DEUXIÈME QUESTION
Qui doit-on marier ?
1 Une aide — II Son semblable
III Mariages mixtes — IV Empêchements
UNE AIDE
Non est bonum esse hominem solum, faciamus ei adjutorium simile sibi.
Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui.
Dans les trois instructions précédentes, mes bien chers frères, nous avons répondu à la question: Quand faut-il se marier ?
Nous avons traité cette question un peu longuement à cause de son importance, et parce qu’elle est généralement mal comprise,
QUI MARIER
Nous nous demandons, en second lieu:
qui doit-on marier? Cette question à laquelle nous allons répondre maintenant, n’est pas moins importante et n’est peutêtre pas mieux comprise que la première.
C’est pourquoi nous allons lui consacrer quatre instructions. Les mariages malheureux le sont généralement parce qu’on ne sait pas qui marier. L'homme honnête et vertueux, qui marie une personne qui lui convient, est heureux; et la femme de devoir, qui a un bon mari, est heureuse.
‘ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, dit le Créateur, faisons-lui une aide semblable à lui.” “Il n’est pas bon :” ily a, dans le coeur de l’homme, un besoin inné de bonheur. Nous avons été faits pour être heureux, et nous tendons naturellement vers le bonheur. Etre heureux, c’est vivre. ‘“ Je suis venu, dit Notre- Seigneur, pour que vous ayez la vie, et pour que vous l’ayez abondamment. ” A la place du mot vie, mettez le mot bonheur
et vous avez la même pensée. Nous vivons réellement dans la proportion que nous sommes heureux.
La première condition du bonheur de l’homme, c’est qu’il ne soit pas seul : “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul. ” Dieu, qui nous a créés pour être heureux, ne nous laisse jamais seuls. Enfants, il nous confie aux soins de parents qu’il remplit d’une tendre sollicitude pour nous et d’un dévouement à toute épreuve, qui les portent à se sacrifier pour nous protéger contre le besoin et la souffrance, et pour nous procurer la plus grande somme possible des joies de la vie. Quand nous nous dépouillons de ce qui est de l’enfant.
et que nous devenons hommes, nous devons quitter nos parents, mais nous ne devons pas être seuls.
“ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme.” Voilà, mes frè-
res, la réponse à notre question. Le jeune homme doit prendre pour femme une fille qui lui soit une aide; une aide capable de le seconder dans toutes ses entreprises, et surtout dans ces choses de la vie, ‘desquelles dépend le bonheur. Pour cela, il faut que la femme aït, entre autres qualités, de la piété, de la bonté et de la santé.
La piété est la première qualité que doit avoir une femme chrétienne, si elle veut être l’aide, que son mari a le droit d’attendre d’elle. Le premier devoir de l’homme est de poursuivre le bonheur éternel ; c’est aussi le devoir de la femme: “ Cherchez d’abord le royaume des cieux et tout le reste vous sera donné par surcroît. ” L'un et l’autre doivent s’entr’aider et travailler ensemble à gagner le Ciel. Pour mériter les joies célestes, il faut faire son devoir, et pour faire son devoir, il faut lutter : “ La vie, dit le saint homme Job, est un combat sur la terre. ” Les ennemis que nous avons à combattre, sont
nombreux et d’une activité incessante ; toujours ils sont à l’attaque ; comme des lions rugissants, ils rôdent autour de nous cherchant le moment propice pour se jeter sur nous et nous dévorer. Pour lutter avec succès contre des ennemis aussi terribles, il faut une vertu qui ne faiblit jamais, et qui est capable de tous les sacrifices. Et cette vertu, où la trouverezvous, mes frères ? Dans la religion ; vous aurez de la vertu si vous avez de la piété.
Prenez pour femme une fille pieuse, et elle vous aidera à être vous-mêmes religieux. Son exemple seul sera un stimulant, et vous encuuragera dans l’accomplissement de vos devoirs de religion. Une femme pieuse est un ange au foyer. Avec elle, la prière du matin et du soir est en honneur dans la famille, aussi bien que la récitation du chapelet. L’audition de la messe, le dimanche, est un devoir auquel personne ne manque. La communion annuelle ne suffit pas, la communion fréquente est en honneur, et même la com-
munion quotidienne est pratiquée quand elle est possible. Avec une femme pieuse au foyer, vous êtes protégés admirablement contre les ennemis du salut. Il se détache de sa personne un rayonnement qui touche les coeurs et les porte à Dieu.
J'ai connu un jeune homme, appartenant à une bonne famille, qui, après «voir été élevé chrétiennement par une bonne mère, eut le malheur de la perdre, alors qu’il était encore jeune. Privé de la salu-
taire protection de sa mère, il tomba en mauvaise compagnie, et se laissa entraîner au mal. La dépravation du coeur amène généralement la perversion de l'esprit, et souvent la perte de la foi.
C’est ce qui est arrivé à notre jeune homme.
