PIIOCÈS-VEIIBAL DE CAPTURE DE LA DAME BALSAMO
L’an nail sept cent soixante-treize, le lundi premier février, en l’hotel et par-devant nous Ilernard-Louis- Philippe Fontaine, conseiller du Roi, commissaire au Châtelet de Paris, est comparu le sieur Pierre-Etienne Huliot, conseiller du Roi, inspecteur de police.
Lequel nous a dit qu’il est chargé des ordres du Roi SI l’effet d’arrêter la nommée Ijaurence Féliciani, femme Balsame, pour quoi nous requiert de nous transjiorter avec lui dans l’endroit où s’est retirée ladite femme Balsame pour être présent à sa capture et en dresser procès-verbal, et a signé ;
Buhot.
Sur quoi, nous, commissaire susdit, avons donné acte audit sieur Buhot de ses comparution, dires etré- (juisition, et, en conséquence de son réquisitoire, nous sommes transporté avec lui rue Saint-Honoré, près le marché des Quinze- Vingts, en une maison appartenant à la dame Douceur, et dont la boutique est occupée par un chandelier, et étant montés au cinquième étage et entrés en une chambre occupée par la veuve Théron, nous y avons trouvé une particulière qui , sur les interpellations que nous lui avons faites , a dit se nommer Jjauronce Féliciani, âgée de dix-huit ans, native de Rome, femme de .loseph Balsame, Italien, dessinateur
* Archives de tEmpire, Y, 13125.
à la plume, étant lojfée chez ladite veuve Théron depuis environ un mois.
Eu exécution des ordres du lloi dont ledit sieur Buliot est porteur, il a arrêté ladite femme Balsame, et il s’en est cliar{;é pour la conduire au lieu destiné par lesdiLs ordres.
Dont et de quoi nous avons fait et dressé le ]>résent procès-vc'rhal pour servir et valoir ce que de raison, et a ledit Buhot sijjné avec nous.
Fontaine. Buiiot.
IXTERnOGATOITIE DE LA DAME BALSAMO I.
Interrogatoire fait par nous Bernard-Eouis-Philippe Fontaine, conseiller du Roi, commissaire au Châtelet de Paris,
De l’ordre du Roi à nous adressé par M. le lieutenant général de police à la nommée Fjaurence Féliciani, femme du sieur .loseph Balsame, Italien, actuellement détenue de l’ordre du Roi au couvent de Sainte- Pélagie, à Paris. Sur les faits à elle imputés et pour lesquels elle est détenue en ladite maison , en laquelle nous nous sommes trans[)ortés à l’eflét dudit interrogatoire, et ayant été amenée dans un des parloirs dudit couvent, nous avons procédé à cet interrogatoire ainsi qu’il suit ;
' Archives de FEmpire, Y, I3I^.'>.
Du jeudi 20 février 1773, dix heures du matin.
Dreniièrement , l’ayant enquise de nous dire ses nom, surnom, âge, pays, qualités et demeure, elle u répondu, après serment par elle fait de dire vérité, qu’elle se nommait Laurence Féliciani, âgée de dixhuit ans, à ce qu’elle croit, native de la ville de Kome, femme de Joseph lialsaïuo, dessinateur à la plume.
Interrogée combien il y a de temps qu’elle est mariée avec le sieur Balsame, quel était son état avant son mariage, qucd est celui de ses père et mère, et comment elle a fait la connaissance de son mari,
A répondu qu’au mois d’avril prochain il y aura (piatre années qu’elle est mariée avec le sieur Halsame, que son mariage a été célébré à Home, en l’église de Satnt-Salvalor iii Campo; qu’avant son mariage elle demeurait chez son père, nommé Joseph Féliciani, qui est fondeur en métal, et qui avait sa boutique sur l’estrade de Felligrini, à Home; qu’elle a fait la connaissance de son mari dans la maison d’une Napolitaine voisine de son père; que son père a consenti au mariage, qu’il n’en était cependant pas trop content, parce qu’elle était trop jeune, mais qu’elle a sollicité son père, parce qu’elle aimait son mari.
Interrogée où elle a demeuré avec son mari depuis leur maria(>e jusqu’au moment (|u’ils sont venus en France,
A répondu qu’ils sont restés environ sept mois à Rome; <pie de là ils sont passés à Notre-Dame de
Lorette, de là à Bery, dans l’État de Venise, de là à Milan, de là à Gênes, ensuite à Aix en Provence, ville de France; que de là ils ont passe à Barcelone, en Espayne, où ils sont restes environ quatre mois; que de là ils ont été à Madrid, où ils sont restés un an; qu’après cela ils ont passé à Lisbonne, où ils ont resté environ quatre mois, et que c’est de Lisbonne qu’ils sont ensuite jiassés à Londres, où ils ont séjourné l’espace d’environ sept mois ; de là ont passé à Gantorbéry, en Anyleterre, où ils sont restés environ (juatre mois, et que c’(!st de là qu’ils sont partis pour se rendre en France, dans l’intention de se rendre à Paris.
