Observations sur les Mémoires de M™» Campan, par M. le
baron d'AuBiER... Paris, C.-F. Trouvé, 1823, in-8, 2 ff. et 70 pp. [iV. Lb3»87A.l
58. — Jules Flammermont, professeur à la Faculté des lettres de
Poitiers. Études critiques sur les sources de l'histoire du XVIII® siècle* I. Les Mémoires de M«»« Campan. (Extrait « du Bulletin de la Faculté des lettres de Poitiers ».) Paris, Alph. Picard, 1886, m-8, 43 pp.
59. — Mémoires de M. le duc de Lauzun. Paris, Barrais aîné, 1822,
in-8, 2 flf., xx-399 pp. [N. Ln ^ 11752].
La B. N* conserve dans la Réserve et sous la même cote un autre exemplaire avec portrait rapporté, une lettre autographe de la duchesse Des Cars au prince de Talleyrand, pour le remercier d'avoir déclaré ces Mémoires supposés^ et des notes manuscrites dans lesquelles on a rétabli les passages supprimés et les noms propres désignés par des initiales. Ce fut seulement, en effet, au prix de ces mutilations que Barrois obtint de mettre en vente ce livre aussitôt argué de faux par les intéressés et leurs caudataires. Il y aurait eu, ce semble, un moyen fort simple de confondre les prétendus imposteurs : puisque la famille du duc et son ami M. de Talleyrand reconnaissaient que Lauzun avait bien réellement laissé
Digiti:
des Mémoires personnels et puisque M»** Gay (dont Tintervention en cette affaire demeure inexpliquée pour nous) faisait annoncer que t dépositaire du ms. depuis quinze ans b, elle l'avait confié à un notaire c pour qu'il ne fut ni perdu, ni imprimé », pourquoi ne pas faire sortir un instant de Tombre tutélaire où il se cachait le texte authentique et en détacher quelques pages qui eussent dévoilé la supercherie ? On préféra traiter la publication de Barrois de « sale roman » et s*étonner que la police de Louis XVIIl laissât circuler « des ouvrages antiroyalistes et antireligieux que les ministres de l'usurpateur lui-même envoyaient au pilon », {Gazette de France, !•' janvier 1822.)
D'où venait donc ce manuscrit dont Barrois avait risqué la mise au Jour ? De toutes les versions qui circulèrent alors sur sa mystérieuse origine, la plus plausible est celle que lui prêtèrent Salgues, ex-censeur de la police impériale, devenu le collaborateur de Martainville au Drapeau blanc, et son ancien chef, Savary, duc de Rovigo, ministre de la police de 1810 à 1814. D'après Salgues {Drapeau blanc, du 21 décembre 1821), le libraire Buisson lui aurait soumis une copie « défectueuse » (comment pouvait-il le savoir ?) des Mémoires en lui demandant conseil sur l'opportunité de la publication. Salgues l'en aurait détourné, ainsi que son collègue Lacretelle aîné, également consulté ; mais Savary, avisé de cette communication ofHcieusc, chargea son subordonné, le général de Pommereul, d' « emprunter » à Buisson son manuscrit contre récépissé et, après avis préalable de la commission de censure, étrangère à celle de la librairie, le susdit manuscrit fut « classé n avec ceux de la même espèce. Du propre aveu de Salgues, Buisson réclama « cent fois » contre cette spoliation et mourut avant d'avoir obtenu gain de cause.
A ces détails, le Journal des Débats du 13 Janvier 1822 en ^]outa d'autres qui ne furent points démentis par la presse royaliste. Selon lui, le manuscrit des Mémoires avait été « présenté » à « Bonaparte » par Savary de la part d'un ami de Lauzun. « Si Je laisse publier ceci, aurait dit l'empereur, tout Paris Jettera les hauts cris ; donnez 40,000 fr. à cet homme et Je garderai le manuscrit ». Il aurait été, en effet, retrouvé dans ses papiers en 1814. Comment iln pamphlétaire aussi décrié que Lewis Goldsmith en obtint-il communication en 1817, lors d'un de ses séjours à Paris, de la main d'un personnage des plus qualifiés (bg a nobUman of very high caracterj f C'est ce que les Débats n'auraient pas dit s'ils l'avaient su. Toi^ours est-il qu'à partir du 30 Juillet 1818, Lewis Goldsmith publia dans trente numéros consécutifs de son Journal, The British monitor, la traduction des Mémoires, en ayant soin toutefois d'omettre un grand nombre de passages « indécents ». Ces passages visaient, non Marie- Antoinette et son entourage, mais des « dames anglaises du plus haut rang encore vivantes », comme le fit remarquer un correspondant de la Quotidienne (14 Janvier 1822).