Il tombe malade par suite de son inconduite, et voit la mort de près. Cependant, il ne se convertit pas et refuse de voir le prêtre. Heureusement sa vie est épargnée. Revenu à la santé, il corrige
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ses mauvaises habitudes, et vit honnètement. Sa conduite est irréprochable en tout, excepté qu’il ne fait pas de religion.
Il est devenu un honnête homme, mais il reste un mauvais chrétien, et un catholique perdu.
Il a connu, dans sa première jeunesse, une jeune fille pour laquelle il a toujours gardé un secret attachement, au fond de son coeur. C’est une fille reconnue par s piété solide et éclairée. Il demande cette fille en mariage. A la grande surprise de ses parents, et au grand étonnement de tout le monde, elle accepte. Est-ce qu’elle obéit à une inspiration secrète ? Est-ce qu’elle suit un mouvement intérieur, venant de Dieu, qui la porte mystérieusement vers cet homme? Je n’en sais rien ; quoiqu'il en soit, elle, une fille pieuse, marie volontiers un impie.
C'était entendu, avant '2 mariage, que la femme aurait toute liberté de pratiquer sa religion, et d'élever les enfants catholiquement; et que, de son côté, on
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lui laisserait la paix, et ne lui parlerait pas de religion.
Après quelques années de mariage, c’est au temps des pâques, la femme, un jour, se préparait à sortir, quand son mari lui signifia son intention de l’accompagner. ‘“ Je serais très heureuse que tu viennes avec moi, lui dit-elle, mais j'ai peur que tu refuses de m’accompagner, car je m'en vais à l’église me confesser.— C’est ce que je pensais, et c’est pourquoi je veux aller avec toi. ” Le lendemain, c'est le dimanche des rameaux, elle a, pour la première fois, le bonheur indicible de se voir à la saiute table avec son mari; et là, ensemble, ils mangent le pain descendu du ciel, qui donne à l’âme la vie éternelle.
Voilà, mes frères, un exemple de te que peut faire une piété éclairée. Qu'est-ce que cette femme a fait pour convertir sou mari? Elle ne lui a jamais parlé de religion, comme c'était stipulé; mais elle a
fait mieux, elle lui a fait voir la religion en action. C’est sa conduite édifiante, aidée de la prière silencieuse; pour tout dire en un mot, c’est sa piété qui a sauvé son mari.
La femme doit avoir de la piété ; elle doit aussi avoir de la bonté, si elle veut être, comme elle le doit, une aide à son mari.
Dieu a créé l’homme pour le ciel, mais il l’a créé sur la terre. S'il veut que nous possédions le bonheur éternel, il veut aussi que nous jouissions du bonheur temporel; il en a fait un besoin de notre coeur. Aussi, il a placé nos premiers parents dans le Paradis Terrestre, où ils coulaient des jours parfaitement heureux, en attendant qu’ils entrassent dans la gloire éternelle. Le péché a fait disparaître le Paradis Terrestre, il a fait naître des obstacles innombrables qui rendent l’acquisition du bonheur difficile, mais il n’a pas enlevé du coeur le besoin d’être heureux que Dieu y a mis.
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Vous répondrez à ce besoin du coeur humain, et vous serez heureux sur la terre si vous êtes heureux en ménage; et vous serez heureux en ménage si vous avez une femme bonne : “ Bienheureux l’homme qui a une femme bonne, ” disent les Saintes Ecritures. Remarquez que je ne dis pas une bonne femme : une bonne femme est une femme honnête. Ce n’est pas assez que la femme soit honnête, il faut encore qu’elle soit bonne, qu’elle ait bon coeur, qu’elle soit portée à vouloir du bien aux autres, et habituée à leur en faire. Vous vous rappelez le jeune vieillard dont je vous ai déjà parlé. Il avait une fermme d’une grande bonté; aussi, après quarante-huit ans de ménage, ils étaient encore heureux comme au jour de leurs noces. Toute leur vie a été une longue lune de miel.
Pour être heureux, l’homme a besoin de trois choses qui répondent aux aspirations de son coeur.
D’abord, il a besoin d’être aimé. Cette
déclaration va peut-être surprendre les jeunes filles, qui peuvent facilement simaginer que les hommes sont trop indifférents et trop indépendants pour s’occuper d’être aimés. Si on en juge par leur conduite, certaines femmes mariées seraient dans cette erreur, et penseraient que, si les hommes savent :imer, ils sont peu portés à vouloir être aimés, et, pour leur malheur, elles négligent lear mari.