Interroyée sur les motifs (pii les ont déterminés à quitter successivement les différents endroits (pi’ils ont habités, et comment ils ont fait pour subsister,
A répondu que pendant le séjour qu’ils ont fait à Rome, son mari a travaillé pour M. le cardinal Orsini, <pii lui a accordé sa protection , et pour leipiel il a fait différents papiers superbes; que malheureusement ils ont fait la connaissance d’un marquis Alliât, Sicilien, (pii se disait colonel et ministre plénipotentiaire du roi de Prusse ; que le marquis a proposé à son mari de le faire capitaine au service de la Prusse, de le mener en Allemayiie, où il serait secrétaire italien; que son mari a accepté ces propositions , en a fait [lart au cardinal Orsini, (jui lui a donné une lettre de recommandation pour le youverneur de Lorette, où ils devaient passer, comptant faire le voyaye de Berlin ; que s’étant rendus, elle et son mari, le marquis Alliât et un abbé, (]ui était
son secrétaire, à Lorette, ils se sont adresses au {joiiverneur, qui a donné cinquante sequins d’Italie au marquis Alliât, sur la lettre du cardinal Orsini, mais qu’elle imagine que le marquis, (|H’elle a appris depuis être un coquin, avait imité les caractères de la lettre du cardinal, et y avait ajouté (juelque chose pour avoir cet argent; ipi’au surj)lus elle ne l’a pas vu l’aire, mais qu’elle est persuadée que la lettre du cardinal était une simple r<!Commandation ; (ju’ave<- cet argent ils ont voyagé jusqu’à Herg, ville de Venise; que le troisième jour de leur arrivée le marquis Alliât s’est en allé avec un dom(!Sti(jue allemand, et que le même jour, au soir, elle, son mari et le secrétaire du marquis, qui était resté, ont été arrêtés à l’auherge où ils logeaient, et, le lendemain, conduits devant le magistrat, qui les a interrogés sur de fausses lettres que le marquis avait faites, et qu’après cela le magistrat leur a fait dire qu’ils étaient en liberté, <;t qu’ils pouvaient aller où bon leur semblerait; (jue pour s’aider ils ont vendu tous leurs effets et sont passés à Milan ; que son mari n’a pas osé retourner à Rom<‘, parce qu’il craignait (|ue le cardinal Orsini ne fût fViché contre lui, jiarce qu’il était cause qu’il avait été troinj)é par le marquis; (|u’à Milan ils se sont babillés en pèlerins, n’ayant pas d’argent, dans l’intention de j)asser en Espagne; qu’ils sont passés par Aix, en Provence, pour se rendre à Barcelone, «pi’ils y sont restés pendant quatre mois, que son mari a travaillé pour le vice-roi , mais qu’ils ont été obligés de quitter Barcelone, parce que le vice-roi avait j>ris une fantaisie
\i& PIECES JUSTIFICATIVES.
pour elle interrogée, voulait s’amuser avec elle, et sur ce qu’elle l’avait rebuté, avait pris beaucoup d’biimciir contre eux et voulait les chagriner et la faire arrêter sous prétexte qu’elle n’était pas mariée, et que pour le détromper elle a été obligée de faire venir son extrait de mariage de Rome; que de Barcelone ils ont passé à Madrid; que pendant l’année qu’ils y sont restés, son mari a gagné sa vie à travailler pour différents seigneurs, singulièrement pour le duc d’Albe; que la connaissance que son mari a faite d’un Sicilien, avec lequel il s’est ensuite brouillé, et les mauvais propos tenus contre lui par ce Sicilien , ont déterminé son mari à quitter Madrid volontairement pour pa.sser à Lisbonne, mais qu’elle, interrogée, s’y étant toujours trouvée malade par la j'rande chaleur du climat, ils ont pris le parti de passer eu Angleterre ; qu’ils ont été à Londres, où son mari a été malade pendant un mois et a été arreté pour dettes, parce que, ne sachant pas parler anglais et n’ayant pas de connaissances, il n’avait pas j)u travailler; <pie sir Dehels, seigneur anglais, leur prêta des secours pour faire sortir son mari de prison , ensuite le fit travailler à Londres et dans un château qu’il a à Cantorbérv. Observe qu’avant de faire la connai.ssance de sir Dehels, son mari avait fait celle d’un Sicilien qui prenait la qualité de marquis de Vivonne, (pii gâta l’esprit de son mari et lui persuada, j»our se procurer de l’argent, de faire venir dans la chambre de sa femme un Anglais de la secte des quakers, et pendant qu’il y serait de faire venir un juge pour lui
faire un procès et tirer de l’argent de lui , suivant les lois d’Angleterre , ce qui a été cause qu’ils ont passé à Gantorbéry, où, ne trouvant plus à travailler, ils ont formé le projet de passer en France.
