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mépris, et va ailleurs faire une nouvelle victime.
Jugez du désespoir de cette malheureuse jeune fille, quand elle se rend compte qu'on luien a fait accroire, et qu’elle a été si cruellement trompée ! Jeunes filles, mettez-vous en garde contre Ces libertins hypocrites. N’allez jamais sacrifier, pas même pour une belle promesse de mariage, ce que vous avez de plus précieux : la pureté de vos moeurs et votre vertu.
Il y en a d’autres, enfin, qui ne se mMarient pas par timidité. Ils voudraient bien se marier, ils en comprennent toute l'obligation, mais comment faire? C’est là pour eux la grande question. Mais, mes amis, il n’y a rien de plus simple e’ de plus facile. gi vous n’avez personne spécialement en vue, jetez les yeux autour de vous, et cherchez-vous une bonne fille qui soit capable, vous pensez, de vous faire une bonne femme. Comme ces bonnes filles sont nombreuses dans la paroisse, vous
en trouverez une facilement. Présentezvous chez elle, dites-lui tout simplement vos intentions, et demandez-lui la permission de la fréquenter. En peu de temps, vous aurez appris à connaître son caractère ; si elle vous convient, vous faites la proposition ; si non, ou si la fille ne vous apprécie pas, vous vous excusez, et vous vous retirez. Dans ce dernier cas, vous ne vous tenez pas pour battu. Vous recommencez avec plus de courage que jamais, tant que vous n’en avez pas trouvé une de votre goût Quand votre choix est fait, vous faites la grande demande, et, sans plus de cérémonie, ni pius de retard, vous préparez les choses nécessaires aux noces et vous vous mariez. Ainsi vous triomphez de votre timidité, ct vous êtes heureux du résultat obtenu. Pour les personnes timides, comme pour les indécises, il n’est rien comme de faire les choses rondement.
Mais voici des garçons qui, malgré toute leur bonne volonté, n’ont pas pu se marier; ils ont vingt-cinq, trente, et quaran-
te ans, que doivent-ils faire ? Leur devoir est tout tracé: ils doivent surmonter les obstacles à leur mariage et se dépêcher de se marier. Ils doivent se hâter d’autant plus qu’ils sont plus âgés. La vie de garçon n’est pas un état où l’on se fixe, c’est plutôt une condition passagère. Le vieux garçon, comme tel, n’a pas sa raison d'éue. Pour montrer l’isolement embêtant du vieux garçon dans la société, un père missionnaire, prêchant une re-
traite dans une paroisse de campagne, disait: “ Le vieux garçon! voyez-le dans le monde, il est comme perdu; il n’a pas sa place avec les gens mariés, il n’a pas sa place non plus avec les jeunes gens; il me fait penser à un veau au milieu d’un troupeau de moutons. ”
Je sais qu’il y a de bons vieux garçons comme il y a de bonnes vieilles filles ; aussi, honneur à eux! ils sont d’autant plus respectables que les autres sont plus méprisables. Mais rester vieux garçon pour être vieux garçon, c’est-à-dire rester vieux
garçon pour être plus libre dans ses mouvements; rester vieux garçon pour mieux jouir de la vie; rester vieux garçon pour ne pas prendre sur soi la responsabilité que le mariage impose, est le fait d’un esprit perverti, d’un coeur dépravé, et d’une âme vile.
Quant à vous que le malheur a frappés, il ne faut pas vous décourager. Vous étiez mariés, vous aviez une bonne femme qui est morte, après vous avoir donné de charmants enfants, que devez-vous faire?
Vous êtes dans la force de l’âge, et plein de vie; vous devez vous remarier. Plus que jamais vous avez besoin d’une ferime, comme vos enfants ont besoin d’une mère.
Mariez une fille de votre âge, une bonne vieille fille dévouée, qui sera heureuse de faire votre bonheur, et d’aimer vos enfants comme les siens propres.
Il n’y a pas d’âge trop avancé pour se marier. J’ai marié des vieillards de soixante-dix ans et plus, et ils avaient parfaitement raison de se marier. Un homme
que j'ai bien connu dans mon enfance, perd sa femme; ils étaient mariés depuis quarante ans. C'était un honnête homme et un excellent chrétien; il avait horreur du péché. Le voilà, par la mort de sa femme, tout à coup isolé; le vide s’est fait autour de lui, sa routine de vie ordinaire n’est plus possible, ses habitudes de quarante ans sont brusquement rompues; il est désolé.
Dans cet état d’Ame, il va voir son curé,
et lui dit: ‘“ Monsieur le curé, j'ai l’intention de me remarier. Il est vrai que ce n’est que la semaine dernière que vous avez enterré ma vieille, mais je ne puis pas vivre comme ça. J’avais une bonne femme, qui a toujours voulu mon bien ; elle me pardonnera de me remarier sitôt.
— Mais ne craignez-vous pas, mon cher Monsieur, que les gens vous fassent la vie un peu dure? — Monsieur le curé, c’est pour éviter le péché, c’est pour sauver mon âme que je veux me remarier. ” Le lendemain, un vieillard de plus de soixantedix ans se mariait à l’église paroissiale.
Mes bien chers frères, la question du “ Quand faut-il se marier ”, n’est pas plus indifférente que le mariage lui-même. A chacun de répondre consciencieusement à cette question, en tenant compte des circonstances dans lesquelles il se trouve, des dangers auxquels il est exposé, et des moyens à sa disposition pour éviter le péché. Il vient un temps où il faut quitter son père et sa mère, et s'attacher, l’homme à sa femme, et la femme à son
mari. Puissiez-vous bien comprendre et faire courageusement votre devoir. Il y va de vos plus chers intérêts pour le temps et pour l’éternité. — Ainsi soit-il.