BIBLIOTHÈQUES
31. — Bibliothèque de Madame la Dauphine. N« I, Histoire. Paris, Saillant et Ngon; Moutard, 1770, in-8, 182 pp. et 1 f. non chiffré (Errata). [N. Inv. Z 55889.]
En regard du titre, frontispice signé : C. Eisen inoenit [et] êculpêit., 1770.
Ce livre, qui figure ici en raison de son titre, n'est point un catalogue de la bibliothèque de la princesse, mais un discours sur l'histoire divisé en trois points et terminé par un « triage » des meilleurs livres dont on puisse composer une bibliothèque historique et comportant 167 numéros.
L*auteur de ce travail, dont la suite annoncée n'a pas paru, est Jacob-Nioolas MoREAU, historiographe de France et bibliothécaire de la Reine (1717-1803).
Dans ses Souvenirs, récemment publiés par M. C. Hcrmelin (E. Pion, 1898, tome l«Of Moreau se plaint (pp. 220-222) de la cabale qui le desservit à ce propos auprès de Marie-Antoinette ; la Dauphine reçut son livre sans rien dire, ne lui en parla pas plus tard et ne l'ouvrit très probablement Jamais.
32. — Livres du boudoir de Marie-Antoinette. Catalogue authen-
tique et original publié pour la première fois, avec préface et notes, par Louis Lacour. Paris^ J, Gay^ s. d, (1862), in-18, 2 ff. et LXXvi-144 pp. [N. Inv. Q. 926. Réser\'e].
Tiré à 317 ex. (2 sur peau vélin, 15 sur Chine, 300 sur Hollande).
Le manuscrit, reproduit et commenté par Louis Lacour, appartenait alors au département des imprimés de la Bibliothèque nationale qui l'acquit en 1839 à Tune des nombreuses ventes anonymes faites par Motteley. Il est passé depuis au département des Manuscrits où il a reçu la cote Fr. nouv. acq. 1699. C'est un petit in4 remboîté dans une reliure frappée d'abord aux armes de la Dauphine, puis à celles de la Reine. La liste qu'il renferme est celle des livres que Campan avait distraits de la bibliothèque de Trianon pour les disposer dans un cabinet séparé.
Cette publication donna lieu à deux procès. Lacour, vivement attaqué par le Mercure de France^ qu'un groupe d'écrivains légitimistes avait essayé de ressusciter, avait déposé, puis retiré une plainte contre l'auteur de l'article, M. Jean-Louis Restout, dit Du Coudray; mais, par mesure reconventionnelle, les rédacteurs du Mercure l'attaquèrent à raison du préjudice que cette plainte avait causé au Journal, et, sur la plaidoirie de M* Baze, obtinrent gain de cause. On peut lire au si^et de cette singulière affaire un article de M. de Lescure intitulé : Marie^Antoineite à la €• chambre, dans le Figaro du 18 Janvier 1863.
En même temps, M. Taschereau, directeur de la Bibliothèque impériale, poursuivait les éditeurs pour avoir reproduit sans autorisation préalable un manuscrit appartenant à l'Etat. Le tribunal n'admit point les arguments présentés par le ministère public et, le 22 mai 1863, acquitta Gay et Lacour. Celui-ci a recueilli les
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