Interrogée si elle connaît le sieur Duplessis, prenant la qualité d’intendant de M. le marquis de Prie, qui demeure à Paris, rue Neuve d<!S Petits-Pères ; comment, dans quel endroit et à quelle occasion elle a fait sa connaissance,
A répondu que, quittant l’Angleterre et passant en France dans le pa(juebot, elle y a fait la connaissance du sieur Duplessis, (pii lui a fail toute sorte de politesses ainsi qu’à son mari ; que celui-ci lui ayant montré de ses ouvrages , le sieur Duplessis en a paru surjiris , et lui a dit (ju’il ferait fortune à Paris; que le sieur Dujilessis a dit qu’il était avocat au Parlement, qu’il connai.ssait beaucoup de seigneurs, qu’il n’avait que faire de prendre de l’inquiétude , qu’il le ferait présenter au Iloi, qu’il ne fallait ])lus (ju’il voyageât; (jue sa femme était bien aimable, bien gentille et bien douœ, (ju’il ferait tout son jiossible pour les bien établir à Paris; (ju’arrivés à Calais, elle a dit au sieur Dujilessis (ju’elle allait rester à Calais, jiarce qu’elle n’avait pas assez d’argent jamt- aller à Paris; que, sur cela, le sieur Duplessis lui fit toute sorte d’amitiés et de promesses , et lui jirojiosa de la conduire dans sa chaise de poste à Paris; qu’elle n’avait qu’à laisser son mari, (ju’il viendrait ajirès; qu’elle refusa cette proposition, et qu’ensuite il fut convenu entre le sieur Dujilessis et
PIECKS JÜSTIFIC.VTI VKS.
son mari qu’elle se placerait dans la chaise et que son mari la suivrait à cheval , et que c'est ainsi qu’ils sont venus à Paris.
Interroy(-e (juelle «*st la conduite que le sieur Duplessis a tenue avec elle depuis l’instant qu’elle en a fait la connaissance, quelles sont les ]>ropositions qu’il lui a faites, et si elle sait quelles étaient les vues du sieur Duplessis en se char^jeant d’elle et tle son mari,
A répondu que pour venir de Calais à Paris elle a été avec le sieur Duplessis dans une chaise de poste et que son mari suivait à cheval ; que pendant toute la route le sieur Duplessis n’a cessé de la tourmenter, en lui disant qu’elle avait fait sur lui la plus {jrande impression ; (pi’il l’aimait à la fureur, qu’elle était belle, qu’elle était jeune, qu’elle était douce, qu’il ne tenait qu’à elle de faire son bonheur, (ju’il se chargeait de faire sa fortune, qu’il ne rahandonnerait jamais; que, lorsqu’elle serait à Paris, s’il ne parvenait pas à faire avoir une ])lace à son mari et à faire son bonheur, il lui donnerait cent louis pour faire son voyage de Rome, lui faisant entendre qu’il était très-riche; qu’elle interrogée , ainsi tourmentée contre son gré , a été plusieurs fois tentée de rester en chemin et d’aban- «lonner le sieur Duplessis, afin de se soustraire à ses sollicitations et aux violences même qu’il lui faisait souvent dans la voiture |)our lui arracher des faveurs, mais que connaissant le caractère bouillant et emporté de son mari , elle craignit de lui faire part de ce qui se passait, ce qu’elle aurait été obligée de faire si elle
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eût reFusé de continuer la route, et prit le parti de suivri; le sieur Duplessis, toujours en résistant à ses persécutions; (ju’arrivée à Paris dans la matinée, le sieur Duplessis les a conduits elle?, lui; que là, elle et son mari ont demandé d’être placés dans une auberge; (|ue son mari est sorti avec un Français de la connaissance du sieur Duplessis pour en aller clierclier une; que , pendant environ une heure (ju’elle est restée avec le sieur Duplessis seul , ce dernier s’est jeté à ses genoux et a recommencé de nouveau ses vives sollicitations, tantôt furieux, tantôt pleurant, et faisant toutes sortes d’efforts jiour obtenir d’elle des faveurs qu’elle persistait à lui refuser; «pi’au retour de son mari ils ont diné chez le sieur Duplessis, (|ui leur dit que l’auberge qu’ils avaient été voir était trop chère pour eux, et leur annonça qu’il les placerait dans une chambre qui ne leur coûterait rien. Qu’après le dîner, il les mena run et l’autre dans la chambre qu’ils ont occupée dans la maison de madame la marquise de Prie, et qu’apres cela le sieur Duplessis a mené elle interrogée à l’Opéra, du consentemeut de son mari, qui ne put y aller, parce qu’il était malade du voyage. Qu’après l’Ojiéra il l’a menée chez lui; qu’elle interrogée, qui était persuadée qu’il 1a conduisait oû était son mari, n’a reconnu la supercherie que lorsqu’elle a été chez le sieur Duplessis, qui a recommencé ses persécutions et ses violences auxquelles elle a toujours résisté, et qu'après cela il l’a ramenée lui-même dans la chambre de son mari qui était au lit ; que pendant six semaines