Détrompez-vous; le coeur de l’homme est fait pour aimer et pour être aimé. tout comme celui de la femme. Il peut être moins tendre que celui de la femme, maïs il est de même nature, et il a les mêmes besoins. Toujours, d’ailleurs, l'amour appelle l'amour ; si on aime, c’est pour être aimé; c’est une loi universelle et éternelle. Dieu nous aime, il nous aime en Dieu, infiniment ; aussi il veut, en retour, “ Que nous l’aimions de tout notre coeur, de tout notre esprit, de toute notre âme, et de toutes nos forces. ”
A cause de ce besoin, le jeune homme
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doit marier une fille qu’il aime de tout son coeur, de laquelle il puisse dire avec enthousiasme, quand il l’aura mariée : “Ma femme est la plus aimable, la plus dévouée et la meilleure de toutes les femmes. ” C’est ce que chaque mari devrait pouvoir dire de sa femme. La femme aimée, si elle est bonne, rendra amour pour amour.
Elle ne se contentera pas de dire à son mari, je t'aime, quoique ce petit mot soit capable de produire les effets les plus prodigieux; mais elle lui montrera son amour dans sa conduite. Elle répondra pleinement au besoin qu’il a d’être aimé, et, partant, le rendra heureux.
Il a besoin, en second lieu, d’être apprécié. L'homme, malgré ses défauts, est généralement bon. Il se donne tout entier à sa famille. Sa femme est sa plus chère moitié. Il travaille volontiers pour les siens, gagne leur pain à la sueur de son front, et ne recule devant aucun sacrifice pour assurer leur bien-être; maïs, en retour, il veut qu’on reconnaisse ce qu’il
fait, et que l’on sache apprécier sa conduite.
N’allez pas croire que ce soit là de l’enfantillage indigne d’un homme sérieux et encore plus d’un chrétien. Vouloir être apprécié, au contraire, est très noble et parfaitement juste, et la marque d’une âme élevée. C’est tout simplement se mettre en harm.. ie avec une loi éternelle, c’est faire humainement ce que Dieu fait divinement. Et, en effet, Dieu veut que ses créatures reconnaissent ses perfections et ses bienfaits; aussi, au ciel, les anges chantent-ils sans cesse: “ Saint, saint, saint, est le Seigneur, le Dieu des armées ;” et, sur la terre, l'Eglise, au nom de tous les hommes, célèbre ses louanges, et lui rend de continuelles actions de grâces.
L'homme a donc besoin que les siens reconnaissent ses mérites et apprécient ce qu’il fait pour eux. Aussi, la femme qui a bon coeur, sera empressée auprès de son mari, elle aura à sa disposition mille
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moyens de lui faire sentir qu’elle reconnaît tout son mérite, et qu’elle sait apprécier sa conduite à sa juste valeur. Dars leurs entretiens familiers, elle mettra en relief ses plus belles qualités ; elle fera ressortir ses plus belles actions, et rappellera avec complaisance ses gestes de tous les jours ; elle célébrera toujours son bon esprit et son bon coeur. Elle apprendra à ses enfants, à mesure qu’ils grandiront, à nour-
rir pour leur père des sentiments d’admiration, et à lui exprimer leur recvnpaissance pour tout ce qu’il fait pour eux, tous les jours.
I1 n’en faut pas davantage, mes frères, pour faire bondir de joie le coeur d’un homme. Heureux celui dont la femme sait reconnaître, avec ses enfants, ce qu’il fait, et apprécier justement sa conduite.
L'homme a besoin encore de sympathie.
Ses jours malheureusement ne sont pas tous ensoleillés. Les mauvais jours dans
la vie sont nombreux. Il est exposé à toute sorte de misères. Par exemple, il est indisposé, et, cependant, il est forcément tenu à un travail pénible, qui épuise ses forces et l’accable. Ici, il se voit en face de dangers imminents, et aux prises avec de graves difficultés. Là, de mauvaises affaires surviennent, qui réduisent à néant ses plus beaux projets. C’est encore la maladie qui entre dans sa famille; la mort peut le visiter et lui enlever un être chéri. La liste des malheurs possibles est illimitée, et bien longue est celle de nos misères.
Dans toutes les circonstances pénibles de la vie, l’homme a spécialement besoin de sympathie. Il a besoin de savoir qu’il y a quelqu’un qui partage ses chagrins, et qui souffre volontiers avec lui jusqu’au bout. Si la femme est bonne, elle sera ce quelqu'un ; elle donnera toutes ses sympathies à son mari; elle relèvera son courage abattu; elle trouvera dans son coeur des paroles de feu, et rallumera la confiance
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dans l'âme de son märi, y fera luire l’espérance, et fera revivre ses plus chères ambitions. Et ainsi, elle se montrera comme toujours une aide précieuse pour son mari.
La femme, avec la piété et la bonté, doit avoir la santé. La santé est la meilleure dot que la femme puisse apporter à son mari. Elle vaut infiniment mieux que les richesses et tous les bit:18 temporels. La santé de la femme est une bénédiction pour toute la famille.
Une femme en santé remplit allégrement sa tâche, elle est toujours de bonne humeur, et sa gaîté ensoleille le foyer.
