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La publication des bans offre de grands avantages. Par cette publication, l’Eglise sauvegarde la dignité du sacrement et les intérêts des mariés. D’abord, elle a pour objet de faire connaître les empêchements au mariage. C’est là le premier et le principal avantage des bans. Ceux qui se marient veulent se marier, ils veulent que leur mariage soit valide. Ils doivent s'assurer qu’il n’y a pas, dans leur cas, d’empêchements qui rendent leur mariage nul ; autrement ils s’exposeraient à de bien fâcheuses conséquences.
En voici un exemple: c’est un mariage qui s’est fait, il n’y a pas longtemps, dans une des villes du diocèse. Les mariés ne voulaient pas être publiés pour la raison qu'ils ne pouvaient pas attendre au dimanche, parce qu’ils avaient fait la bévue de régler tous les détails de la célébration de leur mariage, avant de voir leur curé; néanmoins, ils ont dû remettre au lendemain leur mariage et publier une fois. La publication s’est faite tard dans la mati-
née, et ils se sont mariés de bonne heure dans l'après-midi. C'était avant la mise en force de la loi de l’Eglise, qui défend les mariages après midi. Immédiatement après la cérémonie nuptiale, ils partent en voyage de noce. Pendant qu’ils étaient à goûter les premières douceurs de la lune de miel, on vient annoncer au curé que les mariés sont parents: cousins du troisième au quatrière degré.
Après quelques semaines de voyage, les jeunes époux rentrent chez eux, en apparence parfaitement heureux. Il n’y a donc pas d’inconvénient, pense-t-on, à les mettre au courant des faits, afin de remédier au mal sans retard: en obtenant la dispense voulue, et en renouvelant leur consentement. Le curé, les ayant fait venir au presbytère, leur fait connaître l’existence de l’empêchement, et, par suite, la nullité de leur mariage; il leur indique en même temps le moyen de remédier au mal.
Le marié, revenu de sa surprise, adresse
au curé ces paroles : “ Vous me dites, si je comprends bien, qu’il y a un empêchement à notre mariage, qu'il est en conséquen:e nul, et que nous sommes libres? — Parfaitement, répond le curé, cet empêche ment étant dirimant, était un obstacle à votre mariage. Mais j'ai prévenu votre désir et j’ai obtenu pour vous la dispense voulue, — Je vous remercie de votre bonté, dit le marié, mais pardonnez-moi, puisque je suis libre, je veux y rester. ” On a eu beau essayer à lui faire entendre raison, tout a été inutile; il quitta sa femme pour ne plus Ja revoir. Elle en a eu le coeur brisé, elle est restée inconsolable.
C’est là, mes frères, une bien mauvaise affaire, qui ne serait pas arrivée si on avait pris le temps de publier les trois bans, parce qu’alors l’empêchement aurait été connu avant le mariage, une dispense aurait enlevé l’obstacle, et le mariage aurait été valide. Mais pour n’avoir publié qu’une fois, voilà qu’un sacrement a été exposé à la nuliité; voilà que l’avenir de deux personnes est ruiné !