Selon le plus récent biographe de Lauzun, M. Gaston Maugras {Le Duc de Lauzun et la Cour de Louis XVI, 1895, in-8), le manuscrit original aurait été saisi, puis détruit sous les propres yeux de Napoléon, non pas toutefois avant que la reine Hortense n'en eût obtenu communication pour quelques Jours durant lesquels elle se hâta de le faire transcrire, et c'est sur cette copie qu'aurait été donnée l'édition de 1822.
MEMOIRES ET TEMOIGNAGES
Quérard a prétendu que Louis XVIII, dans une pensée de ressentiment contre sa belle-sœur, avait tacitement autorisé ce que Napoléon avait défendu ; quelle que soit la valeur de cette allégation, dont il faut lui laisser la responsabilité, il est constant que diverses copies des Mémoires circulaient à Paris dans les premières années de la Restauration et qu'en 1818 il fut question d'imprimer l'une d'elles. C'est alors que Talleyrand adressa, le 25 mars, au Moniteur un désaveu préventif, inséré le surlendemain et réimprimé sur l'original dans VAmateur d'autographes de 1863, p. 382. Ni cette protestation^ ni celle du duc de Glioiseul (Moniteur du 22 décembre 1821), ni, à plus forte raison, celles de M"**« Campan et de Genlis, ne persuadèrent le public et la question d'authenticité n'a même plus été soulevée depuis lors. La critique historique n'a pas à se prononcer sur l'exactitude des dires de Lauzun touchant ses innombrables bonnes fortunes, mais elle a qualité pour constater que les faits et les dates allégués par lui dans ses campagnes de Corse et d'Amérique sont d'une scrupuleuse exactitude, qu'un arrangeur eut donné à ces Mémoires un tour plus littéraire et qu'ils sont demeurés inachevés, car ils s'interrompent au moment où l'auteur reçut l'ordre de ramener en France les troupes envoyées au secours des insurgents (1783).
59». — Mémoires de M. le duc de Lauzun. Seconde édition. Paris, Barrais Faîne, 1822, 2 vol. in-12 [N. Ln ^ 11752 A.].
On lit au verso du titre de chaque volume :
« En terminant cette édition, nous croyons devoir avertir le public de se tenir en garde contre toute contrefaçon des Mémoires de M. le duc de Lauzun que l'on annoncerait avec des augmentations. Les Mémoires que nous avons publiés sont conformes au manuscrit de Vauteur et les seuls véritables. Toutes les contrefaçons que l'on pourra annoncer avec des augmentations seront falsifiées, ces additions n'appartenant point à l'auteur et n'étant puisées que dans les Mémoires de Bachaumont ou autres ouvrages du temps. »
Cette note n'était qu'à moitié exacte, puisque l'éditeur avait dû pratiquer dans les deux tirages des coupures moins importantes en somme qu'on aurait été en droit de le supposer, ainsi qu'on put en Juger lorsque Taschereau en eut rétabli le texte dans la Revue rétrospective (l^ série, tome I«r, 1838, pp. 84-101). C'est de cette version ainsi complétée que Sainte-Beuve se servit pour consacrer à Lauzun l'une de ses premières Causeries du lundi (1851) ; il y citait en outre la partie principale de la lettre de M">« Des Cars, dont il a été question plus haut et revendiquait à ce propos en termes éloquents les droits imprescriptibles de l'histoire.
C'est seulement en 1858 que les Mémoires fturent intégralement reproduits pour la première fois ; voyez les deux n^ suivants.
59»». — Mémoires du duc de Lauzun (1747-1783), publiés pour la première fois avec les passages supprimés, les noms propres, une étude sur la vie de l'auteur, des notes et une table générale,
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par Louis Lacour. Paris, Paalet-Malassis et de Broisey 1858, in-12, Lxvi-330 pp. [N. Ln ^ 11753).
Il fout y Joindre un prospectas de quatre pages. Cest en raison des termes mêmes dans lesquels la publication y était annoncée que M. le baron Pichon, dont Louis Lacour était le locataire, lui fit donner congé et que la Société des Bibliophiles français rompit les conventions passées avec le même érudit pour la publication des Mémoiret inédits de Gassot, secrétaire de divers princes de la maison de Valois.
En même temps le livre était saisi pour outrage à la morale publique, mais une ordonnance de non-lieu intervint presqu'aussitôt et cette première édition fut rapidement épuisée.
Louis Lacour avait pris le texte sur deux copies certifiées, ainsi que sur l'ex. de réserve de la B. N. et il y avait rétabli les passages cités int^ralement dans la Revue ritroêpective.