Quand le mari, le soir, rentre chez lui, fatigué, après une journée d’un travail dur, il est reçu par des gens à la figure souriante ; il cntend une salutation familière et affectueuse de la part de sa femme, et des cris de joie de la part Ge ses enfants, qui courent, les bras tendus, tout rayonnants de bouheur, à la rencontre de leur papa.
UNE AIDE
Il n’en faut pas davantage pour lui faire oublier ses peines, et pour le reposer ; il est gagné par cette atmosphère de gaîté qui l'entoure, et se sent heureux. Quand il y a de la santé dans une famille, il y a du bonheur, on y jouit de la vie. Quand, au contraire, il n’y a pas de santé, on ne jouit de rien.
Il est donc souverainement important que le jeune homme marie une femme jouissant d’une bonne santé, comme il est souverainement important qu’il marie une personne pieuse et bonne. Sa femme ne pourra pas lui ê:re l’aide qu’elle doit être, si elle n’a pas ves trois qualités de piété, de bonté et de santé.
Mes jeunes amis, vous vous demandez peut-être où vous pourrez trouver des personnes ayant toutes ces qualités, et, partant, capables de vous être des aides véritables? Vous n’avez pas à aller les chercher bien loin ; vous les trouvez ici même, dans votre paroisse, et elles sont plus nombreuses que les garçons, ce qui
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vous permet de choisir parmi les meilleures.
Vous devez faire un choix judicieux.
Le moyen, c’est d’abord de voir quelle est la famille de cette fille, que vous désirez pour la compagne de votre vie : “ Car, dit Notre-Seigneur, on connaît l’arbre par ses fruits. Un bon arbre ne produit pas de mauvais fruits, ni un mauvais arbre de bons fruits.” Si cette fille appartient à une bonne famille, où l’on rem-
plit fidèlement ses devoirs religieux, et . où règne la paix, fruit de la bonne volonté; vous pouvez espérer qu’elle est elle-même bonne, et qu’elle continuera, dans votre famille, les traditions de bonté et de bonne volonté de sa famiile.
Vous pouvez encore juger des qualités d’une fille par les amies qu’elle fréquente. ‘“ Dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es.” Ce proverbe, que vous connaissez tous, est généralement vrai. Une fille qui a pour amies de bonnes filles, dont la conduite est irréprochable, et qui se dis-
tinguent par leur empressement à se rendre utiles et à aider aux bonnes oeuvres, possède elle-même généralement ces qualités de ses amies, et offre, par là, une garantie qu’elle sera une vraie femme, une aide précieuse pour son mari.
Mes amis, si vous devez prendre tous les moyens que la prudence suggère pour vous procurer une bonne femme, rappelez-vous que vous devez, en justice, assu-
rer à votre femme un bon mari. Sachez.
que l’expérience enseigne que l’homme a la femme que sa conduite lui mérite :
‘“ Qui se ressemble s’assemble, ”
Les Saintes Ecritures proclament bienheureux, l’homme qui a une bonne femme, et elles ajoutent, qu’elle est un don du Seigneur, et que Dieu la donne à celui qui la mérite. Puissiez-vous, mes chers jeunes gens, mériter que le Seigneur vous donne une femme qui fasse votre bonheur sur la terre et vous aide à élever votre famille pour le ciel. — Ainsi soit-il.
SON SEMBLABLE
Non est bonum esse hominem solum, faciamus ei adjutorium gimile sibi.
11 n'est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable À lui.
Dans les desseins du Créateur, mes bien chers frères, la femme doit être une aide à son mari; il l’a créée expressément à cette fin: “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui.” La femme, pour être une aide à son mari, doit avoir certaines qualités, entre autres, la piété, la bonté et la
santé, comme nous l’avons vu dans la dernière instruction.
Mais ce n’est pas iout. (Ce n’est pas assez pour la femme d’être une aide, il faut qu’elle s’adapte à son mari, et qu’elle soit son semblable : “ I1 n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui. ” La femme s’adaptera facilement à son mari, et lui sera suffisamment semblable, si elle a le même âge, la même fortune, et si elle est de la même nationalité que lui; si elle a, à peu près, les mêmes qualités du coeur et de l’esprit.
Il est important que les époux soient semblables sous ce double rapport. Ce n’est pas un péché, sans doute, et vous le comprenez bien, pour une fille de marier un homme bien plus âgé qu’elle; pas plus que c’est un péché pour un jeune homme de marier une femme assez âgée pour être sa mère. Il n’y a pas de loi qui défend à une personne riche de marier une personne pauvre, Il n’est pas défendu, non plus,
à un canadien ou à une canadienne de s'allier à une personne d’une autre nationalité. Rien n’empêche davantage qu’un homme de mérite ne marie une fille obscure, et qu’une femme intelligente n’épouse un ignorant et un esprit médiocre
C:s mariages mal assortis ne sont pas péché, en soi, quoiqu’ils deviennent presque toujours des occasions de péché ; mais ils sont pleins d’inconvénients et généralement malheureux. Ce qui fait le bonheur de la vie conjugale, c’est l’union des coeurs et des âmes. Là où il n’y a que l'union des corps, il n’y a pas de bonheur durable possible. Dans les mariages disproportionnés, cette union des coeurs et des âmes est excessivement difficile, pratiquement impossible.
