‹ Marie-Antoinette devant l'histoire. Essai bibliographiqueChapitre 12 sur 58 · BIBLIOTHÈQUES · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUES

pièces de ce second débat dans la plaquette décrite sous le n<» suivant et qui n'a pas été, Je crois, mise dans le commerce.

33. — Procès relatif à la publication du catalogue intitulé < Livres

du boudoir de Marie- Antoinette ». Prétendue contrefaçon imputée aux éditeurs sur la plainte de M. J. Taschereau, directeur de la Bibliothèque impériale. Réquisitoire de M. Hémon. Plaidoyer de M» Gallien. Jugement en faveur de M. Gay, éditeur, et de M. Louis Lacour, auteur de la publication. Extrait de la < Gazette des tribunaux ». Paris, au bureau, rue du FoinaU'MaraiSy 6, 1864, in-8, 48 pp.

On lit p. 48 : « Achevé d'imprimerie 30 Juin 1864, offert à M... — Louis Lacour ». Le « bureau » mentionné dans la rubrique n'était point celui de la Gazette, mais le domicile de Lacour.

34. — Bibliothèque de la reine Marie- Antoinette au Petit-Trianon,

d'après l'inventaire original dressé par ordre de la Convention. Catalogue avec des notes du marquis de Paulmy, mis en ordre et publié par Paul Lacroix^ conservateur de (sic) la bibliothèque de l'Arsenal. Paris, Jules Gay y 1863, in-12, xxviii-128pp. [N. Inv. Q 927. Réserve,]

Tirage identique à celui des Livrée du boudoir.

Au premier abord le contexte du titre adopté par Paul Lacroix ne laisse pas que de surprendre, car on ne s*explique point comment le marquis de Paulmy, mort en 1786, aurait pu annoter un catalogue rédigé par ordre de la Convention. Dans sa préface en forme de lettre à Jules Janin, l'auteur nous donne la clé de cette énigme. La bibliothèque de la Heine à Trianon renfermait un grand nombre de romans qu'on retrouve d'ailleurs dans toutes les coUections du temps, entr'autrès dans celle de l'Arsenal dont le premier possesseur, le marquis de Paulmy, apostillait volontiers de ses remarques les livres qu'il lisait, voire même de simples catalogues de ventes. (Cf. BuUetin du bibliophile de 1857.) De plus, en reproduisant ces notes, le bibliophile Jacob, au lieu de publier intégralement la copie (appartenant aussi à l'Arsenal) du Catalogue des livres provenant de chez la femme Capet au Petit Trianon, avait reclassé selon les règles traditionnelles cette simple liste alphabétique et, par suite de ce remaniement, dix-sept ouvrages, conservés ac^Jourd'hui à la bibliothèque publique de Versailles, lui avaient échappé. Us ont été restitués par M. G. Desjardins dans la reproduction qu'il a donnée à son tour du travail des commissaires chargés d'inventorier les palais royaux (Voyez le Palais de Trianon, p. 408-461).

Digiti

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35. — Bibliothèque de la reine Marie-Antoinette au château des Tuileries. Catalogue authentique publié d'après le manuscrit de la Bibliothèque Nationale, par E. Q. B. (E. Quentin-Bauchart). Paris, Damascène Morgand, 1884, in-18, 2 flf., xxi et ix-n8 pp., plus 1 f. non chiffré (Table des divisions). [N. 8® Q914].

Reproduction intégrale du catalogue manuscrit portant la cote Fr. 13001 au département des mss. de la B. N. Outre ce répertoire usuel, le même département conserve un second catalogue alphabétique par titres de la bibliothèque des Tuileries, avec table des noms d'auteurs et renvois à leurs ouvrages (Fr. nouv. acq. 2512-2513).

M. Quentin-Bauchart a depuis donné dans son ouvrage sur Us Femmes hibUo^ philes (D. Morgand, 1886, 2 vol. pet. in-4), tome II, p. 225-294, une liste de livres provenant de la Reine et appartenant soit à des établissements publics, soit à des particuliers. Ceux des Tuileries ont passé à la Bibliothèque Nationale et sont répartis dans ses nombreuses divisions ; ceux de Trianon (y compris les livres dits du Boudoir) appartiennent en m^eure partie à la bibliothèque publique de Versailles, où ils sont conservés dans un meuble spécial ; d'autres se retrouvent a la bibliothèque de la préfecture de Seine-et-Oise, au lycée de Versailles (£nc£^/opëdie, éd. de Lausanne, 72 vol.), aux bibliothèques de Bourges et de Périgueux, auxquelles ils avaient été attribués lors de la formation des écoles centrales, enfin chez divers bibliophiles. Cette provenance très recherchée a donné lieu à une spéculation contre laquelle les amateurs doivent se tenir en garde : le fer aux armes de la Reine a été habilement copié et frappé sur des livres qui ne figurent sur aucun de ces inventaires.

La dénomination de « bibliothèque des Tuileries », consacrée par l'usage, est néanmoins tout à fait erronée. Ck>mment admettre en effet que la Reine qui, avant les Journées d'octobre, n'avait jamais séjourné aux Tuileries, — pas même lors des fêtes données par la Ville en 1782, pour la naissance du premier Dauphin, — y eût trouvé, toute installée et répertoriée, une bibliothèque relativement considérable ? A Versailles, au contraire, un local spécial, et qui existe encore sous la même désignation, était réservé à cet emploi. Or c'est cette bibliothèque qui, au moment du retour de la famille royale à Paris, fit partie du déménagement. Aussi, lors d'une visite domiciliaire du palais de Versailles en janvier 1791, les conmiissaires de la section des Champs-Elysées (cf. ma Bibliographie, n» 7980) constatèrent que cette bibliothèque était « sans livres » et que « quelques feuilles de musique en garnissaient les tablettes ». Par suite, les membres de la conmiission temporaire des arts ne purent inventorier au château de Versailles, en 1792, que les ex. en nombre de divers ouvrages auxquels la Reine avait souscrit, tels que les Mémoires de Goldoni (41 ex.), les Œuvres de Métastase (23 ex.), et la Gerusalemme liberata du Tasse, illustrée par Cochin (17 ex.).

^ On peut lire dans le Bibliophile illustré de juin 1870 un article signé *'* (Gustave Brunet] sur Marie-Antoinette bibliophUe.

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