OU deux mois, ces mêmes persécutions et violences ont eu lieu toutes les fois que le sieur Duplessis a eu l’adresse de se trouver seul avec elle, mais sans aucun succès. Qu’elle ne peut cependant pas se dispenser de déclarer <jue les manières généreuses du sieur Duplessis, la tendresse qu’il lui man|uait, .ses expressions amoureuses, ses prome.sses, lui firent prendre de l’inclination pour lui , joint h ce que son mari lui causait quelquefois du chagrin par vivacité et jalousie. Qu’un jour, entre autres , le sieur Duplessis lui annonça que ne pouvant pas vivre .sans la pos.séder, parce qu’il était trop amoureux, il avait pris le parti de la quitter; qu’elle, interrogée, voit bien aujourd’hui que ce n’était qu’une fines.se de; la part du sieur Duplessis, qui avait pour objet de connaître sa façon de penser, mais qii’alors elle imagina qu’il jiurlait sérieusement, ce (pii lui fit beaucoup de peine , parce que d’un côté elle avait jiris de l’inclination pour lui, et que, de l’autre, elle imaginait bien que son mari jaloux croirait que le sieur Duplessis l’abandonnait parce qu’elle avait cédé , ce qui lui fit prendre le parti d’avoir un ton plus doux avec le sieur Duplessis et de lui laisser concevoir des espérances. Qu’un dimanche, ayant dîné avec son mari chez le sieur Duplessis, après le dîner elle resta seule avec le sieur Duplessis, parce que son mari, quoique jaloux, avait confiance en elle, s’en alla faire visite au sieur Mercuroz, apothicaire, et à sa femme, dont le sieur Duplessis leur avait fait faire connaissance eu arrivant à Paris ; que ce’ fut dans ce tête-à-tête
PIÈCES jrS riFICATI VES. Mt
<juc le sieur Duj)lessis vint à bout de ses desseins à force de sollicitations et de violences; que son nnari revint peu de temps après ; que depuis cette épocjue le sieur Duplessis lui témoij'iia , toutes les fois qu’il put la rencontrer seule, qu’il était jaloux de son mari, et lui fit entendre qu’il fallait (ju’elle s’en séparât; qu’en France les femmes avaient cette liberté; que la justice n’y pourrait rien ; cpi’il ne savait comment elle pouvait vivre avec un vilain boinme comme celui-là.
Ou’nn jour, elle interrogée, avant fait des reproches au sieur Duples.sis de ce qu’il continuait de voir une nommée madame Foucher, marchande de modes, rue Saint-IIoiioré, qu’elle s’aperçut être bien avec lui, cela donna de rinimeur au sieur Diqilessis, qui, le soir, en les quittant elle et son mari , leur témoi{;na beaucoup de froideur, ce qui donna lieu à son mari de penser (ju’il s’était passé queb|ue chose entre elle et le sieur Duplessis; que ce dernier lui avait ôté son honneur, ce qui le fit entrer dans une si grande fureur qu’il e.st sorti sur-le-champ , étant alors environ dix heures du soir, pour aller chercher le sieur Duplessis chez la dame Foucher, où il allait tous h.-s soirs, et le forcer de se battre avec lui , et qu’elle ne sait pas ce qui s’est passé; que le sieur Duplessis l’a toujours tourinentée pour quitter son mari toutes les fois qu’il en a trouvé l’occasion, et lui a tourné la tête à cet égard; qu’il lui a conseillé de prendre tous les papiers de son mari , ce qu’elle n’a pas voulu faire, parce qu’elle a senti que cela pourrait lui faire beaucoup de peine; qu’il l’a
*3Î IMFXFS JUSTIFICATIVFS.
aussi sollicitée de prendre toutes ses robes, tous ses diamants et ses effets, lui faisant entendre qu’il la placerait dans une chambre du faubourg Saint-Germain , sous la protection de M. le prince de Conti, et (jue personne , pas inérne le Roi , n’y pourrait rien ; mais qu’elle a toujours résisté à ses sollicitations , ce qui donnait de rbiimeur au sieur Duplessis, (pii 1a traitait d’enfant , lui reprochait de n’avoir ni courage ni esprit.