Voyons d’abord la question d’âge, et prenons, pour exemple, le mariage de Mademoiselle Wilson, fille du Président des Etats-Unis, qui vient de marier un homme presque assez vieux pour être son grand
SON SEMBLABLE
père, McAdoo, secrétaire du trésor dans le cabinet de son père. Est-ce que ce mariage peut être heureux? Non, mes fr res; je ne dis pas qu’il sera nécessaire:: eut malheureux à la vue et au su de tout le monde, car iis chercheront évidemment à sauver les apparences; et, comme ils ont la fortune et les honneurs, la chose leur sera relativement facile. Mais je dis et je sais qu’ils auront tous les deux à souffrir des peines intérieures. La richesse et la gloire donnent certaines satisfactions, mais elles ne répondent pas à tous les besoins du coeur, loin de là: elles ne remplacent pas l’union des cœurs et des âmes, qui seule fait le bonheur des ménages.
Cette union des coeurs et des âmes fait défaut chez eux. Et, en effet, comment pourrait-elle exister dans un mariage aussi disproportionné, alors que les époux appartiennent à deux générations différentes? Vous le savez, chaque âge a ses besoins propres et tout particuliers ; aussi, vous voyez toujours ceux du même âge se
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rechercher. Ce qui satisfait un enfant, ne donne pas satisfaction à un jeune homme; ce qui intéresse spécialement le jeune homme, n’intéresse pas l’homme arrivé à l’âge mûr; il y a jusqu'aux vieillards qui ont une disposition d'âme qui leur est propre. Ce qui est vrai de l’homme est également vrai de la femme.
Je vous le demande maintenant, est-ce qu’une jeune personne d’une vingtaine d'années peut être en rapport intime, en sympathie sincère avec un homme avancé dans la cinquantaine? Non, mes frères; il ne peut pas y avoir entre eux cette communauté d'idées, de goûts et de sentiments qui rend la vie conjugale harmonieuse. Il n’y aura pas de satisfaction intime dans tous leurs rapports, et leur vie sera nécessairement une vie de contrainte et de sacrifice. Il leur faudra une grande somme de vertu naturelle, seulement pour sauver les apparences.
Un autre grave inconvénient de ces mariages, c’est que, comme dans le cas de
SON SEMBLABLE
Wiley, ce fameux chimiste américain, qui a été, pendant vingt-neuf ans, à la tête du bureau de la nourriture saine, à Washington, qui a marié une jeune femme et qui vient de devenir père à l’âge de soixantesix ans, c’est que, dis-je, ils ont encore des enfants, quand ils sont très vieux. Wiley sera un vieillard, déjà penché sur sa tombe, et son enfant sera tout jeune. C’est dire que l'enfant sera privé, dans sa formation, de l'influence salutaire que le père doit exercer sur son enfant.
De plus, sil vit jusqu’à un âge très avancé, et s’il veut mettre dans l’âme de son enfant, l'empreinte de son caractère, est-ce que ses vieilles idées s’accorderont bien avec celles de la mère, qui est d’une autre génération? Evidemment non. De là les contraintes et les sacrifices.
Les mariages de ce genre sont des pis aller, qu’il faut toujours voir d’un mauvais oeil, et ne jamais sy engager que pour éviter un plus grand mal.
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La ressemblance même sous le rapport de la fortune, est avantageuse au bonheur des époux. Si vous êtes sage, jeune homme, vous choisirez de préférence une fille de votre condition. Si vous êtes pauvre, mariez une fille pauvre. Si vous n’avez pour tout avoir que votre santé, mariez une fille qui n’a que sa santé à vous donner pour dot.
Alors, il n’y aura pas de doute possible que vous mariez la fille, non pas pour son argent, mais pour ses qualités. Vous serez doublement aimable aux yeux de votre femme, qui se montrera en conséquence doublement empressée à vous plaire, et doublement dévouée à servir les intérèts communs.
C’est un beau spectacle qu'offre un jeune ménage qui commence la vie commune n'ayant l’un et l’autre, pour toute fortune, que leur santé, leur courage et leurs fières ambitions. Désireux de réussir, ils se mettent résolument à l’oeuvre.
L'homme travaille avec courage; la femme, de son côté, sait tirer profit de tout et
SON SEMBLABLE
fait des économies. Bientôt, ils ont quelques épargnes, qu’ils placent à la banque.
Ce premier succès les encourage; le mari travaille avec plus d’ardeur, la femme économise avec plus de soin; après quelques années, ils ont un petit capital qui les protège contre les accidents de la vie, et leur donne une certaine indépendance.
Ce petit capital est un bien commun; il est le fruit des soins des deux époux, et,
partant, il forme un nouveau lien précieux qui les attache encore davantage l’un à l’autre.
