‹ Marie-Antoinette et le procès du collier d'après la procédure instruite devant le parlement de ParisChapitre 10 sur 37 · DÉCLARATION DE JEFFERYES, JOAILLIER · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE JEFFERYES, JOAILLIER

« Le 23 avril 1785, deux messieurs se présentèrent chez moi, Tun se disant le comte de Valois, l'autre le chevalier O'Neill; ils m'apportèrent dixhuit gros diamants qui, ayant été laissés quelques jours en ma possession pour que j'y mette un prix, furent rendus , l'offre que j'en fis n'ayant point paru satisfaisante.

Les diamants qui me furent montrés consistaient en grosses pierres que je suppose avoir formé les festons du collier originaire, tel qu'il m'est connu par son dessin.

Une autre fois j'achetai du comte les articles cidessus spécifiés.

Quelques jours après la première apparition du comte chez moi, soupçonnant quiine aussi grande valeur en diamants ne pouvait pas être honnêtement en la possession d'un particulier, je me rendis au bureau public de Bond street pour m'informer si Ton y avait reçu de Paris un avis de quelque vol ou de quelque escroquerie , et trouvant que l'on n'en avait pas reçu, j'y laissai mon adresse et les détails, sans y joindre cependant le nom des personnes, en

* Pièces justificatives pour M, le cardinal de Rohan, accusé.

sorte que si Ton s'était tout de suite adressé au buleau le comte aurait pu être arrêté , ayant demeuré à Loqdres encore longtemps après of&ant des diamants à vendi^e.

Le comte de Valois disait que les diamants qu'il possédait étaient la propriété de sa femme, qui en avait pour une valeur considérable , et qui prove-^ naient d'une pièce d'estomac dont elle ne faisait point usage.

La seconde fois qu'il vint à Londres, il m'apporta un collier de diamants qu'il voulait vendre et que je lui renvoyai; l'immense valeur de ces diamants et la perte considérable qu'il essuyait en les vepdant en échange d'autres bijoux qu'il convertissait ensuite en argent m'avait pleinement convaincu qu'il ne pouvait les avoir acquis que criminellement. 16 décembre 1785.

Signé Nathaniej. Jefferyes, Joaillier^ Piccadilly. «

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