Qu’à l’occasion d’une scène qui est arrivée dans la maison de madame la marquise de Prie entré un fripier et son mari, pour raison d’un habit, le sieur Duplessis , qui était l’auteur de cette conte.station , parce que c’était lui qui avait déchiré un cachet que le fripier avait attaché à cet habit, a dit à elle et à son mari qu’ils ne pouvaient plus demeurer dans cette maison , et les a amenés l’un et l’autre loger chez lui, où ils sont restés quatre ou cinq jours; que, comme il n’avait pas beaucoup de logement, son mari a cherché une auberge, et a loué un appartement rue des Vieux- Augustins; que lorsipi’il a été question de s’en aller, le sieur Duplessis a pris le préte.xte qu’il lui était du de l’argent, et n’a pas voulu ipie son mari emportât sa malle et ses effets, et a traité son mari de coquin et d’escroc; qu’alors son mari, liirieux , lui a dit qu’il s’adresserait à la justice, que le sieur Duplessis lui a dit qu’il aille au diable; qu’elle et son mari se sont en allés ensemble; que sur-le-champ ils ont été chez M. de Sartine pour lui porter leur plainte; observant que le
sieur Duplessis avait prévenu elle interrogée du refus (pi’il ferait de la malle; qu’elle n’avait que faire de s’inquiéter, et qu’elle n’avait qu’à le laisser faire; <|u’elle ne savait ]>as (juelles étaient ses vues.
Que le surlendemain , qui était un samedi , elle prit le parti d’aller trouver le sieur Duplessis, dans l’espérance qu’elle le déterminerait à remettre la malle; que le sieur Duplessis s’y refusa toujours, et la sollicita de diner avec lui, en lui disant qu’nprès le dîner ils reparleraient de cela; <pi’elle se détermina à diner avec lui, persuadé!! <|ue le sieur Duplessis lui remettrait ses effets; qu’après le diner, il lui fit boire un verre de li<pieur dont elle eut la tète tout étourdie, et qu’après le diner le sienr Duplessis est sorti en flisant (pi’il allait chez le commissaire Fontaine, qui lui avait témoigné heaucouj) d’amitié, et qu’il était bien sur qu’il ferait de lui tout ce qu’il voudrait, en assurant elle, interrogée, qu’il reviendrait de bonne heure; que cependant le sieur Dujilessis n’est rentré qu’à minuit, et qu’à cette heure elle n’a pas osé retourner avec son mari, ce que le sieur Duplessis avait bien prévu et ce qu’il désirait; (pi’il la sollicitation du sieur Duplessis elle a •couché cette nuit-là avec lui , toujours persuadée , d’après ce (pie lui avait dit le sieur Duplessis, que son mari ne pouvait lui rien faire; que le lendemain dimanche, dans l’après-midi, le sieur Dujilessis lui a dit qu’il allait la conduire chez le commissaire Fontaine, qu’elle n’avait que faire d’avoir peur, qu’il fallait qu’elle dise (ju’elle n’était pas mariée, (jiie les jiapiers de
son
PIKCES JUSTIFICATIVES.
mariage étaient taux, que c’était son mari qui travaillait il la |>liiine qui les avait faits, qu'il avait été obli^'é de sortir de Rome pour avoir fait de faux hilUds, qu’il avait été oblifjé aussi de se sauver de tous les endroits ou ils avaient été ])our la même raison , que c’était un coquin qui ii’avait jamais voulu travailb'r. Et sur ce que elle interrojfée, qui est délicate de conscience, lui a dit qu’elle ne pouvait pas dire ces choses -là jiuisqu’elles étaient fausses, il lui a répliqué qu’elle n’avait <pi’à le dire sur la conscience de lui Duplessis, parce que son mari le lui avait dit.
Ou’ell(! a suivi le sieur Duplessis chez le commissaire f'ontaine, auquel elle a dit à peu près tout ce que le sieur Duplessis lui avait dit de dire; qu’en sortant de (;hez le commissaire ils sont retournés chez le sieur Duplessis, et (pie là le sieur Duplessis l’a mise; entre les mains de .Morat, son domestique, et de sa f(?mme, (|ui l’ont conduite chez la femme Théron, nie Saint-Honoré, où elle a été arrêtée.
Que depuis ce inoment-là elle n’a jias vu le sieur Duplessis, si ce n’est une seule fois, dont elle va rendre conqite; mais que presque tous les jours le sieur Morat et sa femme sont venus la voir de la jiart du sieur Duplessis et lui apporter des nouvelles, lui dire (pi’elle n’avait rien à craindre, qu’elle était sous la protection de madame la marquise de Prie, et que lui Duplessis la protégerait et emjiloierait pour elle jusqu’à sa dernière chemise. Qu’au bout d’une quinzaine de jours, ledit Morat et sa femme sont venus lui dire
l’IKCIÎ.S JL'STIKICATI VES. 7*;J5
<|u'il fallait qu’elle allât chez le sieur Duplessis, coimne ch; sou propre mouvement; qu’il était bien dans le chaprin parce que son mari l’accusait de l’avoir enlevée et le poursuivait en justice ; qu’elle ne trouverait pas M. Duplessis, mais qu’elle trouverait madame la manjuise de Prie, parce qu’il fallait cju’il parût que c’était elle qui la j)roté{;eait ; qu’elle dirait à madame de Prie qu’elle venait seulement demander à M. Duplessis des chemises et quelque chose j>ar charité, et cpi’il fallait aussi qu’elle dit que la femme chez laquelle elle était l’avait trouvée par les rues.
