de dire à Gaston que nous ne vous avions pas attendue pour y penser.
[eanne feignit d'être dupe:
— A la bonne heure! s'écria-t-elle joyeusement en battant des . mains. Je savais bien qu'on finirait par s'entendre. Et maintenant, mes amis, il n'y a pas un moment à perdre. Je file avertir Léon et sa mère. Et quant à l'oncle il faudra bien qu'il marche!
Madeleine et son mari la suivirent dans la galerie, où eile s'habillait rapidement, (iiston voulut lui rendre grâce. Il lui prit les mains:
— Petite Jeanne, commença-t-il...
Elle l'interrompit, malicieuse:
— Non, non. Ça vous coûterait.
Et pour rassurer tout à fait Madeleine, elle ajouta gravement, en épinglant son chapeau:
— Vous me jurez de ne pas faire de bêtise?
Gaston demanda:
— Sur quoi faut-il vous le promettre?
— Sur la tête de Tintin.
Elle s'échappa.
Lorsqu'ils furent rentrés dans le bureau, Berthe, qui parlait à Charles avec véhémence, se tourna vers eux et, sifflante :
— Ce nTest pas une ouvrière que Léon a épousée, c'est un Terre-Neuve 1
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n'o! ■ p., . ,i, n enl .. l'instin< t du
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abat non
d'un \ îi i épuisé par trop d'app
• t de i ultures, mais d'une terre nouvelle,
■ et droit
^/P$t N a souv,'nt remarqué que il \) calamités s'abattent par s< sV^AJj sur un individu ou sur un groupe humain. Mais il ne faut j voir dans cetfc m d'épreuves un
simple jeu du hasard. Si elles se suivent, c'est qu'elles s'enchaînent. Elles défilent à la remorque. Le plus souvent le lien qui les unit est ténu, même invisible. Elles sont comme les jours, no les uns aux autres par la trame obscure nuits.
Quand, un après-midi de juin, l'oncle Courtemer, hérissé, apoplectique, formidable, tomba chez sa sœur en coup de tonnerre, et la foudroya d'un « Mes ouvriers sont en grève! » Léon démêla vite que la ruine de Gaston ne devait pas être étrangère à cette nouvelle catastrophe, si redoutable en ses répercussions pour tous les siens.
On était si tranquille!... Pour sa mère, Jeann? et lui, l'existence coulait si calme depuis deux mois... La vie, comme l'organisme, est tellement plastique, elle déploie une telle activité à se réparer, à refermer ses plaies, qu'à peine la forte entaille faite à leur fortune leur étaitelle sensible.
On avait gardé le double logis du quai Henri IV. Madame Bréau restait
fidèle à ses habitudes, le jeune couple à son premier nid. Mais on avait réduit le train et ralenti l'allure. Léon commençait à grouper quelques clients. Jeanne vaquait plus étroitement aux soins du ménage. Quelle sûre, quelle vaillante alliée il sentait près de lui! S'il trouvait par moment quelque amertume à son dévouement fraternel, de quelles tendresses, de quelle belle humeur, de quel preste enjouement elle le réconfortait !
On sortait moins. Etait-ce un si grand mal? Il y a tant de La Postolle embusqués aux coins des salons... Et ce recueillement forcé tombait d'autant mieux qu'un petit Claude — à moins que ce ne fût une petite Lise — devait arriver en décembre, un peu en avance sur les étrennes. C'est très mauvais, pour les bébés à naître, la trépidation du monde et de l'automobile.
Ah! dame, finies, les promenades dan^ la limousine de Madeleine. Stimulés, l'un par une hâte orgueilleuse de s'acquitter, l'autre par un impulsif besoin de rédemption, Gaston et sa femme avaient résolument jeté du lest. Auto, meubles rares, collections, tout avait passé pardessus bord.
Ils s'étaient exilés dans les quartiers neufs de l'Est parisien, justifiant tant bien que mal leur retraite, aux yeux du monde, par la nécessité de se rapprocher de la raffinerie. Et comme, grâce au commun sacrifice, Gaston avait conservé sa place et ses gros appointements de directeur, il ne désespérait pas d'une prompte revanche.
Et sur cette activité patiente de fourmilière éventrée que tous les zèles concourent à rebâtir, voilà qu'un nouveau désastre s'abattait.
La grève! Elle les atteignait tous, directement. La part que chacun d'eux avait pu laisser dans l'usine représentait leur unique source de revenus. Que le conflit durât ou tournât mal, et la source, déjà basse, serait tout à fait tarie.
L'oncle s'était laissé tomber dans un fauteuil, d'un bloc. On l'entoura. On le
pressa de s'expliquer. Comment la grève avait-elle éclaté ? Il raconta.
Ohl c'était tout à fait simple, à l'entendre. Le matin même, les ouvriers n'étaient pas venus, voilà tout. L'affaire s'était manigancée à son insu, sans doute pour éclater en bombe, le surprendre et
ELLE AJOUTA GRAVEMENT, EN, El'INGLANT