50^. — Mémoires du duc de Lauzun (1747-1783), publiés entièrement conformes au manuscrit, avec une étude sur la vie de Fauteur. Seconde édition sans suppressions et augmentée d'une préface et de notes nouvelles par Louis Lacour. PariSy Poulet-Malassis et de Braise, 1858, petit in-8, 2 flf. et LXVii-410 pp., plus 1 f. non chiffré (table des matières). [AT. Ln ^ 11753 A.)
La nouvelle préface (pp. i-xi), est intitulée : Tribulations d*un éditeur. Bref exposé des conséquences que la première édition sans suppressions des Mémoires de Lauzun a eues pour moi, et datée de Paris, 14 octobre 1868.
Le texte des Mémoires et celui de la notice sur le duc et la duchesse de Lauzun sont conformes à ceux de la première édition, mais diverses notes avaient été corrigées et les signes matériels employés pour indiquer les additions avaient disparu.
De nouvelles poursuites furent dirigées contre Lacour et Malassis, tant au nom de M. Pichon, pris à partie dans les Tribulations d*un éditeur, qu*en celui des princes Czartorysld, à raison de divers passages des Mémoires et de deux notes qu*ils tenaient pour ii^urieuses. Le délit d*outrage à la moralité publique, un moment invoqué, fut écarté de nouveau, mais le 26 Janvier 1859, les plaignants obtinrent la destruction des ex. saisis ; de plus par le même Jugement, confirmé en appel» le tribunal condamna Louis Lacour à trois mois de prison et 1000 firancs d*amende, Poulet-Malassis et De Broise à un mois de prison et 500 fr. d'amende.
Les Mémoires furent en 1862 l'objet de deux nouvelles réimpressions. Voyez les deux n^ suivants.
59*. — Mémoires du duc de Lauzun et du comte de Tilly, avec avant-propos et notes par M. Fs. Barrière. Paris, Firmin
MÉMOIRES ET TÉMOIGNAGES
Didot frères, fils et Ci«, 1862, in-12, 2 ff., 435 pp. et 1 f. de table. [iV. L«241.
Le faux-titre porte : Bibliothèque des Mémoires relatifs à Vhistoire de France pendant le XYIII* siècle... Tome XXV.
Pour les Mémoires de Lauzun, l'éditeur a suivi le texte de Fédition Lacour, ainsi qu'il l'a reconnu p. 9S et il a, comme lui, rétabli tous les noms propres.
59®. — Mémoires du duc de Lauzun (1749-1783), publiés entièrement conformes au manuscrit, avec une étude sur la vie de l'auteur. Sixième édition sans suppressions et augmentée d'une préface, de notes nouvelles et du plaidoyer de M« Falateuf, avocat à la cour de Paris, par Louis Lacour. Naumbourg sj S., Gottfried Paetz, 1862, in-8, lxxxiii-412 pp.
Le texte et les notes sont, en effet, conformes à la seconde édition de 1858, mais les Tribulations d'un éditeur sont supprimées et remplacées par un avertissement emprunté pour la majeure partie à un article de Léon de Wailly paru dans V Illustration. Le plaidoyer de M« Falateuf occupe les pp. lxviii-lxxxiii.
Cette réimpression, dont l'éditeur est resté inconnu, eut lieu à Tinsu de Louis Lacour, ainsi que l'atteste une note inscrite par lui sur un ex. signalé dans un catalogue à prix marqués : « Vu et reconnu exact. Remerciements à mon cher collègue Jules Picard de m'avoir le premier communiqué ce livre, 19 août 1864. Louis Lacour. »
59'. — Mémoires du duc de Lauzun. Edition complète, précédée d'une étude sur Lauzun et ses mémoires, par Georges d'Heylli. Paris, Edouard Rouvegre, 1880, in-8, xlvi-266 pp. et 1 f. non chiffré (achevé d'imprimer). [N. Ln ^ 33819].
Frontispice, en tête et culs-de-lampe par de Màlval.
M. d*Heylli a suivi le texte établi par Louis Lacour, mais il l'a divisé en chapitres qui n'existent point dans les éditions précédentes.
60. — Mémoiren des Grafen Alexander von Tilly, aus den franzôsischen Handschrift ûbersetzt, mit einer biographischen Notiz ùber den Grafen von Tilly. Berlin, 1825, 3 vol. in-8.
D'après le Quérard^ n» 11, et d'après Œttinger. 60*. — Mémoires du comte Alexandre de Tilly, pour servir à
Digiti:
rhistoire des mœurs de la fin du xviii« siècle. PariSy chez les marchands de nouveautés, 1828, 3 vol. in-8. [AT. Lb ^ 71].