Qu’en effet ledit Morat et sa femme l’ont conduite chez ledi^ sieur Duplessis, dans l’appartement diujuel elle a trouvé ladite dame marquise de Prie, à laquelle elle a dit tout ce que ledit Morat et sa femme lui avaient dit de dire; qui; ladite marquise de Prie lui a annoncé qu’elle la prenait sous sa protection; lui a dit qu’elle avait de l’obligation au sieur Duplessis, Cju’il était dans l’embarras pour avoir voulu lui rendre service, qu’il fallait (ju’elle rendit une plainte contre son mari; tju’elle dit c|u’elle ne voulait pas vivre avec son mari et défendre ledit sieur Duplessis, et qu’elle allât le lendemain chez M“ Delpech, qui était son avocat.
Que si elle faisait tout cela, elle la ferait mettre dans un couvent, qu’elle payerait sa pension, qu’elle lui donnerait de l’argent pour retourner à Rome, et qu’elle parlerait pour elle au nonoe du Pape. Lui a dit aussi cpi’elle croyait que le sieur Duplessis était innocent, mais que quand il ne le serait pas, il ne faudrait
pas le dire, parce (pi’ils seraient renfermés tous les deux pour tout le tcm])s de leur vie.
Oue le sieur Duplessis est survenu, <pi’il a pleuré, et a dit à elle, interrogée, qu’il avait manqué d’aller à Bicétre; (ju’elle était une honnête femme, incapable de faire du mal, ainsi que lui, et autres choses, et que la marquise de Prie, en la renvoyant, lui a donné douze francs, en disant (jue c’était pour avoir des fiacres.
Que le lendemain elle a été conduite par la femme Théron chez l’avocat Delpech, auquel elle a parlé; (pi’elle l’a trouvé fort doux et fort honnête, (|u’elle lui a conté une partie de ce qu’on lui avait dit de dire, ([ii’il lui a demandé où elle demtairait, qu’elle lui a répondu de s’adresser à la femme Théron , <pii a donné sa demeure, et <pii a continué de soutenir qu’elle avait trouvé elle, interrogée, dans la rue, et s’en était chargée par charité.
Que le lendemain ou le surlendemain, ladite femme Morat est venue voir elle interrogée, et lui a dit que le sieur Duplessis était bien content de ce qu’elle avait dit à l’avocat, qu’elle était bien aimable, (|u’il y avait encore une démarche à faire, qu’il fallait qu’elle allât chez M“ Ladry, procureur ; que c’était la dernière fois qu’elle irait par justice, et qu’elle serait débarrassée de son mari; que ladite femme 'Théron l’a conduite chez ledit sieur Ladry, qu’elle a bien reconnu pour l’avoir vu chez ledit sieur Duplessis, où il a diné plusieurs fois; qu’elle a dit audit sieur Ladry tout ce
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que ledit sieur Duplessis lui avait conseillé do dire contre sou mari; (|u’ell<- a été deux fois clu’z ledit sieur Ladry, et <|ue l’une de ces deux fois elle y a trouvé ledit sieur Duplessis, ([iii a apporté audit sieur Ladry un {jros mémoire! qu’il avait fait pour elle contre son mari , en le priant bien fort de le faire copier, afin epi’on ne vît pas (pie c’était de lui; (pie ledit sieur Ladrv, en jurant en français, lui a dit qu’il était beaucoup trop {jros, et en s’adressant à elle, iiiterro{;ée, il lui a demandé si tout ce qui était dans ce mémoire était vrai; (pi’elle lui a répondu oui, ainsi qu’elle était convenue de le faire, mais que dans le fait il n’y avait rien de vrai, si ce n’est l’bistoire d’Angleterre, et que tout le reste le sieur Duplessis l’avait pris dans son imagination, que même elle n’y a rien compris; qu’après cela ledit sieur Ladry lui a dit (ju’il fallait faire un mémoire beaucoup plus court et y mettre les choses les plus essentielles; (pie ledit sieur Ladry a écrit ce (pi’elle a dit, et (pi’ensuite il lui a demandé si elle savait signer, et que lui ayant dit que non , il lui a fait fair(! uikî croix; (pie ladit(! femme Tbéron , qui était présent!!, a signé comme témoin.
