‹ Mariage de demainChapitre 42 sur 45 · DÀ M Y /'///\.Y · texte numérisé non relu

DÀ M Y /'///\.Y

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Après le rçpa - le - « oni i pan-

dirent dans le salon, donl la poi te i ouvei te sur le jardin, Les U uilla y ai

exhalaient dans le Boir tardil juin leur senteur verte et mouillée. 1 >a rinnii errait par les allées. Comme les fleurs qui gardent au crépuscule on ne sait que] éclat phosphorescent, comme

un souvenir du JOUT, sa beauté rayonnait

lumineuse. 11 sTarrêta devant 1<- docteur Bro, qui, campé sur les marches du

perron, allumait son cigare. Le jeune homme entr'ouvrit la bouche, ses paupières battirent. Puis il commença doucement :

— Docteur, pourquoi m'avez-vous toujours caché ce que vous dites de moi à tous ceux qui nous entourent? Ditesmoi la vérité. Suis-je vraiment une sorte de machine sortie de vos mains, destinée «à étonner le monde, à proclamer votre mérite... ?

Bro jeta violemment son allumette:

— Chacun me sera ici témoin que je me taisais autant dans ton intérêt que dans le mien. Et je voudrais bien savoir qui s'est permis...

Dajan-Phinn leva la main pour interrompre le docteur. Et après une courte hésitation:

— Moi seul ai commis une indiscrétion. Personne ne m'a parlé. J'ai entendu... Ohl mon maître... De quelque façon que ce soit, je ne suis que ce que vous m'avez ùnt. Je vous dois tout. Mais vous avez to;. ours été bon pour moi.

Ne me laissez pas dans l'ignorance...

— C'est justement par bonté que je tTy laissais, répliqua rudement Bro. Je voulais t'éviter la gêne, la honte, de te sentir en murge du monde, d'être l'exception...

Ruchard, assis dans le salon, s'était levé. Le tapis assourdissait sa marche.

Bro ne l'entendit pas. Le professeur lui posa la main sur l'épaule:

: — Tu nTas pas le droit de torturer

e point une créature bum pour

L'uniqu mou de ton orgueil ui-

Sous la lourde p< et la rud< trophe, i

il dard ur les feux in-

quiétants de ses prunelles jaunes.

même * i la

stupeur absolue. Avait-il, jusqu'au dernier moment, nourri la certitude de rallier son ad> e ! Luchard continuait :

— Bro, au nom de notre vieille amitié, au nom de ce qui t'e^t le plus sacré, au nom de nos enfants, je t'adjure davouet la vérité.

Bro se dressa, jaillit pour ainsi direcontre son ancien compagnon:

— Tu dis?

Tous, les deux fiancés, César Bro et sa femme, entouraient les deux hommes. Dajan-Phinn était resté au bas de^ marches, la figure toute claire sur le fond d'ombre du jardin.

— Je dis, reprit fortement Ruchard, j'affirme que Dajan-Phinn est un être humain comme nous tous ici, et que toute ton histoire n'est qu'une longue mystification.

Bro croisait les bras. Les coins de bouche tremblaient:

— Alors, rien ne peut te convaincre, ni Jes documents que je t'ai montrés, ni les preuves que je t'ai fait toucher, ni le serment que je suis prêt à renouveler?...

Ruchard trancha, la main large étendue:

— Rien. Et si tu es de bonne foi, c'est que tu es dupe à ton tour de ton imagination.

— Pas un mot de plus! hurla le docteur Bro.

11 était si terrible d'exaltation que Henri Ruchard s'approcha de son père:

— Je t'en prie, n'insiste pas.

— Allons donc! s'écria Ruchard. Il faut en finir une fois pour toutes, écraser dans l'œuf cette légende impie, anéantir ce mensonge exécrable.

— Ne me défie pas, Ruchard, ne me pousse pas à bout!

Bro brandit le poing. Il semblait au

— LA PREUVE QUE DAJAN-riIlNN EST MON ŒUVRE, C'EST QUE JE LK DETRUIS,

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— ( miih du-, murmura t il.

