‹ Mariage [microforme]Chapitre 16 sur 28 · POSER · texte numérisé non relu

POSER

lard, qui célébrait ses noces d’or, auxquelles j'ai assisté, il y a quelques années, se scandalise de voir un jeune homme visiter assidûment une jeune fille à la maison, la voir, rester seul avec elle au salon, et se promener sur les rues en sa compagnie; lui qui, comme il le racontait à l’occasion de ses noces d’or, n’avait jamais vu seule sa prétendue, et ne lui avait pas même une seule fois donné la main, avant le jour de leur mariage. Il serait également scandalisé de la manière de faire des Bretons: “ Mais comment! se récricerait-il, permettre à la jeunesse de danser, et cela sur la place de l’église, quel scandale! ”

Non, mes frères, parce que notre fréquentation ne se fait pas comme dans les campagnes du Canada, cela ne veut pas dire qu’elle soit mauvaise. A ceux qui me diront qu’elle offre aux amoureux plus de dangers, je répondrai par ces paroles de Notre-Seigneur : “ Car c’est du coeur que sortent les mauvaises pensées, les adultè-

FRÉQUENTATION

res, les fornications.” Si le coeur est mauvais, ce n’est pas une table ou le regard des parents qui pourra empêcher le mal:

“ Mais moi, dit encore Notre-Seigneur, je vous dis que quiconque aura regardé une femme pour la convoiter, a déjà commis l'adultère avec elle dans son Coeur. F Quand les coeurs sont purs, au contraire, ils peuvent se tenir en tête à tête sans

danger.

Il n’y a donc pas de mal, en soi, pour les jeunes gens d’être seul à seule, pas plus dans les fréquentations qu’en tout autre temps. Je ne nie pas qu’il y ait là un danger, mais ce danger, en soi, n’est pas nécessairement une occasion prochaine de péché. Ce qui veut dire que les parents peuvent en conscience tolérer la chose, quand il y a de graves raisons de le faire.

Par exemple, voici une fille âgée et sérieuse, qui a de l'expérience et qui a déjà donné des preuves d’une vertu solide ; elle à raison de s'attendre à une plus grande

liberté que celle qui est donnée à une fille qui n’a pas le même mérite.

De même, s'il y a danger que les amoureux se rencontrent sur les rues; car il vaut mieux que la fréquentation se fasse à la maison, seul à seule, que dans les chemir, et la fille sera bien moins exposée.

Et encore, si la surveillance des parents est interprétée comme un vote de non confiance, et considérée comme une injure. Cette manière de voir est assez commune de nos jours et tend à se généraliser.

Dans tous ces cas, et pour toute autre raison semblable, les parents peuvent, en toute sûreté de conscience, tolérer que leur fille entretienne seule son prétendant.

Il est bon de faire remarquer ici qu’un garçon sage, intelligent et bien élevé, se fait un devoir de se conformer en tout aux désirs des parents de sa prétendue.

FRÉQUENTATION

C’est le moyen ce gagner leurs boues grâces et de faire plus facilement sa conquite.

Mais ce qui n’est pas permis, et ne peut jamais être toléré, c’est une mauvaise fréquentation. Du moment qu’une fréquentation devient mauvaise, qu'elle est une occasion voulue de péché, elle doit cesser, et cela, sous peine de péché mortel. Ne dites pas: “ Mais nous sommes pour nous marier, seulement nous ne somimes pas prêts maintenant. ” Cela ne vous excuse pas ; votre fréquentation est mauvaise, vous ne pouvez pas en conscience la continuer. Puisque vous n’êtes pas prêts à vous marier et ne pouvez pas vous fréquenter honnêtement, vous devez vous séparer.

Mulierem fortem quis inveniet? Mes chers amis, il s’agit, pour vous, de vous trouver une femme forte en qui vous pourrez mettre une confiance entière et qui

pourra faire votre bonheur. Elle est un

trésor qui mérite que vous le cherchiez avec soin. Cherchez-la partout, cette femme forie ; dans votre fréquentation, n’ayez qu’elle en vue, et Dieu bénira certainement vos bonnes dispositions. Quant à vous, jeunes filles, soyez toujours sages dans vos fréquentations, et sachez que, si vous vous y conduisez chrétiennemerit, le Seigneur vous bénira, vous auss., °n vous faisant trouver un mari selon votre coeur.

— Ainsi soit-il.

Ecce sponsus venit, exite obviam ei.

Voici l'époux qui vient, allez au-devant de lui.

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