Que dans ce même temps, ladite femmi! Morat est venue chez ladite femme Tbéron; que ne l’ayant pas trouvée, elle s’est adressée à la femme Malon, qui demeure chez ladite fi'mme Tbéron, et lui a donné un louis en disant (ju’il fallait faire venir un écrivain, lui faire écrire le mémoire j)our (ju’on ne reconnût pas l’écriture du sieur Dujibissis, qui était connue chez
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M. de Sartinc; (iii’elle ii’a pas voulu faire c»;la; qu’à cette occasion la femme Theron et la femme Mnlon se sont fâchées contre elle, lui ont dit (ju’elle était un enfant; que ladite femme Morat étant revenue pour savoir de la part <lu sieur Duplessis ce qui avait été fait, et avant appris qu’elle n’avait j»as voulu faire venir d’écrivain, elle a dit que puisqu’elle voulait faire à sa tête, il fallait la conduire chez un commissaire pour faire sa plainte contre son mari ; (|uc ladite femme Malon l’a conduite chez un commissaire pour foire sa plainte; que le commissaire lui a dit qu’il n’entendait pas son lanyajje; qu’il fallait foire écrire ce qu’elle avait à dire, et lui a tourné le dos en disant à lu femme Malon : «Je vous l’avais dit hier, qu’il fallait écrire. »
Observant qu’elle se rappelle que ipielques jours après son entrée chez ladite femme Théron, ladite femme Morat a remis douze francs à ladite femme Théron, pour lu nourriture d’elle interrogée; qu’elle est restée chez ladite femme Théron jusqu’au moment où elle a été arrêtée, et que lorsque nous sommes venus chez cette femme , elle nous a répété qu’elle ne connaissait pas le sieur Duplessis, et qu’elle avait trouvé elle interrogée, dans la rue.
Interrogée quelles sont les connaissances que le sieur Duplessis lui a fait foire à Paris, à quelles personnes il l’a présentée ou fait présenter, et sous quel prétexte ,
A répondu que le sieur Duplessis lui a fait connaître
ledit .sieur et dame Mercuroz, ladite dame Foucher, la dame marquise d’Alogny, qui avait promis à son mari de le faire connaître pour ses ouvrages à M. le mart^ chai de Richelieu, et un maitre à danser, que le sieur Duplessis lui a donné, qui s’appelle Lion.
Intèri'ogée pourquoi le sieur Duplessis les a renvoyés de chez lui vers 1a Kn de décembre dernier , et si elle n’était pas d’intelligence avec ledit sieur Duplessis à cet égard ,
A répondu que le sieur Duplessis ne les a pas renvoyés, que c’est son mari qui a cherché un appartement, parce que le sieur Duplessis lui taisait tout plein d’impertinences; qu’elle n’était jioint d’accord avec le sieur Duplessis; que ce dernier lui avait dit <|u’il rehiserait de donner leurs effets, parce qu’il fallait qu’elle quittât son mari, qui était un coquin, et qu’elle vint demeurer avec lui Duplessis , qu’elle serait heureuse et protégée par tout le monde.
Interrogée pourijuoi elle a dit à differentes personnes que son mari était un coquin , qu’il avait été obligé de se sauver de Rome , où il avait été condamné à être pendu pour avoir fait un faux billet, qu’il avait fait de mauvaises affaires dans tous les endroits où il avait été et d’où il avait été obligé de se .sauver, qu’il avait voulu la prostituer, notamment à Ijondres, pour avoir de l’argent ; interpellée de dire si tous ces faits sont vrais ou faux, et pourquoi elle les a répandus ,
A répondu qu’il est vrai qu’elle a tenu ces proposlà, mais que c’est le sieur Duplessis qui lui a conseillé
PIECES JIISTIEIC ATI VES.
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de les tenir, et (ju’il n’y a de vrai que l’iiistoire d’Angleterre, telle qu’elle nous l’a dite.
Interrogée si elle a connaissance que le sieur Duplessis ait ouvert la malle de son mari ,
A répondu qu’elle n’en a aucune connaissance; que ledit sieur Duplessis lui a toujours refiisé de lui donner jusqu’à un bonnet; que sou mari, qu’elle a vu depuis (ju’elle est ici, lui a dit que sa malle avait été ouverte chez M. de Sartine, qu’il n’avait pas trouvé dans sa malle les chemises d’elle interrogée, si ce n’est deu.x. mauvaises chemises, que cependant il y en avait huit toutes neuves de Hollande; qu’il n’avait pas trouvé non plus une boite de carmin, un livre de secret et beaucoup d’autres effets, qu’elle interrogée a connaissance que ces effets étaient dans la malle, et qu’elle ne sait pas pourquoi ils ne s’y trouvent plus.
Interrogée si elle a connaissance que c’est le sieur Duj)lessis (pii ait renvoyé le domestique du sieur Balsame, son mari, en lui donnant de l’argent et ses hardes pour le faire évader,
A répondu qu’elle n’a aucune connaissance de cela ; que le lendemain qu’elle est sortie de chez le sieur Duplessis, le sieur üalsaine ayant donné six francs à ce domestique pour acheter quelque chose, il a disparu; qu’en ayant parlé depuis au sieur Duplessis, il n’est convenu de rien, qu’il lui a seulement dit : « Gomment voulez-vous que quelqu’un vive avec votre mari , qui est un diable ? » a ajouté <pie par charité il lui avait fait donner six francs par ledit Morat, son domestique.