Comme les mariages intéressés sont différents. Un homme qui marie une femme pour son argent est peu sage. Cet argent sera toujours un obstacle à son bonheur, et une source féconde en misères. En recevant de sa femme plus qu’il ne lui donne, il s’oblige à elle; ce qui veut dire, en pratique, qu’il lui cède la première place au foyer, qu’il sera bientôt relégué à l’arrière-plan, et que c’est elle qui portera les
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culottes, pour me servir d’une expression canadienne. Il sera à sa merci, ne pourra toucher à son argent qu’avec son autorisation bien expresse, et le dépenser que selon son désir.
De plus, la femme se désiliusionnera bientôt. Elle commencera par soupçonner la sincérité de l’amour de son mari; eile se demandera si réellement il ne l’a pas choï:ie plutôt pour son argent que par amour ; elle l’observera de près, l’étudiera dans toute sa conduite, et s’apercevra bientôt ou s’imaginera que, de fait, son mari est froid et trop indifférent pour elle. A partir de ce moment, si Monsieur n’a pas le soin de dorloter Madame outre mesure, elle jugera qu’il ne l’aime pas, et qu’il l’a mariée pour son argent. Alors, c’est fini, c’est un ménage qui sera toujours malheureux, et malheur au mari !
Les mariages entre personnes de différentes nationalités sont aussi peu désirables. Ces mariages mixtes présentent gé-
SON SEMBLABLE
oo
néralement des obstacles à l'union des coeurs et des âmes. Il en est des nations comme des individus, chacune a son caractère propre; c’est pourquoi il faut conseiller les jeunes de marier ceux de leur pays.
Voici un garçon qui nous arrive du Canada français; il est à l’âge de se marier et il veut s’attacher à une femme ; que doit-il faire? Je lui dirai : ‘“ Ecoutez, mon garçon, vous, vous êtes canadien, vous avez été élevé dans la province de Québec, vous avez une âme franchement canadienne, et vous avez à Coeur tout ce qui est Canadien; si vous voulez être heureux en ménage, mariez une personne capable d’entrer dans vos vues et dans vos sentiments, prenez pour femme une canadienne qui soit aussi canadienne que vous êtes canadien.
Vous allier à une fille étrangère à votre pays, serait empoisonner votre vie, Cette fille apporterait avec elle la mentalité propre aux siens et les coutumes de son
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Pays, qui seraient en opposition avec les vôtres, et vous contrarieraient sans cesse, Elle aurait autant de droit que vous à rester attachée aux choses de son pays, qui lui est aussi cher que le vôtre vous est cher à vous-même. Dans de pareilles conditions, l’accord entre les époux est extrémement difficile, il ne peut exister qu’à force de sacrifices de part et d'autre.
Cependant, il y a des mariages entre personnes de nationalités différentes qui offrent peu d'inconvénients. Ce sont les mariages des personnes qui ont été élevées ensemble, et parlent une langue commune, quoique les parents viennent de différents pays. Il y a beaucoup de ces mariages de nos jours, tant au Canada qu'aux Etats-Unis. Je rencontrais, à Worcester, au mois de janvier dernier, un jeune prêtre Canadien, de la province de Québec, du nom de Murphy, qui ne parlait pas l’anglais. Nous avons des familles de Bruchési, de Forbes, de Smith, de Johnson, de Flynn, de Ryan, pour n’en
SON SEMBLABLE
nommer que queïques-unes. Toutes ces familles sont aujourd’hui tout aussi canadienues que les vôtres et la mienne.
Vous prenez nos jeunes gens, qui sont nés et élevés dans ce pays, qui est leur pays tout autant que le Canada était le vôtre et le mien ; il y a peu d’inconvénients qu'ils s’allient à ceux qui, comme eux,sont nés et ont été élevés dans ce pays, quoique les parents n’aient pas la même origine.
Dans ce cas, ce n’est pas précisément un mariage entre personnes de pays étrangers, mais bien l’alliance d’un américain et d’une américaine.
Bien plus, certains savants, que j’appellerai eugénistes, prétendent que c’est là un moyen puissant de perfectionner la race. Mais il ne s’agit pas ici de cette question. Il découle donc, de tout ce que nous avons dit, qu’un garçon sérieux, qui ne se laisse pas éblouir par de faux éclats, doit se mettre en garde contre les dangers d’un mariage ma! assorti, et prendre pour
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femme une fille de sa condition, en tout semblable à lui: “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui. ”
Maintenant, si nous passons de ces conditions extérieures aux dispositions de l’âme et aux qualités de l'esprit, nous constatons que,sous ce rapport également, la femme doit être semblable à son mari, pour assurer un ménage heureux.