L'authenticité de ces Mémoires n'est rien moins que certaine : une partie du texte serait due à Alphonse de Bbaughàmp et son travail aurait été achevé par Auguste Gavé, l'auteur (avec Dittmer) des Soirées de Neuillg publiées sous le nom de M. de Fongeray.
60^. — Mémoires du comte Alexandre de Tilly, ancien page de la reine Marie-Antoinette, pour servir à l'histoire des mœurs de la fin du xviii« siècle. PariSy Ch. Heideloff, 1830, 3 vol. in-8. [AT. Lb 39 71 A.).
Le titre seul est changé.
61. — Mémoires secrets de J.-M. Augeard, secrétaire des comman-
dements de la reine Marie- Antoinette (1760-1800). Documents inédits sur les événements accomplis en France pendant les dernières années du règne de Louis XV, le règne de Louis XVI, et la Révolution, jusqu'au 18 brumaire, précédés d'une introduction par M. Evariste Bavoux. Paris, Henri Plon^ 1866, in-8, 2 ff. et 372 pp. [N. Lb 39 6198].
62. — Souvenirs d'un page de la cour de Louis XVI, par Félix, comte DE France d'Hezecques, baron de Mailly, publiés par M. le comte d'Hezecques, ancien député au Corps législatif, membre du Conseil général de la Somme. Paris, Didier et 0«, 1873, in-12, 2 ff. et viii-360 pp.
63. — Le comte de Fersen et la cour de France. Extraits des papiers du grand maréchal de Suède, comte Jean-Axel de Fersen, publiés par son petit-neveu, le baron R.-M. de Klinc- KOWSTRÔM, colonel suédois. Paris^ Firmin-Didot et C*«, 1877- 1878, 2 vol. in-8. [N. Lb 39 41221).
Tome l, LXXVii-321 pp. et 1 f. d'errata. En regard du titre, gravure anonyme au burin, d'après une miniature représentant Fersen à vingt-huit ans. — La Guerre d'Amérique du Nord. — Fuite du Roi et de la Reine de France pour Varennes. ~ La Contre-Révolution.
Tome II, 2 ff . 440 pp. et 1 f. d'errata. — Formation d'un congrès armé des puissances étrangères. — Coalition contre la France. — Différents projets de déli-
MÉMOIRES ET TEMOIGNAGES
vrer la famille royale de France, coalisées contre la France.
Voyez le n« suivant.
Les deux premières campagnes des puissances
64.— Reale Academia dei Lincei. Anne CCLXXVI (1878-1879). Marie- Antoinette et Fersen. Mémoire du membre M. A. Geffroy. Roma, coi tipo del Salviucci, 1879, in-4, 26 pp. [N. Lb ^ 11245]. Compte rendu de la publication décrite sous le n^ précédent.
65. — Mémoires de Madame la duchesse de Tourzel, gouvernante des Enfants de France pendant les années 1789, 1790, 1791^ 1792, 1793, 1795, publiés par le duc des Cars. Ouvrage enrichi du dernier portrait de la Reine. Paris, E. Pion et Q^, 1883, 2 vol. in-8. [AT. La 32 572).
En regard du titre du tome I«»", portrait gravé par Léopold Flameng d'après KucHARSKT. Cest un nouveau tirage de la pi. mentionnée sous le n» 4^ ci-dessus. Vlntroduction est signée La Ferronays.
66. — Souvenirs sur Marie-Antoinette, archiduchesse d'Autriche, reine de France, et sur la cour de Versailles, par M«>« la comtesse d'Adhémar, dame du palais. Paris, L. Marne, 1836, 4 vol. in-8. [N. Inv. Y « 13011-13014].
Par le baron de Lamothb-Langon, d'après Quérard.
67. — Souvenirs de Léonard, coiffeur de la reine Marie- Antoinette.
Paris, Alph. Levavasseur et C'«, 1838, 4 vol. in-8. [N, Inv. Y « 69342-63945).
Mémoires apocryphes, attribués, comme les précédents, à Lamothe-Langon. Sur ce personnage que les romanciers modernes ont plusieurs fois mis en scène, voir une note très précise de M. Alfred Bégis dans V Intermédiaire du 10 Juillet 1890, col. 408-409. Jean François Autlé, dit Léonard, né à Pamiers en 1758, coiffeur et valet de chambre d'honneur de la Reine, condamné à mort le 7 thermidor an II, échappa au supplice par suite d'une confusion de noms, passa en Russie, d*où il ne revint qu'en 1814, et mourut à Paris le 24 mars 1820. En 1818 il était ordonnateur général des pompes funèbres.
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