Bro eut un n-< ul. il se rama b i ur lui même, il mit lea m. un- da po-

ches de son large » eston :

— ( l'es! dit 1 h ne me croiras pa siffla t il.

— Non.

D'une voix assurée, d'autant plus effrayante, Bro '«-prit:

— Tu me crois capable d'une superi herie?

— Oui.

— Mais tu ne me crois pas capable d'un crime?

Ruchard n'hésita pas:

— Non.

— Mais tu admets, poursuivit Bro, que le sculpteur ait le droit d'abattre sa statue, que l'inventeur ait le droit de briser sa machine?

Ruchard ne répondit pas, craignant de comprendre. Ce fut pour tous les assistants, un interminable instant d'angoisse absolue. Alors, agissant et parlant tout ensemble :

— Eh bien ! la preuve que Dajan Phinn est mon œuvre, c'est que je le détruis I

Trois coups de feu ponctuèrent sa phrase. D'un revolver tiré de sa poche, il avait visé Dajan-Phinn debout au bas du perron 1

Parmi les cris d'horreur et la panique, Ruchard se précipita sur son chétif adversaire, le saisit au poignet et le désarma. Bro lui criait en pleine face:

— Eh bien! tu l'auras voulu! Voilà où elle m'a conduit, la science officielle! A détruire mon chef-d'œuvre! Ah!

Ah! La science officielle!...

Dajan-Phinn, tournoyant sur lui- même, écroulé soudain, s'était abattu le front contre la terre, les bras en avant. Aidés des domestiques accourus au bruit, Henri Ruchard et César Bro le transportèrent sur un canapé du salon. On apporta des lampes. Tandis que les deux femmes

montaient apai i r ks <-nfants rév« par Lea détonations et qui poussa

le professeur exami-

le blc ''. Il li'»1 lia la tcte. Da Phinn avait reçu deux bail'- en pl« i oitrine. Son blail d

Indifférent a m victime, le don teur I arpentait Le salon, qu'il emplissait de

'•t de. lai .<>\\. Il déi larait

qu'il allait se constituer prisonnier, que l'instrw tion «le son procès, le retenti ment d< contraindraient le mon-

de; entier a re< oimait re la vérité de ses affirmations, L'excellence de ses doctrines, à lui rendre enfin justice.

Le professeur, qui prétait l'oreille, quitta un instant Dajan-Phinn. Il entraîna son fils et le peintre dans un coin de la pièce. Il fallait éviter au contraire le scandale d'un tel procès. Bro avait évidemment agi dans un accès de folie.

Lui, Ruchard, se faisait fort de le prouver. Et il userait de son influence pour couper court à toute poursuite. Il pria les deux hommes de l'aider dans son projet. Ils feindraient d'accéder au désir du meurtrier. Mais au lieu de l'accompagner au commissariat, ils le conduiraient dans une maison de santé voisine, tenue par un de leurs amïs communs, ou il recevrait tous les soins nécessaires, et où le parquet pourrait, dès le lendemain, procéder aux enquêtes d'usage.

Un quart d'heure plus tard, le docteur Bro quittait la maison entre ses deux gardes du corps, persuadé qu'il se livrait à la justice et lançant à son adversaire un dernier sarcasme et un dernier défi...

Les heures s'écoulent, lentes, au chevet de Dajan-Phinn, dans ce salon dont on n'a pas osé l'emporter. Mme Bro veille, tandis que le professeur Ruchard prend un peu de repos dans une pièce voisine. Le célèbre médecin ne donne toujours pas d'espoir. Sans doute Finfortuné emportera bientôt à jamais avec lui le secret de son origine. Cependant, il a repris connaissance. Et comme la bonne Mme Bro écrase du bout du doigt une larme au coin de son œil.

— Ne pleurez pas, murmure Dajan- Phinn. Je ne regrette pas de disparaître. Hier, à cette place, j'ai entendu vos fian-

DAJAN-PH1NN

ces. J'ai pris conscience de mon vrai mal- qui attache à la vie, qui révèle son charheur, de mon mauvais destin. Que je sois me et son attrait... ou non né comme les autres hommes, il — Et c'est?... m'aurait toujours manqué la seule faculté — Aimer...

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