Interrogée .si elle a connaissance que le sieur Duplessis ait attenté à la vie de son mari ,
A répondu qu’elle ne pense pas du tout que le sieur J)iq)lessis ait voulu attenter à la vie de son mari. Observe <]u’uii soir, après avoir soupé chez ledit sieur Duplessis, son mari, qui avait mangé des œufs, se trouva malade, qu’elle interrogée et le sieur Duplessis ne mangèrent pas de ces œufs, parce qu’ils n’étaient pas dans l’habitude de souper; qu’un autre jour, sur la fin du temps qu’ils demeuraient chez le sieur Duplessis, étant à déjeuner, ledit sieur Dnjilessis versa du vin au sieur llalsame , qui, ne l’ayant ]>as voulu boire, elle, interrogée, a jiris h; verre de son mari pour boire le vin <|iie le sieur Duplessis venait de verser, et qu’alors le sieur Duple.ssis lui ôta le verre des mains et jeta le vin sur le feu, dans la cheminée, et lui donna à boire de la niéine bouteille dans un autre verre; qu’elle dit au sieur Duplessis pourquoi il faisait cela, qu’il ne lui rc^ jiondit rien , si ce n’est <pie son mari l’inijiatientait parce (pi’il ne voulait pas boire.
A elle représenté un mémoire rédigé sur une feuille de papier dont les trois premières paijes sont remplies, et dont la ipiatrième et dernière page est écrite jusque vers la moitié, intitulé ; A monseicnecii le lieutenant GÉNÉ iiAL DE POLICE, Mcinoire pour Lorenza Feliciani, Romaine de nation, épouse du sieur Joseph Baisante, dessinateur et peintre à la plume, contre ledit sieur Joseph Ralsame, se disant marquis de Baisante, son mari;
Lecture à elle faite de ce mémoire ; interpellée ensuite
PIKCES JUSTIFICATIVES.
de déclarer si c’est elle «jui a l'ait ce mémoire, si elle sait par qui il a été fait et écrit,
A réjiondu qu’elle ne sait pas par qui ce mémoire a été fait ni écrit, qu’elle n’en connaît pas le caractère, mais que tout ce qu’il contient est faux, et cpi’il n’y a que ce qu’elle nous a dit qui soit vrai.
Ensuite, pour constater ledit mémoire, il a été si{;né et paraphé au haut de chaque pajje et à la fin de la quatrième page par nous commissaire seulement, attendu <pie ladite Eéliciani nous a déelaré ne savoir écrire ni signer de ce interjiellée, et est ledit mémoire ainsi constaté, resté en nos mains.
Lecture faite à ladite interrogée du présent interrogatoire et (le ses réponses, a dit ses réponses contenir vérité, y a persisté, et a déclaré ne savoir écrire ni signer, de ce enquise par nous suivant l’ordonnance, et nous commissaire avons signé.
FONTAITiE.
UAl’POUT AU MIMSÏIIE».
I.es aventures de Joseph Halsaino et celles d’Alexandre Gagliostro appartiennent-elles à la même histoire ?
Le particulier qui a fait enfermer sa femme en 177.)
* Archives de t Empire, verscniicnl fait en 1858 par la <
section administrative à la stxtlion judiciaire. s
PIÈCES jrSTIFICATIVES.
est-il le même qui, en 178G, a tant dêclam(f contre la détention de sa femme ?
Tout concourt à le prouver. C’est à Rome qu’est née la dame Caf'liostro, et la femme Balsamo était Romaine : la première se nomme l'éliciani , et c’était aussi le nom de la seconde.
La femme Balsamo s’csl mariée ii quatorze ans, et la dame Ca^jliostro était ii peine, lors de son mariaye, au sortir de l’enfance.
Le sieur Gajjliostro nous apprend dans son mémoire que .sa femme ne sait point écrire ', et nous vo\ams, j)ar rinterrofjatoire de la femme Balsamo, qu’elle a déclaré ne savoir écrire ni signer.
Il n’en était pas ainsi de son mari ; le nommé Bal- •samo a siyné dans le temps deux mémoires, qui sont restés dans mes bureaux. J’ai fait eomj)arer les deux siynatures avec une lettre écrite à la Bastille, cette année, par le sieur Ca(jlio.stro : il résulte du rapport des experts (pie l’éeriture du nommé Balsamo et celle du sieur de Cayliostro sont identiquement les mêmes...
.Si l’on ajoute à ces jirobubilités la mention <pie fait le sieur Ca{jliostro dans son mémoire du cardinal Orsini et du due d’Albe, la conformité du lanyaye entre Balsamo, qui ne parlait (pi’italien, et le sieur Gagliostro , qui ne s’énonce intellij'iblement et cpii n’écrit que dans celte laïqpie, le cliarlalanisme de l’un et de l’autre, et surtout le secret vanté par chacun d’enyraisser un eo-
* Vovez aussi plus liant rinlerropatoiro subi par Ca^liustro devant le conseiller 'l'itun.
chon avec de l’arsenic et d’en composer un poison infaillible, on aura peine à croire que des aventures, une existence et un caractère aussi semblables puissent convenir à deux êtres différents.
INDEX ALPHABETIQUE