J’ai très bien connu un homme, il est mort maintenant, qui va nous servir d'exemple. Il était de la classe commune et très intelligent. Il avait un esprit droit et un jugement sûr. Ces qualités lui avaient gagné la confiance de ses compatriotes qu’il représentait dans l’administration de la chose publique. Il maria une fille de sa condition, qui ne manquait pas de charmes, mais qui était peu douée du côté de l'esprit. Contrairement à la femme dont les Saintes Ecritures font la louange, toute sa beauté était à l’exté-
rieur. Fille, elle était très réservée, parlait peu, et ne se mêlait pas aux filles de son âge, ce qui lui donnait l’apparence d'être d'une rare sagesse; mais la chose lui manquait complètement. Peu intelligente, et n’ayant pas d’expérience, elle était nécessairement étroite; et, comme il arrive généralement chez les petits esprits, elle était d'autant plus entêtée qu’elle était plus ignorante.
I1 est facile de comprendre qu’il n’y avait pas de sympathie réelle entre ces deux âmes. Aussi, il a fallu peu de temps de la vie commune pour que le mari s’en rendît compte. Comme il était intelligent, il a fait de nécessité vertu, mais au prix de quels sacrifices! Toute son ambition, de: plus louables, certes! était d’être un homme de bien à la tête d’une famille chrétienne, en tout irréprochable. Mais, hélas! c’est tout le contraire qui est arrivé. Il est resté, lui, honnête homme, mais il a été on ne peut plus malheureux en ménage.
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Il voulait au moins, à tout prix, que ses misères de famille ne parussent pas audehors. A force de soin et de sacrifices, il a réussi à les tenir cachées jusqu’au temps où ses filles sont devenues grandelettes, à l’âge où la jeune fille commence à vouloir paraître. Il n’a pas eu de garçons. Le père, qui les avait laissées jusque-là sous l’autorité à peu près exclusive de la mère, jugea que le temps était venu de s’en occuper. La mère protesta,
prétendant que c'était à elle seule à avoir l'oeil à ses filles. Le père, sachant qu’elle ne pouvait pas leur donner une direction sage, impose sa volonté et leur trace une ligne de conduite à suivre.
Qu'est-il arrivé? La mère, incapable de se rendre compte de la portée de ses actes, laisse à entendre à ses filles que, si elle semble se rendre à la volonté de leur père, ce n’est que pour mieux le tromper. Elle leur assure qu’il n’est pas pour les tenir renfermées, et qu’elle les fera sortir malgré lui. Elle prétend, elle, que les jeunes
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filles du monde doivent sortir dans le monde et s'amuser, et que pour se marier, d’ailleurs, il faut se montrer. Aussi, elle les toilette à la mode, et les envoie à toute sorte de soirées, aux amusements les plus risqués.
Le père rencontre un jour un ami qui lui dit: “ Vos filles ont fait belle figure hier soir, au bal masqué; leurs costumes ont rapporté les premiers prix. — Comment ! au bal masqué! mes filles ! hier soir! mais, c’est impossible; elles étaient toutes deux indisposées, hier soir, et, déjà, elles étaient au lit quand je suis allé souper.” C’est ce que sa femme lui avait dit, mais, en réalité, pendant qu’il soupait, ses filles étaient à faire leur toilette. Plus d’une fois, au signal donné, la mère s’est levée, en pleine nuit, pour faire entrer ses filles à l’insu de leur père, qui dormait tranquillement, les croyant à se reposer.
Qu'est-il arrivé encore ? Un bon jour, les parents apprennent, par les journaux, que Mademoiselle, la plus âgée de leurs
QUI MARIER
filles, était mariée devant un ministre protestant, à un jeune homme, dont la réputation laissait beaucoup à désirer, et qui n’avait pas même la santé.
Ce scandale a été un coup mortel pour le père. Il s’est senti humilié, écrasé, anéanti; il a eu le coeur brisé. Je l’ai vu pleurer à chaudes larmes, comme un enfant; mais C’étaient des larmes de sang qu’il versait. Ces misères de famille ont occasionné d’autres difficultés qui l’ont ache-
vé. Il est mort dans la force de l’âge.
Ceux qui l’ont le mieux connu sont d’accord à dire qu’il est mort avant son temps, le coeur brisé.
Une autre ressemblance, qui doit exister entre les époux, c’est que l’un et l’autre doivent avoir de la bonne volonté.
L'homme aura beau être prudent et sage dans le choix d’une compagne, il aura beau prendre une femme, autant que possible, semblable à lui; il y aura toujours entre eux un manque d’harmonie en quelque
SON SEMBLABLE
chose. Cela vient de ce que personne n’est parfait ici-bas. Le mari aura ses dé.
fauts comme la femme aura les siens ; c’est pourquoi ils auront à se supporter l’un l’autre, et, pour s’endurer, il faut de la bonne volonté.
Mais cette bonne volonté, qui fait que l’on se pardonne l’un l’autre, est le fruit de l’amour. Le garçon doit donc être sûr qu’il aime sincèrement la fille qu’il prend pour femme, et qu’il la marie par amour.
Il doit aussi s’assurer, autant que possible, que la fille est dans les mêmes sentiments à son endroit. S'il y a de l’amour mutuel, il y aura de la bonne volonté de part et d’autre, et cette bonne volonté fera oublier tout ce qui pourra y avoir de différence entre eux, et leur permettra de vivre en paix.
Jeunes gens, rappelez-vous qu’une bonne femme est un don de Dieu, et qu’il la donne à celui qui la mérite: “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une
aide semblable à lui. ” Appliquez-vous, par. une conduite chrétienne, à mériter cette aide semblable à vous, avec qui il fera bon de vivre; et priez le Seigneur de vous diriger dans votre choix et de bénir votre union. — Ainsi soit-il.
MARIAGES MIXTES
MARIAGES rIXTES
Non est bonum esse hominem solum, jaciamus ei adjutorium simile sibi.
I1 n’est pas bon que l’h>mme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui.
Mes très chers frères : “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul,” dit le Créateur ; c’est pourquoi il doit se marier et prendre pour femme une personne qui lui soit une aide, une aide semblable à lui, comme nous l’avons vu dans les deux instructions précédentes,
QUI MARIER
S’il est important que les époux soient semblables sous le double rapport des conditions extérieures et des qualités du coeur et de l’esprit, il est encore bien plus important qu’ils soient semblables sous le rapport de la religion. Il est tellement important que les époux soient de même religion, que l'Eglise, qui veille avec un soin jaloux, et avec une sollicitude toute maternelle sur les meilleurs intérêts de ses enfants, leur défend les mariages mixtes, comme une chose détestable.
Il y a, en effet, dans ces mariages, quelque chose qui répugne. Que diriez-vour d’une canadienne qui marierait un chinois? Et, encore mieux, que diriez-vous d’un canadien qui marierait une négresse? J’ai vu ces deux cas, l’un à Holyoke, et l’autre à Worcester. Contre l’un et l’autre, on s’est élevé avec indignation, et l’on s’est servi des expressions les plus énergiques pour stygmatiser les coupables, et pour condamner leur folle couduite,
MARIAGES MIXTES
De pareils mariages sont certainement révoltants et odieux. Cependant, ils sont préférables aux mariages mixtes. L’Eglise aime mieux marier un canadien avec une négresse Catholique, ou une canadienne avec un chinois catholique, que de marier un catholique et un protestant de même race. Et la raison en est bien simple. C’est que la différence de religions offre des inconvénients bien plus graves que la différence de races ou de couleurs.
Si les mariages entre blancs et noirs ou jaunes sont odieux et repoussants, les mariages mixtes le sont davantage. Si vous condamnez les premiers, à plus forte raison devez-vous condamner les seconds.
L'Eglise a toujours eu en horreur les mariages mixtes, elle les a toujours condamnés et, cela, pour plusieurs raisons.
Voyons ensemble quelles sont ces raisons et efforçons-nous de les bien comprendre.
Nous savons tous qu’il y a dans la nature une loi qui assemble ce qui se res-
QUI MARIER
semble. C’est une loi universelle qui est partout en évidence. Si vous avez eu l’occasion de courir les bois, vous n’êtes pas sans avoir remarqué que les arbres de même espèce poussent ensemble. Vous trouvez des forêts de bois franc et des forêts de bois mou. Ici vous avez des érables, là des pins, ailleurs des chênes.
Chaque pays a ses plantes qui lui sont propres.
Ce qui est vrai du règne végétal est également vrai du règne animal. Vous voyez les chiens avec les chiens, les chats avec les chats; les moutons se tiennent ensemble et les bêtes à cornes également. Il en est de même des oiseaux. Ils se séparent des autres êtres, puis, ceux de chaque espèce s’assemblent; vous trouvez les pigeons avec les pigeons, et les moineaux avec les moineaux. Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi il en est ainsi ?
C'est qu’ils obéissent instinctivement à une loi de la nature.
Les hommes eux-mêmes n’échappent
pas à cette loi. Vous les voyez se porter naturellement vers leurs semblables, et se grouper par nations, par tribus et par familles. Le dicton populaire: “ Qui se ressemble s’assemble, ” n’est que l’énoncé de cette loi appliquée spécialement aux hommes.
Saint Paul applique cette même loi aux chrétiens quand il dit: “ Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine (du Christ que je vous prêche), ne le recevez pas dans votre maison, et ne le saluez point. ” Nous, catholiques, nous formons une famille à part. Nous sommes unis ensemble par les liens les plus sacrés: nous professons la même foi qui nous vient du ciel; nous vivons de la méme vie que nous puisons à la même source; nous sommes les membres de cette famille dont Notre-Seigneur Jésus-Christ est le chef. C’est pourquoi nous ne devOns pas, nous, Catholiques, nc 18 associer à ceux qui ne le sont pas. Nous ne devons pas les recevoir dans notre maison
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